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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2206605

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2206605

mardi 14 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2206605
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantDIALEKTIK AVOCATS AARPI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 16 novembre 2022 et 2 mai 2023, Mme C D épouse A, représentée par Me Soulas, avocat, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer le titre de séjour sollicité sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil d'une somme de 2 000 euros hors taxe en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

- il est entaché d'un défaut d'incompétence de son signataire ;

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le préfet a estimé qu'elle ne justifiait pas d'une entrée régulière en France ; l'absence de déclaration d'entrée en France ne peut lui être opposée, les dispositions des articles R. 621-2 et R. 621-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile étant entrées en vigueur postérieurement à son arrivée en France ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est entachée d'un défaut de motivation en fait ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

Par une décision du 26 avril 2023, Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention d'application de l'accord de Schengen du 19 juin 1990 ;

- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987, modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Molina-Andréo, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D, ressortissante marocaine née le 23 février 1964, déclare être entrée en France via l'Espagne le 12 juillet 2017. Après son mariage avec un ressortissant français le 5 février 2022 à Toulouse, elle a sollicité le 14 septembre 2022 la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjointe de français. Par arrêté du 13 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne lui a opposé un refus de séjour, assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et de la fixation du pays de renvoi. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Mme D ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 avril 2023, il n'y a pas lieu de statuer sur ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux trois décisions :

3. Mme E B, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Haute-Garonne, et signataire de l'arrêté contesté, bénéficie d'une délégation du préfet de la Haute-Garonne, par un arrêté du 6 avril 2022 publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, n° 31-2022-137, pour signer notamment les décisions défavorables au séjour à quelque titre que ce soit, les décisions d'éloignement ainsi que les décisions les assortissant. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de cet acte doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant refus de séjour :

4. En premier lieu, la décision du 13 octobre 2022 fait état des circonstances de fait à raison desquelles le préfet de la Haute-Garonne a estimé ne pas devoir faire droit à la demande de Mme D de délivrance d'un titre de séjour. Elle considère, d'une part, que l'intéressée, qui a déclaré être entrée en France le 12 juillet 2017 via l'Espagne, n'a pas justifié d'une entrée régulière en France faute d'avoir effectué la déclaration obligatoire pour tout étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne et en provenance directe d'un Etat partie à la convention de Schengen. Elle indique, d'autre part, que si Mme D a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjointe de français à la suite de son mariage à Toulouse avec un ressortissant français, elle ne détient pas le visa de long séjour requis pour bénéficier de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que rien ne fait obstacle à ce qu'elle sollicite au Maroc le visa de long séjour requis. La décision ajoute qu'alors qu'aucun enfant n'est né de l'union de la requérante avec son époux français, ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables, compte tenu notamment du fait que l'intéressée a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 53 ans et qu'elle n'établit pas être dépourvue d'attaches personnelles et familiales importantes au Maroc. Dans ces conditions, la décision de refus de séjour en litige est suffisamment motivée en fait au regard des exigences des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Il ressort des termes mêmes de cette motivation, que le préfet de la Haute-Garonne a procédé à un examen sérieux de la situation de Mme D.

5. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen, dans sa version issue du règlement (UE) n° 610/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Les étrangers entrés régulièrement sur le territoire d'une des Parties Contractantes peuvent être tenus de se déclarer, dans les conditions fixées par chaque Partie Contractante, aux autorités compétentes de la Partie Contractante sur le territoire de laquelle ils pénètrent. () ". Aux termes de l'article L. 621-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger en provenance directe du territoire d'un État partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les dispositions de l'article L. 621-2 lorsqu'il est entré ou a séjourné sur le territoire français sans se conformer aux stipulations des paragraphes 1 et 2 de l'article 19, du paragraphe 1 de l'article 20, et des paragraphes 1 et 2 de l'article 21, de cette convention, relatifs aux conditions de circulation des étrangers sur les territoires des parties contractantes, ou sans souscrire, au moment de l'entrée sur ce territoire, la déclaration obligatoire prévue par l'article 22 de la même convention, alors qu'il était astreint à cette formalité. ". Aux termes de l'article R. 621-2 du même code : " Sous réserve des dispositions de l'article R. 621-4, l'étranger souscrit la déclaration d'entrée sur le territoire français mentionnée à l'article L. 621-3 auprès des services de la police nationale ou, en l'absence de tels services, des services des douanes ou des unités de la gendarmerie nationale. A cette occasion, il lui est remis un récépissé qui peut être délivré par apposition d'une mention sur le document de voyage () ".

