mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206419 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | JOUBIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2022, Mme B C, représentée par Me Joubin, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdite de circuler sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où la requérante ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, mettre à la charge de l'État la même somme au seul visa de l'article L. 761-1.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation au regard de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et des dispositions du 1° et 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en l'absence d'abus de droit et de menace à l'ordre public ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'un défaut de motivation au regard de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration et des dispositions des 5° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est privée de base légale ;
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français :
- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est fondée sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire illégales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est disproportionnée ;
Par des pièces et un mémoire en défense enregistrés les 4 et 7 novembre 2022, le préfet des Pyrénées-Orientales, représenté par Me Joubes, conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Joubin, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que la requérante est née en Italie, qu'elle a vécu jusqu'à ses cinq ans en Croatie, qu'elle a vécu en France et en Belgique, que l'obligation de quitter le territoire français doit être annulée, que le préfet indique qu'il n'a pas retenu l'abus de droit, ce dont le tribunal doit prendre acte, que la requérante a été condamnée à deux reprises en 2021 et en 2022, que les mentions des interpellations sans aucune condamnation civile ou pénale ne peuvent caractériser une menace à l'ordre public, que le préfet n'indique pas en quoi la menace serait réelle, actuelle et suffisamment grave, que s'agissant du refus de délai de départ volontaire, la requérante a indiqué qu'elle exécutera la mesure eu égard aux attaches dont elle dispose en Espagne, que s'agissant du pays de renvoi, elle n'a jamais vécu en Croatie, que l'interdiction de circulation est dépourvue de base légale, que la durée retenue est excessive, compte tenu des attaches qu'elle a en France,
- les observations de Mme C, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- les observations de Me Bellamy substituant Me Joubes, représentant le préfet des Pyrénées-Orientales, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que la requérante ne justifie d'aucune de ses allégations, qu'elle a déclaré seulement la présence de sa grand-mère en France, qu'elle ne justifie d'aucun moyen de subsistance, que la requérante, âgée de 19 ans, a été condamnée à deux reprises, que la première condamnation a été suivie d'une obligation de quitter le territoire français non exécutée, que la seconde condamnation date de moins de trois mois, que l'arrêté est basé sur l'alinéa 2 de l'article L 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car le trouble à l'ordre public est caractérisé, que les condamnations dont elle a fait l'objet sont des condamnations pour vol, qu'en plus de ces condamnations, elle a été signalisée à quatorze reprises sur le FAED, qu'elle figure aussi sur le fichier des personnes recherchées, que l'atteinte aux intérêts fondamentaux de la France est caractérisée, que la requérante revendique un délai mais ne justifie d'aucun titre lui permettant de se rendre en Espagne, que la préfecture est en attente d'une réponse des autorités croates pour exécuter son éloignement.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante croate, née le 7 mars 2003 à Florence (Italie), demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 2 novembre 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, l'arrêté en cause vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier celles du 1° et du 2° de l'article L. 251-1 et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il indique que Mme C, qui ne justifie d'aucune adresse fixe et stable en France, ni ne peut établir travailler régulièrement, ne remplit aucune des conditions fixées par l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir reconnaître un droit au séjour en tant que ressortissante de l'Union européenne et que le renouvellement des séjours de moins de trois mois dans le but de se maintenir sur le territoire constitue un abus de droit. Enfin, l'arrêté précise que Mme C a fait l'objet de deux jugements prononçant des peines d'emprisonnement délictuel avec maintien en détention, qu'elle est très défavorablement connue des services de police ayant été interpellée à de nombreuses reprises entre 2019 et 2022, notamment pour des faits de vol, recel de biens provenant d'un vol et vol en réunion, et qu'au vu des faits reprochés et de l'entier dossier de l'intéressée, il y a lieu de considérer que son comportement personnel constitue une menace à l'ordre public pour l'application du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la décision attaquée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / 3° Leur séjour est constitutif d'un abus de droit. / Constitue un abus de droit le fait de renouveler des séjours de moins de trois mois dans le but de se maintenir sur le territoire alors que les conditions requises pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois ne sont pas remplies, ainsi que le séjour en France dans le but essentiel de bénéficier du système d'assistance sociale. / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine. ".
5. Il appartient à l'autorité administrative d'un Etat membre qui envisage de prendre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un ressortissant d'un autre Etat membre de ne pas se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, mais d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française. L'ensemble de ces conditions doivent être appréciées en fonction de la situation individuelle de la personne, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
6. Il ressort des énonciations de l'arrêté attaqué que le préfet des Pyrénées-Orientales s'est fondé, pour édicter une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de Mme C, sur les dispositions du 2° et du 3° de l'article L. 251-1 précité, en retenant que son comportement constituait une menace pour l'ordre public et que son séjour était constitutif d'un abus de droit.
