lundi 5 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206850 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP JEAY-MARTIN DE LA MOUTTE-JAMES-FOUCHER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 novembre 2022, l'association syndicale libre le Clos de Lardenne, représentée par Me Jeay, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de condamner Toulouse Métropole à réaliser les travaux de création d'un nouveau branchement avec pose d'un second compteur de diamètre 30 mm et de supprimer le point d'eau incendie situé au droit du lot n° 11 après accord du SDIS, sous astreinte de
500 euros par jour de retard au-delà d'un délai de 6 mois suivant la date à laquelle l'ordonnance à intervenir sera devenue définitive ;
2°) de mettre à la charge de Toulouse Métropole une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les 17 parcelles du lotissement sont desservies par une voie de circulation unique, et lors de la création du lotissement, en 1994, une borne incendie a été installée à côté de cette voie, en bordure du lot n° 11 ;
- cette borne dessert aussi les alentours du lotissement ;
- chaque parcelle du lotissement est équipée d'un compteur individuel, mais la facturation de la consommation d'eau se fait par le relevé semestriel du compteur général situé au niveau de l'alimentation commune de l'ASL ;
- le coût de l'abonnement pour l'année 2020 a été fixé à 1 450 euros HT ; ce coût tient compte du diamètre du compteur général qui est de 80 mm ;
- ce diamètre est supérieur à ce qu'exige la seule desserte en eau des 17 colotis ;
- elle a demandé que soient redéfinies les conditions de desserte du lotissement, de façon que les colotis ne supportent pas le coût d'un ouvrage public inadapté ;
- Toulouse Métropole a répondu qu'un nouveau branchement pouvait être réalisé, laissant à la charge du lotissement un abonnement de 171,82 euros/an, mais estime que les frais de cette modification incombent à l'ASL ;
- or il s'agit d'un ouvrage public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Le lotissement Clos de Lardenne, situé 169 chemin de Ramelet Moundi à Tournefeuille a été réalisé en 1994. Il est géré par une association syndicale libre. Lors de la création du lotissement, pour répondre aux exigences de l'autorisation d'urbanisme, une borne d'incendie a été installée en bord de la voie, sur sa partie non ouverte à la circulation publique. Le lotissement et la bouche d'incendie sont desservis en eau par un branchement unique, doté d'un compteur d'eau unique. Le compteur d'eau a un diamètre de 80 mm, calculé pour permettre la desserte de la bouche d'incendie. L'ASL le Clos de Lardenne paye un abonnement annuel au titre du service des eaux d'un montant de 1 450 euros HT. Ayant appris que la seule desserte en eau de ses 17 lots exigeait un branchement de diamètre
30 mm, pour lequel l'abonnement annuel serait seulement de 171,82 euros, elle a demandé à Toulouse Métropole comment modifier sa desserte en eau, afin qu'elle ne supporte pas le coût d'un service excédant le besoin des colotis. Le 12 janvier 2022, Toulouse Métropole a répondu à l'ASL le Clos de Lardenne qu'elle pouvait demander au service départemental d'incendie et de secours, s'il était possible de supprimer la borne incendie, soit créer un second branchement lui permettant d'accéder à des abonnements d'un prix moindre. Dans ce courrier, Toulouse Métropole précisait que dans tous les cas, les frais des nouveaux branchements seraient à la charge de l'ASL le Clos de Lardenne.
2. Estimant que les travaux à engager avaient pour objet de remédier au caractère inadapté du branchement, qui serait, selon elle, un ouvrage public, l'ASL le Clos de Lardenne a saisi le juge des référés par une requête enregistrée le 9 mai 2022, demandant, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, que Toulouse Métropole soit condamnée à réaliser les travaux de création d'un nouveau branchement avec pose d'un second compteur de diamètre 30 mm et de supprimer le point d'eau incendie situé au droit du lot n° 11 après accord du SDIS.
3. Par ordonnance en date du 27 septembre 2022, le juge des référés a rejeté cette requête au double motif tiré d'une part de ce que la condition d'urgence, requise par l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'était pas remplie, et que l'action engagée, par l'association syndicale libre avait pour objet de faire obstacle au refus de Toulouse Métropole de prendre à sa charge le coût de la modification du branchement d'eau desservant le Clos de Lardenne.
4. Par la présente requête, l'association syndicale libre le Clos de Lardenne saisit, à nouveau, le tribunal sur le même fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et lui demande la même condamnation.
5. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
6. Même si l'association syndicale libre le Clos de Lardenne déclare, dans sa nouvelle requête, s'adresser au juge du fond, elle se réfère à l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qui relève du livre V dudit code, relatif au juge des référés. Par suite, et ainsi qu'il en a déjà été jugé par l'ordonnance du 27 septembre 2022, cette nouvelle action est manifestement mal fondée et la requête susvisée de l'association syndicale libre doit être rejetée. Il lui appartient, si elle s'y croit fondée, de saisir le juge du fond selon les dispositions du livre IV titre I et II, notamment les articles R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Toulouse Métropole, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, à verser à l'ASL le Clos de Lardenne.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'ASL le Clos de Lardenne est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'ASL le Clos de Lardenne.
Fait à Toulouse, le 5 décembre 2022.
La juge des référés,
A. Wolf
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation la greffière.
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01/06/2026
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01/06/2026