mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206601 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GUEYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 novembre 2022, M. D B représenté par Me Gueye, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 14 novembre 2022 portant transfert aux autorités autrichiennes ainsi que l'arrêté du même jour portant assignation à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de l'autoriser à déposer sa demande d'asile en France et de lui délivrer un récépissé de demande d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, et de le prendre en charge en attendant que sa demande d'asile soit traitée par la France ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant que :
En ce qui concerne l'arrêté de transfert aux autorités autrichiennes :
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il est entaché d'une irrégularité de procédure dès lors que l'on ne connaît pas l'agent qui a mené l'entretien et que la preuve du compte-rendu de l'entretien n'est pas rapportée ;
- l'Autriche n'est pas l'Etat-membre compétent pour statuer sur sa demande, car il n'a pas fait de demande d'asile en Autriche ;
- le préfet n'apporte pas la preuve de l'accord des autorités autrichiennes ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle en raison de sa vulnérabilité ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 en l'absence de prise en compte de sa maladie, de son état psychologique et de son extrême vulnérabilité ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte-tenu du risque d'expulsion par ricochet ;
- l'article 13 du règlement (UE) n° 604/2013 ne peut s'appliquer dans son cas, le préfet de la Haute-Garonne est compétent pour étudier sa demande d'asile ;
- il méconnaît l'article 3 du règlement (UE) n°604/2013 et les stipulations de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il entraine des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
- l'arrêté porte atteinte à sa liberté d'aller et venir et sa liberté individuelle ;
- le préfet n'a pas pris en compte sa situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 novembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Gueye, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens,
- les observations de M. B, assisté de M. A, interprète en langue pachto, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Monsieur D B, ressortissant afghan, né le 1er avril 1997 à Nangarhar (Afghanistan), déclare être entré sur le territoire français le 1er août 2022 et s'est présenté à la préfecture de la Haute-Garonne le 16 août 2022 pour y formuler une demande d'asile. Par deux arrêtés du 14 novembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a décidé du transfert de M. B aux autorités autrichiennes et l'a assigné à résidence. Par sa présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler ces arrêtés.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté de transfert aux autorités autrichiennes :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet indique que M. B a déclaré être entré irrégulièrement sur le territoire français le 1er août 2022, qu'il s'est présenté à la préfecture de la Haute-Garonne le 16 août 2022 pour y formuler une demande d'asile et que, lors de l'enregistrement de son dossier complet, le relevé de ses empreintes décadactylaires a révélé qu'il avait introduit une demande similaire en Autriche le 23 juillet 2022. L'arrêté précise que les autorités autrichiennes ont été saisies le 15 septembre 2022 d'une demande de reprise en charge de l'intéressé en application de l'article 18.1 b du règlement (UE) n° 604/2013 et ont fait connaître leur accord le 21 septembre 2022 sur la base du même fondement. Le préfet indique également que l'ensemble des considérations de fait et de droit caractérisant la situation de M. B ne relève pas des dérogations prévues par les articles 3.2 et 17 de ce règlement. Le préfet relève ensuite que, dès lors que le requérant ne peut se prévaloir d'une vie privée et familiale en France, l'arrêté contesté ne porte pas une atteinte disproportionnée au respect du droit à la vie privée et familiale du requérant au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué comporte l'ensemble des considérations de fait et de droit sur lesquelles il se fonde. Par suite, il est suffisamment motivé.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation du requérant. Par suite, ce moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Entretien individuel : 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'Etat membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / 2. () / 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".
6. En l'espèce il ressort des pièces du dossier que M. B a bénéficié, le 16 août 2022, d'un entretien individuel assuré par un agent de la préfecture de la Haute-Garonne. Cet entretien a été conduit par un agent qualifié de la préfecture de la Haute-Garonne. Un résumé, dont le préfet verse une copie à l'instance, contenant notamment les informations fournies par le requérant a été rédigé à l'issue de l'entretien. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 5 manque en fait et doit être écarté.
7. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, intégré dans le chapitre II de ce règlement intitulé " Principes généraux et garanties " : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / 2. Lorsque aucun État membre responsable ne peut être désigné sur la base des critères énumérés dans le présent règlement, le premier État membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite est responsable de l'examen () ". Le chapitre III de ce règlement est intitulé " Critères de détermination de l'État responsable ". D'autre part, aux termes de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, intégré dans le chapitre V du règlement, intitulé " Obligations de l'État membre responsable " : " 1. L'État membre responsable en vertu du présent règlement est tenu de : () b) reprendre en charge, dans les conditions prévues aux articles 23, 24, 25 et 29, le demandeur dont la demande est en cours d'examen et qui a présenté une demande auprès d'un autre État membre ou qui se trouve, sans titre de séjour, sur le territoire d'un autre État membre ; () ; d) reprendre en charge, dans les conditions prévues aux articles 23, 24, 25 et 29, le ressortissant de pays tiers ou l'apatride dont la demande a été rejetée et qui a présenté une demande auprès d'un autre État membre ou qui se trouve, sans titre de séjour, sur le territoire d'un autre État membre. () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que les recherches effectuées par les services du préfet de la Haute-Garonne dans le fichier " Eurodac " à partir des relevés décadactylaires de M. B ont permis d'établir qu'il a présenté, le 23 juillet 2022, une demande d'asile auprès des autorités autrichiennes. Par suite, la première demande d'asile du requérant ayant été déposée en Autriche, et la détermination de l'Etat membre en principe responsable de l'examen de la demande de protection internationale s'effectuant une fois pour toutes lors de la première demande d'asile et au vu de la situation existant à cette date, il appartenait au préfet d'adresser une demande de reprise en charge aux autorités autrichiennes. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que l'administration a adressé, le 15 septembre 2022, une demande de reprise en charge aux autorités autrichiennes via le réseau de communication " DubliNet " sur le fondement de l'article 18 b) du règlement (UE) n° 604/2013. Le préfet établit que les autorités autrichiennes ont fait connaître leur accord à la prise en charge de l'intéressé le 21 septembre 2022. Dans ces conditions, M. B n'est fondé à soutenir ni que l'Autriche ne serait pas l'Etat membre responsable de sa demande d'asile en l'absence de demande d'asile de sa part dans ce pays, ni que le préfet n'apporte pas la preuve de l'accord des autorités autrichiennes.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 13 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Lorsqu'il est établi, sur la base de preuves ou d'indices tels qu'ils figurent dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, du présent règlement, notamment des données visées au règlement (UE) no 603/2013, que le demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou aérienne, la frontière d'un État membre dans lequel il est entré en venant d'un État tiers, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. Cette responsabilité prend fin douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière. 2. Lorsqu'un État membre ne peut pas, ou ne peut plus, être tenu pour responsable conformément au paragraphe 1 du présent article et qu'il est établi, sur la base de preuves ou d'indices tels qu'ils figurent dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, que le demandeur qui est entré irrégulièrement sur le territoire des États membres ou dont les circonstances de l'entrée sur ce territoire ne peuvent être établies a séjourné dans un État membre pendant une période continue d'au moins cinq mois avant d'introduire sa demande de protection internationale, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. Si le demandeur a séjourné dans plusieurs États membres pendant des périodes d'au moins cinq mois, l'État membre du dernier séjour est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. "
10. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que, pour déterminer l'Autriche comme responsable de la demande d'asile de M. B et prononcer son transfert aux autorités autrichiennes, le préfet de la Haute-Garonne ne s'est pas fondé sur le franchissement irrégulier de la frontière autrichienne par l'intéressé mais sur la circonstance qu'il a sollicité l'asile auprès des autorités autrichiennes le 23 juillet 2022. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 13 du règlement précité doit être écarté comme inopérant.
11. En sixième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 mentionne : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / 2. Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. / () / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. "
12. D'autre part, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 susvisé du 26 juin 2013 : : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. () ". La faculté ainsi laissée à chaque Etat membre, par le 1° de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile. Cette possibilité doit en particulier être mise en œuvre lorsqu'il y a des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé courra, dans le pays de destination, un risque réel d'être soumis à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. Par ailleurs, eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet Etat membre l'intéressé serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet Etat de ses obligations.
14. Si M. B soutient que son transfert est irrégulier car l'Autriche connaît des défaillances systémiques concernant l'accueil des demandeurs d'asile, il n'établit pas l'existence de ces défaillances alors que l'Autriche est un Etat membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Si le requérant soutient également que le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de l'arrêté de transfert aux autorités autrichiennes, ce moyen ne peut être utilement invoqué à son encontre dès lors qu'il n'a pas vocation à fixer le pays d'origine, l'Afghanistan, comme pays de transfert. Enfin, l'intéressé, s'il fait valoir que sa vie serait risquée en Autriche, ne produit aucun élément de nature à justifier ses craintes, qu'il n'a du reste pas évoquées lors de son entretien individuel. Par ailleurs, si M. B soutient qu'il est dans une situation d'extrême vulnérabilité compte-tenu de son état de santé fragile et de son état psychologique, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations, de sorte qu'il ne démontre pas que son état de santé serait incompatible avec son transfert vers l'Autriche ni, en tout état de cause, qu'il ne pourrait pas bénéficier dans ce pays, compte tenu des structures sanitaires existantes, d'une prise en charge adaptée à sa situation. Enfin, si le requérant se prévaut de la présence de membres de sa famille en France, dont sa sœur qui serait demandeuse d'asile, il ne produit aucun élément à l'instance pour en justifier. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne n'a ni méconnu les stipulations et dispositions précitées, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne se saisissant pas de la faculté d'instruire la demande d'asile en France que lui offrait l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Pour les mêmes motifs, il n'a pas davantage commis d'erreur manifeste de la situation du requérant ou des conséquences de l'arrêté contesté sur sa situation.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
15. En premier lieu, l'autorité administrative n'a pas porté une atteinte excessive à la liberté d'aller et venir du requérant, en lui interdisant de se déplacer sans autorisation en dehors du département de Tarn-et-Garonne et en l'obligeant à se présenter chaque lundi et mardi à 10 heures aux services de commissariat central de police de Montauban. L'intéressé n'a d'ailleurs fait état d'aucune circonstance particulière de nature à l'empêcher de respecter les obligations ainsi prescrites par l'arrêté. Ainsi, la mesure en litige n'est pas disproportionnée. Par suite, le moyen invoqué à cet égard doit être écarté.
16. En second lieu, si le requérant doit être regardé comme soutenant que sa vulnérabilité n'a pas été prise en compte, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation du requérant. En tout état de cause, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents qu'il ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations. Dès lors, le moyen invoqué à cet égard ne peut qu'être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du préfet de la Haute-Garonne du 14 novembre 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction, sous astreinte, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme réclamée par l'intéressé au titre des frais exposés non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Gueye et au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022,
Le magistrat désigné,
B. C Le greffier,
A. BACH
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026