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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2206865

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2206865

mardi 24 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2206865
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCHMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 novembre 2022, Mme E G, représentée par Me Chmani, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans les trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer le titre de séjour portant le mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de constater qu'elle est bénéficiaire de l'aide juridictionnelle totale et de condamner l'Etat, au visa des dispositions combinées des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L.761-1 du code de justice administrative, au paiement de la somme de 2 000 euros au profit de son conseil, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat prévue en la matière.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors d'une part que le préfet ne justifie pas du caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité de son enfant, d'autre part que le préfet, en lui imposant de justifier que le père de son enfant contribuait à l'entretien et à l'éducation de celui-ci, a ajouté une condition qui ne figure pas à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, enfin, que la mesure attaquée est de nature à comporter des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de la présence de ses deux enfants sur le territoire national ;

- la décision attaquée, qui a pour effet de priver son enfant de la présence de sa mère ou de son père, a été prise en violation des articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle n'a pas été précédée d'une demande préalable d'observations ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est dépourvue de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- le préfet s'est placé à tort dans un cas de compétence liée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

La requête a été communiquée au préfet de la Haute-Garonne qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,

- le code civil,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. B.

Une note en délibéré présentée par le préfet de la Haute-Garonne a été enregistrée le 13 janvier 2023 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme G, née le 23 août 1990 à Douala (Cameroun), de nationalité camerounaise, déclare être entrée en France le 30 août 2020. Elle a sollicité son admission au bénéfice de l'asile le 31 août 2020. Le 18 février 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande. Cette décision n'a pas fait l'objet de recours dans le délai prévu à l'article L. 532-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme G a sollicité son admission au séjour en tant que parent d'enfant français le 16 juin 2021. Le 6 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a pris un arrêté portant refus d'admission au séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi. Par sa présente requête Mme G demande l'annulation de ces décisions.

Sur la compétence du magistrat désigné :

2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2 () ". Aux termes de l'article L. 614-5 de ce code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision / () / Lorsque l'étranger conteste une décision portant obligation de quitter le territoire fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 et une décision relative au séjour intervenue concomitamment, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin statue par une seule décision sur les deux contestations. ".

3. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'une décision relative au séjour est intervenue concomitamment et a fait l'objet d'une contestation à l'occasion d'un recours dirigé contre une obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement du 4° l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette contestation suit le régime contentieux applicable à l'obligation de quitter le territoire, alors même qu'elle a pu être prise également sur le fondement du 3° de cet article.

4. En l'espèce, il résulte des termes de l'arrêté contesté que le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé, pour édicter une mesure d'éloignement à l'encontre de Mme G, sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile après avoir relevé que la demande d'asile présentée par l'intéressée avait été rejetée, en dernier lieu, par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 18 février 2022 et, qu'ayant concomitamment refusé de délivrer à Mme G le titre de séjour sollicité, ledit préfet a également entendu fonder l'obligation de quitter le territoire français contestée sur le 3° de ce même article. Il s'ensuit que le magistrat désigné par la présidente du tribunal est compétent pour statuer sur l'ensemble des conclusions de Mme G.

Sur l'aide juridictionnelle :

5. Il n'appartient pas au juge administratif de constater que Mme G est bénéficiaire de l'aide juridictionnelle totale. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre par la requérante ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

6. L'arrêté attaqué vise les stipulations et dispositions applicables pertinentes, et notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les 3° et 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il retrace le parcours de l'intéressée et précise qu'elle s'est vue refuser définitivement son admission au titre de l'asile par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 18 février 2022. Le préfet indique que la requérante a déposé une demande de titre de séjour en tant que parent d'enfant français le 16 juin 2021 et précise les motifs justifiant le refus qu'il a opposé à cette demande. L'autorité préfectorale rappelle également la situation de l'intéressée et indique que les décisions prises ne portent pas une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et à sa vie familiale. Enfin, l'arrêté indique que Mme G n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, les décisions contestées, qui comportent les circonstances de droit et de fait qui les fondent, sont suffisamment motivées.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

7. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de l'intéressée.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Selon l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ".

9. Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au motif qu'il est parent d'un enfant français doit justifier, outre de sa contribution effective à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, de celle de l'autre parent, de nationalité française, lorsque la filiation à l'égard de celui-ci a été établie par reconnaissance en application de l'article 316 du code civil. Le premier alinéa de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que cette condition de contribution de l'autre parent doit être regardée comme remplie dès lors qu'est rapportée la preuve de sa contribution effective ou qu'est produite une décision de justice relative à celle-ci. Dans ce dernier cas, il appartient seulement au demandeur de produire la décision de justice intervenue, quelles que soient les mentions de celle-ci, peu important notamment qu'elles constatent l'impécuniosité ou la défaillance du parent français auteur de la reconnaissance. La circonstance que cette décision de justice ne serait pas exécutée est également sans incidence.

10. En l'espèce, Mme G a sollicité son admission au séjour en France, pour motif familiale, en qualité de parent d'enfant français en conséquence de la naissance de A F, née le 22 novembre 2020 à Toulouse, reconnue le 1er septembre 2020 à Toulouse par M. C F, de nationalité française. Cependant, il ne ressort pas des seules pièces versées à l'instance, consistant en trois factures d'achats de produits et vêtements pour bébé datées du 19 juillet 2021, du 11 octobre 2021 et du 5 avril 2022, pour un montant total d'environ 200 euros, que M. F contribuerait effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'une décision de justice serait intervenue pour fixer la contribution de M. F à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. Le préfet de la Haute-Garonne pouvait, pour ce seul motif, en application des dispositions précitées de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rejeter la demande de titre de séjour de la requérante. Enfin, si le préfet a également fondé sa décision sur la circonstance que la reconnaissance de paternité de M. F n'avait été souscrite que dans le seul but de faciliter la délivrance d'un titre de séjour à la requérante, l'illégalité éventuelle de ce second motif n'est pas de nature à entacher d'illégalité la décision contestée dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur le précédent motif. Par suite, le moyen d'erreur de droit invoqué à cet égard en méconnaissance de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation de Mme G ne peut qu'être écarté.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " et aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

12. Mme G est entrée récemment sur le territoire français, le 30 août 2020, et n'a été autorisées à y demeurer que pour le temps de l'examen de sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile et en qualité de parent d'enfant français. Elle ne se prévaut d'aucune attache particulière ni d'aucune insertion sociale en France. La décision du préfet de la Haute-Garonne n'a pas vocation à séparer Mme G de sa fille, A, ni de son premier enfant, né de sa relation avec un ressortissant camerounais. Si en revanche, la décision en litige peut avoir pour effet de séparer la jeune A de son père déclaré, il ressort de ce qui a été dit au point 10, que celui-ci ne contribue pas à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. Ainsi, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté une atteinte excessive au droit au respect de la vie privée et familiale de la requérante, n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

13. En cinquième et dernier lieu, la décision en litige, portant refus de séjour, ne mettant pas en œuvre le droit de l'Union européenne, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à se prévaloir de l'illégalité de la décision refusant son admission au séjour.

15. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 10 et 12, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de Mme G.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

16. En premier lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.

17. Toutefois, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où, comme en l'espèce, la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise après que la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusée à l'étranger, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du défaut de reconnaissance de cette qualité ou de ce bénéfice. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressée à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'elle a pu être entendue à l'occasion de l'examen de sa demande d'asile. De plus, la requérante a également demandé l'admission au séjour en qualité de parent d'enfant français et a pu être entendue à cette occasion également. Par suite, la circonstance que la requérante n'ait pas été spécifiquement invitée à formuler des observations avant l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français assortie du délai de départ volontaire de droit commun de trente jours, n'entache pas d'irrégularité la procédure d'éloignement menée par le préfet de la Haute-Garonne. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision portant délai de départ volontaire n'a pas été précédée d'une demande préalable d'observations doit être écarté.

18. En deuxième lieu, la requérante ne fait pas état de circonstances particulières susceptibles de justifier l'octroi d'un délai de départ supérieur au délai de droit commun de trente jours. Par suite, la décision contestée n'est pas entachée d'une erreur de droit sur ce point.

19. En troisième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire étant légale, la décision fixant le délai de départ volontaire l'est aussi, et le moyen selon lequel elle serait dépourvue de base légale doit être écarté.

20. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de Mme G ni qu'il se serait estimé en situation de compétence liée pour fixer le délai de départ volontaire.

21. En cinquième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés ci-dessus et alors que la requérante ne précise pas la nature des circonstances particulières qui auraient pu justifier l'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur au délai de droit commun de trente jours, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être également écarté.

22. Il résulte de tout ce qui précède que Mme G n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 6 septembre 2022.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Chmani la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

24. Enfin, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par Mme G sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E G, à Me Chmani et au préfet de la Haute-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

F. B Le greffier,

M. D

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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