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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2206790

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2206790

jeudi 11 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2206790
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSADEK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés respectivement les 23 novembre 2022 et 29 août 2023, Mme F E, représentée par Me Sadek, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour d'une durée d'un an portant la mention vie privée et familiale, sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, dont distraction à Me Sadek.

Elle soutient que :

Sur l'arrêté dans son ensemble :

- il a été pris par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il n'a pas été précédé d'un examen suffisant de sa situation personnelle ;

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- le préfet s'est estimé à tort lié par l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure au regard des conditions dans lesquelles a été rendu l'avis des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui ne lui a par ailleurs pas été communiqué, de même que le rapport au vu duquel il a été rendu ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet n'a pas examiné sa situation au regard de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur son état de santé ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 423-23 et L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, dès lors qu'elle est protégée ;

- cette décision méconnait les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 avril 2023.

Par une ordonnance du 19 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Cherrier a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E, ressortissante tchadienne née le 26 juin 1957, est entrée en France le 13 février 2020, munie d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour portant la mention " ascendant non à charge ", valable du 24 janvier 2020 au 23 janvier 2024. Le 11 mars 2022, elle a sollicité son admission au séjour pour motif humanitaire, en raison de son état de santé. Par un arrêté du 21 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme E demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

2. En premier lieu, par un arrêté du 10 mai 2021 publié le même jour au recueil administratif spécial n° 31-2021-132, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer les décisions relatives à la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté litigieux, ni d'aucune pièce du dossier, que le préfet de la Haute-Garonne ne se serait pas livré à un examen réel et sérieux de la situation de Mme E. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

5. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".

6. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". L'article R. 425-12 de ce même code dispose : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre () / () Le collège de médecins peut entendre et, le cas échéant, examiner le demandeur et faire procéder aux examens estimés nécessaires () ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical, conformément au modèle figurant à l'annexe B du présent arrêté ". Enfin, aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".

7. Aucun texte législatif ou réglementaire ni aucun principe général du droit n'impose au préfet de communiquer à l'étranger l'avis du collège de médecins de l'OFII préalablement à la décision de refus de séjour ni n'exige la communication des informations, bases de données et sources sur lesquelles s'est fondé le collège pour rendre son avis. S'agissant du rapport médical, couvert par le secret médical, seul l'étranger concerné peut demander qu'il lui soit transmis, le préfet ne disposant quant à lui d'aucun droit à en obtenir la communication. Enfin, la base de données de la bibliothèque d'information santé sur les pays d'origine (BISPO), qui recense, conformément à l'annexe II de l'arrêté du 5 janvier 2017, les sites internet comportant des informations sur l'accès aux soins dans les pays d'origine et sur les principales pathologies, est accessible à tous et doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une diffusion publique.

8. Il ressort des pièces du dossier que l'avis du collège de médecins de l'OFII du 1er août 2022 a été précédé, conformément aux dispositions précitées, d'un rapport établi le 16 juin 2022 par un autre médecin de cet office n'ayant pas siégé au sein du collège, conformément aux exigences de l'article R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cet avis comporte par ailleurs la signature des trois médecins composant le collège, dont l'identité est précisée et qui ont été désignés pour siéger dans cette instance par une décision du 1er août 2022. Les dispositions précitées n'imposent en outre pas de mentionner, dans cet avis, la spécialité éventuelle du médecin-rapporteur ni celle des médecins composant le collège, lequel n'est par ailleurs pas tenu de procéder à l'examen du demandeur avant de rendre son avis, la faculté de procéder à cet examen étant laissée à son appréciation. Les médecins du collège ne sont pas davantage tenus de préciser si le traitement requis par l'état de santé de l'étranger sur lequel il se prononcent est disponible de manière continue sur la totalité du territoire de son pays d'origine et accessible à l'ensemble de la population, ni de se prononcer sur le coût des soins dans ce pays, ni encore de mentionner les sources d'information sanitaire auxquelles ils se sont référés pour apprécier la disponibilité des soins dans celui-ci. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis des médecins de l'OFII doit être écarté en chacune de ses branches.

9. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée et des pièces du dossier que le préfet se serait cru lié par l'avis du collège de médecins de l'OFII. Le moyen doit donc être écarté.

10. En troisième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

11. Il ressort des pièces du dossier que Mme E souffre d'une gonarthrose tricompartimentale, d'une hypertension artérielle ainsi que d'une séropositivité au VIH pour laquelle elle est suivie par le professeur B, au centre hospitalier universitaire de Purpan à Toulouse. Pour refuser à Mme E la délivrance d'un titre de séjour, le préfet de la Haute-Garonne s'est notamment fondé sur l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en date du 1er août 2022 qui indique que, si l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, y bénéficier effectivement du traitement approprié à son état. Pour contester cette appréciation, Mme E produit divers documents médicaux indiquant qu'elle a bénéficié, en février et en juillet 2021, d'interventions chirurgicales sur son genou gauche puis droit, consistant en la mise en place de prothèses totales. Toutefois, les comptes rendus de ces deux opérations établis par le docteur A le 25 février 2021 et le 8 juillet 2021 mentionnent que les suites post-opératoires ont été simples et aucune pièce versée au dossier ne vient établir la survenance d'éventuelles complications liées à la gonarthrose de la requérante. Mme E produit également des certificats médicaux établis par le docteur B le 10 août 2021 et le 22 mars 2022 indiquant que son état de santé nécessite un suivi médical spécialisé en France ainsi qu'un traitement composé d'emtricitabine, de ténofovir et de névirapine. Ces certificats, s'ils exposent les soins nécessités par l'état de santé de Mme E, ne permettent cependant pas d'infirmer l'analyse du collège de médecins de l'OFII sur la possibilité de bénéficier effectivement de tels soins au Tchad. Enfin, si la requérante se prévaut d'articles de journaux faisant état de dysfonctionnements importants dans le système de santé tchadien, ces documents d'ordre général ne remettent pas sérieusement en cause l'appréciation portée par le collège des médecins de l'OFII et par le préfet de la Haute-Garonne sur la disponibilité effective d'un traitement approprié à sa pathologie dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet au regard de son état de santé, doivent être écartés.

12. En quatrième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code.

13. En l'espèce, si Mme E soutient que le préfet aurait entaché son arrêté d'un défaut d'examen de sa situation personnelle faute d'avoir étudié la possibilité de lui délivrer un titre de séjour en sa qualité d'ascendante à charge d'une ressortissante française, il ressort des pièces des pièces du dossier qu'elle a uniquement sollicité son admission au séjour au motif de son état de santé. Dans ces conditions, le préfet n'était pas tenu d'examiner d'office si elle pouvait prétendre à un titre de séjour en qualité d'ascendante à charge d'une ressortissante française.

14. Il ressort également des pièces du dossier que Mme E n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et il ne résulte pas des termes de la décision attaquée que le préfet de la Haute-Garonne aurait spontanément examiné la possibilité de l'admettre au séjour sur ce fondement. Par suite, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions.

15. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".

16. Il ressort des pièces du dossier que Mme E a vécu au Tchad jusqu'à l'âge de soixante-deux ans et n'est arrivée en France que le 13 février 2020. Si elle fait valoir que plusieurs membres de sa famille y résident, notamment sa fille et les enfants de celle-ci, sa sœur ainsi que son frère, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle serait isolée dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de soixante-deux ans et où elle a nécessairement conservé des attaches personnelles. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme E n'est pas fondée à soutenir qu'elle entrerait dans une des catégories des étrangers protégés contre l'éloignement.

18. En deuxième lieu, ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, en vertu du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger " résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ". Pour les motifs exposés au point 11, Mme E n'établit pas qu'elle ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, en prononçant une obligation de quitter le territoire français, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 septembre 2022 doivent être rejetées. Les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent, par voie de conséquence, être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E, à Me Sadek et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Cherrier, présidente,

M. Rives, conseiller,

Mme Jorda, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2024.

L'assesseur le plus ancien

A. RIVES

La présidente-rapporteure,

S. CHERRIER La greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

N°2206790

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