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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2206797

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2206797

mardi 19 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2206797
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantDIALEKTIK AVOCATS AARPI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrés le 24 novembre 2022, le 1er mars 2023 et le 2 mars 2023, M. B A, représenté par Me Bachet, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2022 par lequel la préfète de l'Aveyron a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Aveyron de lui délivrer le certificat de résidence sollicité dans le délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation ;

4°) de mettre les dépens à la charge de l'Etat ainsi qu'une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou dans l'hypothèse où il ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle provisoire, de mettre cette somme à la charge de l'Etat sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est signé par une autorité incompétente ;

S'agissant de la décision de refus de séjour :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen attentif et sérieux ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière au regard de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle viole les stipulations du point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien et est entachée d'erreur d'appréciation au regard de ces stipulations ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen attentif et sérieux de sa situation ;

- elle est dépourvue de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle méconnait les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est dépourvue de base légale en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle viole les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2023, le préfet de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la décision de refus de séjour attaquée ne méconnait pas les stipulations de l'article 6 7. de l'accord franco-algérien ;

- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume de Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme Héry,

-et les observations de Me Bachet, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né en 1961, déclare être entré en France le 15 février 2019 sous couvert d'un visa de court séjour. Il a sollicité le 15 juin 2022 la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade. M. A demande l'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2022 par lequel la préfète de l'Aveyron a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. M. A ayant été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 avril 2023, ses conclusions tendant à être admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :

3. Par arrêté du 11 juin 2021, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Aveyron du 15 juin 2021, la préfète de l'Aveyron a donné délégation à Mme Isabelle Knowles, secrétaire générale de la préfecture, à l'effet de signer notamment tous actes, arrêtés, décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Aveyron, à l'exception des réquisitions du comptable public et des arrêtés de conflit. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

4. En premier lieu, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.

5. Pour refuser de délivrer à M. A un certificat de résidence en qualité d'étranger malade, la préfète de l'Aveyron s'est fondée sur les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ne sont pas applicables aux ressortissants algériens, ainsi que le relève en défense le préfet de l'Aveyron, qui fait valoir qu'il n'a pas méconnu les stipulations du point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien. En l'espèce, la décision attaquée trouve son fondement légal dans les stipulations du point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, aux termes desquelles : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit :/ () 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ". Ces stipulations peuvent être substituées aux dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que cette substitution de base légale n'a pas pour effet de priver M. A d'une garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer ces stipulations et dispositions.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :/ 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En application des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

7. La décision attaquée comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète de l'Aveyron s'est fondée pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. A. La préfète, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments de la situation du requérant, a ainsi suffisamment motivé sa décision.

8. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que la préfète de l'Aveyron n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. A, notamment en tout état de cause au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

9. En quatrième lieu, M. A soutient que la décision attaquée aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que l'avis émis par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) méconnaitrait les dispositions de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Alors que cet avis, produit par le préfet de l'Aveyron à l'appui de ses écritures en défense, a été communiqué à M. A, ce dernier n'a pas assorti ce moyen des précisions utiles permettant d'en apprécier le bien-fondé. Dès lors, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté.

10. En cinquième lieu, il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un ressortissant étranger qui en fait la demande au titre des stipulations de l'article 6 paragraphe 7 de l'accord franco-algérien, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans son pays d'origine. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut pas en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à l'ensemble de la population, eu égard notamment au coût du traitement ou à l'absence de mode de prise en charge adapté, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

11. L'arrêté attaqué a été pris après avis du 14 septembre 2022 du collège de médecins de l'OFII, lequel a estimé que l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que l'intéressé peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et que son état de santé lui permet de voyager sans risque.