6. Si Mme D se prévaut de la détention d'un visa de court séjour valable du 4 juillet au 17 août 2017 délivré par les autorités consulaires d'Espagne au Maroc, aucun des éléments produits ne permet de justifier de l'entrée effective de l'intéressée en France à la date alléguée du 12 juillet 2017, son passeport portant seulement le tampon attestant de son entrée en Espagne à cette date. En l'absence de certitude quant à la date d'entrée en France de Mme D sur le territoire national, celle-ci ne peut en conséquence utilement soutenir que les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, entrées en vigueur le 1er mai 2021, ne lui seraient pas opposables. En tout état de cause, en admettant que Mme D soit entrée en France avant le 1er mai 2021, les dispositions en cause étaient auparavant codifiées à l'article R. 211-33 du même code. Or, il est constant que la requérante n'a pas effectué la déclaration d'entrée, requise quelle que soit la date d'entrée en France prise en compte, qui constitue une condition de régularité de l'entrée de l'étranger soumis à l'obligation de visa et en provenance directe d'un Etat partie à la convention d'application de l'accord de Schengen qui l'a admise à entrer ou à séjourner sur son territoire. Par suite le moyen tiré de ce que ce serait à tort que le préfet de la Haute-Garonne a estimé que la requérante était irrégulièrement entrée sur le territoire français doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L 'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme D n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne résulte pas des termes de la décision attaquée que le préfet de la Haute-Garonne aurait spontanément examiné la possibilité de l'admettre au séjour sur ce fondement. Par suite, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces stipulations.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. Si Mme D se prévaut de son mariage avec un ressortissant français, il ressort des pièces du dossier que le mariage, intervenu le 5 février 2022, présentait à la date de la décision contestée un caractère très récent et qu'il n'est justifié d'aucune vie de couple antérieurement à cette union. Si la requérante se prévaut également de l'ancienneté de son séjour en France, d'une part, ainsi qu'il a été dit plus haut, il n'est pas établi qu'elle serait entrée en France à la date alléguée du 12 juillet 2017, d'autre part, l'intéressée est entrée et s'est maintenue irrégulièrement en France et n'a entrepris des démarches en vue de la régularisation de sa situation que le 14 septembre 2022. La requérante, âgée de 58 ans à la date de la décision attaquée, a vécu la majeure partie de son existence dans son pays d'origine, où elle n'établit ni même n'allègue y être dépourvue d'attaches familiales, ni pouvoir y retourner le temps de solliciter un visa de long séjour. Par ailleurs, elle n'apporte aucun élément de nature à établir l'intensité des liens amicaux dont elle allègue disposer en France, ni ne se prévaut de la moindre insertion professionnelle. Dans ces conditions, la décision attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de Mme D doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède, qu'aucun des moyens dirigés à l'encontre de la décision portant refus de séjour n'étant fondé, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".

13. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que la décision portant refus de séjour est suffisamment motivée en fait. Dès lors, la décision litigieuse, prise en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation en fait distincte. Dans ces conditions, le moyen tiré de son insuffisante motivation en fait doit être écarté.

14. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 10, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation personnelle de Mme D doivent être écartés.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de renvoi :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède, qu'aucun des moyens dirigés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant fondé, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi doit être écarté.

16. En second lieu, la décision fixant le pays de renvoi mentionne que Mme D est une ressortissante marocaine et qu'elle n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, au vu notamment de l'absence de demande de protection internationale. Ainsi, la décision fixant le pays de renvoi est suffisamment motivée en fait. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation en fait doit être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral attaqué du 13 octobre 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont Mme D demande le versement au profit de son conseil sur le fondement de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme D tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D épouse A, à Me Soulas et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 24 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Molina-Andréo, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.

La présidente-rapporteure,

B. MOLINA-ANDRÉO

L'assesseure la plus ancienne,

N. SODDU

La greffière,

S. BALTIMORE

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

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