mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206773 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en remplacement, enregistrés le 23 novembre 2022, puis un mémoire complémentaire enregistré le 13 décembre 2022, M. C H et A D H, A K B et M. I B, M. L G et A E J, représentés par Me Dunyach, demandent au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 25 avril 2022 du maire de la commune d'Auzielle portant non-opposition à la déclaration préalable n° DP 031 036 22 00 13 autorisant la société Free mobile à installer des antennes sur un pylône implanté sur la parcelle cadastrée n° ZA11 au lieu-dit " Al Casel " ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune d'Auzielle et de la société Free mobile la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-leur requête au fond est recevable rationae temporis, ils ont accompli les formalités prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et ils justifient d'un intérêt à agir dès lors que l'antenne relais en litige sera visible depuis leurs habitations et qu'il en résultera un préjudice esthétique et une dépréciation de leurs biens, auquel s'ajouteront des troubles de jouissance dans la mesure où le projet génèrera des ondes électromagnétiques ;
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
-l'urgence est présumée satisfaite dès lors que leur requête a été introduite avant l'expiration du délai posé par les articles L. 600-3 et R. 600-5 du code de l'urbanisme, le premier mémoire en défense, dans la procédure tendant à l'annulation de la décision en litige ayant été produit le 28 septembre 2022 ;
s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
-l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure les ayant privés d'une garantie dès lors que le dossier d'information, mentionné à l'article L. 34-9-1 du code des postes et des communications électriques, n'a pas été mis à disposition du public ;
-il est entaché d'un vice de procédure au regard de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'est pas établi que les services du département de la Haute-Garonne aient été consultés, la commune d'Auzielle n'ayant pas la compétence de la gestion de la voie publique ;
-le maire aurait dû s'opposer à la déclaration préalable sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que l'accès à la parcelle en cause est de nature à créer un risque pour la sécurité des usagers ;
-l'arrêté contesté méconnaît l'article 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune applicable en zone agricole dès lors qu'il n'apparaît pas que le projet en litige serait nécessaire à l'exécution des obligations de service public de téléphonie, le territoire de la commune ne s'inscrivant pas dans une " zone blanche " ;
-il méconnaît les articles A6 et A10 du plan local d'urbanisme dès lors que l'emprise au sol du projet ne respecte pas le recul nécessaire par rapport à la voierie et qu'il dépasse la hauteur maximale autorisée ;
-il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que le projet d'antenne sur pylône porte une atteinte significative aux caractéristiques des lieux avoisinant le site d'implantation ;
- il méconnaît l'article D. 98-6-1 du code des postes et communications électroniques et l'article 30 de la loi du 15 novembre 2021 visant à réduire l'empreinte environnementale du numérique en France en ce que le pétitionnaire ne justifie pas de l'infaisabilité technique du partage de sites ou de pylônes, une antenne relais implantée pour le compte d'un opérateur téléphonique concurrent se situant à quelques centaines de mètres ;
-il méconnaît le champs d'application du permis de construire au regard de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme dès lors que l'emprise au sol du projet en cause est de 25,20 m2 relevant du régime du permis de construire et non de la déclaration préalable.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2022, la société Free mobile, représentée par Me Martin, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge solidaire des requérants la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée à la commune d'Auzielle qui n'a pas produit d'écritures en défense.
Vu :
-les autres pièces du dossier ;
-la requête n° 2203561 enregistrée le 23 juin 2022 tendant à l'annulation de la décision contestée.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. F pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 décembre 2022, en présence de A Tur, greffière d'audience :
-le rapport de M. F,
-les observations de Me Abadie De Maupeou, représentant les requérants, qui a repris ses écritures en insistant particulièrement sur la présomption d'urgence ainsi que sur le fait que le terrain d'assiette du projet ne comportant à ce jour aucun accès à la voie publique, en l'occurrence la RD 94, la commune aurait dû consulter le gestionnaire de cette voie en vertu de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme,
-et les observations de Me Martin, représentant la société Free Mobile, qui a repris ses écritures et réfuté les moyens et arguments des requérants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré présentée pour la société Free mobile a été enregistrée le 15 décembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. La société Free mobile a déposé le 28 mars 2022 auprès des services de la commune d'Auzielle une déclaration préalable de travaux portant sur l'installation d'un pylône en treillis métallique d'une hauteur de 42 mètres servant de support à des antennes de téléphonie mobile et d'installations techniques de petite taille en pied, sur un terrain cadastré section ZA n° 11 lieudit " Al Cazel ". Par un arrêté du 25 avril 2022 le maire d'Auzielle s'est opposé à l'exécution des travaux ainsi déclarés. Par la présente requête, M. et A H, A et M. B, M. G et A J demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté du 25 avril 2022.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
Sur la condition tenant à l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. La société Free Mobile, titulaire d'autorisations d'exploitation de réseaux de télécommunications mobiles sur le territoire national délivrées par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes (ARCEP) expose sans être sérieusement contredite, par la production d'une carte de couverture des réseaux 3G, 4G et 5G qu'elle exploite, que le territoire de la commune d'Auzielle n'est pas entièrement couvert par ces réseaux. Eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile, tant 3G que 4G, et alors même que les requérants se prévalent de la présomption d'urgence tirée des dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, laquelle n'est aucunement irréfragable, il apparaît en l'espèce une urgence à ne pas suspendre l'exécution de la décision contestée.
Sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
5. Aucun des moyens visés ci-dessus n'est de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions des requérants tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 25 avril 2022 du maire d'Auzielle.
Sur les frais liés au litige :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Auzielle et de la société Free mobile, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme demandée par les requérants, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge solidaire de M. et A H, A et M. B, M. G et A J, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Free mobile et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et A H, A et M. B, M. G et A J, est rejetée.
Article 2 : M. et A H, A et M. B, M. G et A J verseront solidairement à la société Free mobile une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C H et A D H, à A K B et M. I B, à M. L G, à A E J, à la commune d'Auzielle et à la société Free mobile.
Fait à Toulouse, le 20 décembre 2022.
Le juge des référés,
B. F
La greffière,
P. TUR
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026