12. M. A, qui a levé le secret médical, produit notamment le certificat médical établi le 9 juillet 2022 par un médecin du centre hospitalier de Montpellier à l'appui de sa demande de titre de séjour et mentionnant qu'il a présenté un adénocarcinome de la prostate, pour le traitement duquel il doit suivre un traitement à base de Vitaros et contrôler tous les six mois le taux de PSA, antigène prostatique spécifique. Il produit également un article de presse du 13 novembre 2022 relatant un entretien avec l'ancien chef de service de médecine interne d'un hôpital algérien et ancien président de la société algérienne de médecine interne et de médecine vasculaire, faisant notamment état de difficultés de prise en charge dans les hôpitaux publics des examens de laboratoires et d'imagerie médicale et plus généralement des difficultés de remboursement des soins. Toutefois, alors qu'il ressort des documents produits à l'appui de la requête qu'un traitement équivalent au Vitaros est disponible en Algérie, même si le mode d'administration n'est pas identique, les éléments ainsi produits ne suffisent pas à contester sérieusement l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII et pour établir que M. A ne pourra pas bénéficier effectivement d'un traitement et d'un suivi appropriés à son état de santé en Algérie. Dès lors, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. A en qualité d'étranger malade, la préfète de l'Aveyron n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 6 de l'accord franco-algérien, ni entaché sa décision d'erreur d'appréciation au regard de ces stipulations.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

14. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré régulièrement en France en février 2019, à l'âge de 58 ans. S'il se prévaut de la présence en France de son épouse et de son fils, il ressort des pièces du dossier que cette dernière est en situation irrégulière sur le territoire français, comme ayant fait l'objet le 15 octobre 2019 d'une décision du préfet de l'Aveyron portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Son fils fait également l'objet d'un arrêté du 21 octobre 2022 de la préfète de l'Aveyron refusant de lui délivrer un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Il n'établit pas l'intensité des liens avec sa nièce et son neveu, quand bien même il bénéficie, pour ce dernier, né en décembre 2017, d'un droit de visite médiatisé une fois par mois, décidé par le juge des enfants. M. A ne justifie pas non plus d'une quelconque insertion professionnelle. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, la préfète de l'Aveyron n'a pas, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. A, porté au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a pris la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

15. En septième et dernier lieu, pour l'ensemble des motifs qui précèdent, le moyen tiré de ce que la préfète de l'Aveyron aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation de M. A doit être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

17. En premier lieu, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour étant rejetées, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision attaquée en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour doit être écarté.

18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ".

19. Ainsi qu'il a été dit au point 7, la décision de refus de séjour est suffisamment motivée en droit et en fait. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'un défaut de motivation doit être écarté.

20. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni des pièces du dossier que la préfète de l'Aveyron n'aurait pas procédé à un examen réel et complet de la situation de M. A.

21. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français :/ () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".

22. Ainsi qu'il vient d'être dit au point 12 du présent jugement, M. A n'établit pas qu'il ne pourrait pas bénéficier en Algérie d'une prise en charge médicale et d'un traitement approprié à son état de santé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

23. En cinquième et dernier lieu, pour les motifs énoncés précédemment s'agissant de la décision de refus de séjour, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de M. A doivent être écartés.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision obligeant M. A à quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

25. En premier lieu, les conclusions à fin d'annulation des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français étant rejetées, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision attaquée en raison de l'illégalité de ces décisions doit être écarté.

26. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui vise l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne qu'en cas d'inexécution par M. A de l'obligation de quitter le territoire français, ce dernier sera reconduit à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout pays dans lequel il est légalement admissible, précise que M. A n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indique que cet éloignement ne contrevient pas aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cette décision est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.

27. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

28. Pour les motifs énoncés précédemment, M. A n'établit pas qu'il ne pourra pas accéder effectivement en Algérie aux soins requis par son état de santé. Ainsi, son retour dans son pays d'origine ne saurait être regardé comme l'exposant à un risque de subir des traitements inhumains ou dégradants. Dès lors, le moyen tiré de la violation des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

30. Les conclusions à fin d'annulation de M. A étant rejetées, ses conclusions susvisées aux fins d'injonction et d'astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les dépens :

31. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de M. A présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

32. Les conclusions de M. A tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Bachet et au préfet de l'Aveyron.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Héry, présidente,

Mme Sarraute, première conseillère,

Mme Douteaud, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.

La présidente-rapporteure,

F. HÉRY

L'assesseure la plus ancienne,

N. SARRAUTE

La greffière,

M-E. LATIF

La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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