7. S'il est constant que Mme C est sans emploi et sans ressources propres, il ne ressort pas des pièces du dossier que son séjour en France depuis plus de trois mois serait motivé par le but essentiel de se maintenir sur le territoire ou de bénéficier du système d'assistance sociale. Par suite, le préfet des Pyrénées-Orientales a fait une inexacte application des dispositions précitées du 3° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme C a été condamnée à deux reprises pour une peine d'emprisonnement de 3 mois et de 5 mois pour des faits de vol avec ruse en 2021 et en 2022. Elle est également connue des services de police en raison de quatorze interpellations dont elle fait l'objet depuis 2019 pour des faits de vol, vol aggravé, vol par effraction, recel de biens provenant d'un vol, refus pour un conducteur de véhicule d'obtempérer à une sommation de s'arrêter et mise en danger d'autrui. Si elle fait valoir qu'elle a une tante en Espagne et sa grand-mère à Marseille, elle ne l'établit pas. L'intéressée, célibataire et sans charge de famille, ne démontre aucune insertion sur le territoire français. Dans ces conditions, eu égard d'une part à la menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société que représente le comportement personnel de Mme C et, d'autre part, à sa situation personnelle et familiale, le préfet des Pyrénées-Orientales, n'a pas commis d'erreur d'appréciation en l'obligeant à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article 27 de la directive du 19 avril 2004 : " 1. Sous réserve des dispositions du présent chapitre, les États membres peuvent restreindre la liberté de circulation et de séjour d'un citoyen de l'Union ou d'un membre de sa famille, quelle que soit sa nationalité, pour des raisons d'ordre public, de sécurité publique ou de santé publique. Ces raisons ne peuvent être invoquées à des fins économiques ". Aux termes de l'article 30 de cette directive : " 1. Toute décision prise en application de l'article 27, paragraphe 1, est notifiée par écrit à l'intéressé dans des conditions lui permettant d'en saisir le contenu et les effets. / () / La notification comporte l'indication de la juridiction ou de l'autorité administrative devant laquelle l'intéressé peut introduire un recours ainsi que du délai de recours et, le cas échéant, l'indication du délai imparti pour quitter le territoire de l'État membre. Sauf en cas d'urgence dûment justifié, ce délai ne peut être inférieur à un mois à compter de la date de notification. " et en vertu des dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. ".
9. La décision attaquée, par laquelle le préfet a refusé d'accorder un délai de départ volontaire à Mme C, ne vise pas les dispositions précitées de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni ne comporte les motifs pour lesquels le préfet a considéré qu'une urgence justifiait de réduire le délai de trente jours prévu par lesdites dispositions pour satisfaire à l'obligation de quitter le territoire français. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que le préfet des Pyrénées-Orientales n'a pas satisfait à l'obligation de motivation de la décision portant refus de délai de départ volontaire et à en demander, pour ce motif, l'annulation.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant fixation du pays de renvoi est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
11. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 721-4 de ce code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; () / ".
12. La requérante, qui a déclaré être de nationalité croate, ne fait état d'aucune circonstance qui ferait obstacle à ce qu'elle soit éloignée à destination de la Croatie, alors même qu'elle n'aurait plus de contact avec ses parents, qui résident dans ce pays. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation de la situation de Mme C et le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français :
13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ".
14. D'une part, il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français serait privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. D'autre part, l'annulation, par le présent jugement, de la décision portant refus de délai de départ volontaire est sans incidence sur la légalité de l'interdiction de circulation sur le territoire français, qui n'a pas pour base légale cette décision ni n'a été prise pour son application.
15. En second lieu, le préfet des Pyrénées-Orientales, pour interdire la requérante de circuler sur le territoire français, s'est fondé sur le fait qu'elle était très défavorablement connue des services de police au regard des nombreux signalements dont elle a fait l'objet ainsi que des deux peines d'emprisonnement auxquelles elle a été condamnée. Il s'est également fondé sur l'inexécution d'une première mesure d'éloignement prononcée le 18 mai 2021 par le préfet des Bouches-du-Rhône. Au regard des motifs de l'interdiction de circulation, qui ne sont pas sérieusement contestés par la requérante, le préfet a pu sans commettre d'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile fixer à trois ans l'interdiction de circulation. Pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas fondée à soutenir que cette décision serait disproportionnée.
16. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme C est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 2 novembre 2022 seulement en tant qu'il porte refus de délai de départ volontaire.
Sur les frais liés au litige :
17. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux demandes présentées par la requérante et par l'administration au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 2 novembre 2022 est annulé en tant qu'il porte refus de délai de départ volontaire.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : En application des dispositions de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est rappelé à Mme C qu'elle est obligée de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera éventuellement fixé par l'autorité administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Joubin et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Lu en audience publique le 8 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
F. A La greffière,
A. BACH
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026