vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206958 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LARRIEU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 décembre 2022, Mme B A, représentée par Me Magrini, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire, d'un montant de 2 000 euros, émis le 1er juin 2022 par le maire de la commune de Labastide-Clermont au titre de la participation pour le financement de l'assainissement collectif et la lettre de relance du 4 juillet 2022, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la participation pour le financement de l'assainissement collectif d'un montant de 2 000 euros ;
3°) d'enjoindre au maire de Labastide-Clermont de lui accorder une dérogation à l'obligation de raccordement au réseau collectif d'assainissement dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Labastide-Clermont la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre de recette notifié le 27 juin 2022 ne comporte aucune mention concernant le nom, le prénom et la qualité de l'ordonnateur en méconnaissance des dispositions du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ; la lettre de rappel ne comporte pas la signature de l'émetteur ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le raccordement de sa propriété au réseau d'assainissement collectif comporte des difficultés excessives du fait de la pose de regards et de tuyaux, qui nécessiteront notamment de creuser une partie du sol à l'intérieur de son habitation ; sa situation financière ne lui permettra pas de supporter le coût des travaux ; le montant de la participation est excessif.
Par un mémoire enregistré le 16 juin 2023, la commune de Labastide-Clermont, représentée par Me Larrieu, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.
Par une ordonnance du 18 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 janvier 2024.
Par un courrier du 2 avril 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office les moyens suivants :
- l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la lettre de relance du 4 juillet 2022, qui ne constitue pas un acte de poursuite et ne fait pas grief,
- le défaut de base légale du titre exécutoire attaqué, Mme A, dont l'habitation n'est pas raccordée au réseau communal d'assainissement collectif, ne pouvant être assujettie à la participation pour le financement de l'assainissement collectif prévue à l'article L. 1331-7 du code de la santé publique.
Des observations en réponse à ce courrier ont été présentées par la commune de Labastide-Clermont le 17 avril 2024 et ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Poupineau,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,
- et les observations de Me Got, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est propriétaire d'une habitation située 303 chemin de Rode à Labastide-Clermont (31). Par une délibération du 7 février 2019, la commune de Labastide-Clermont, qui avait par une précédente délibération du 7 juillet 2017 approuvé le schéma communal d'assainissement, a décidé d'instituer une participation financière pour le financement de l'assainissement collectif, applicable à compter du 18 février 2018, et en a fixé le montant forfaitaire à 2 000 euros pour les maisons individuelles existant avant le 18 février 2019. Par un titre de recette émis le 1er juin 2022, le maire de la commune de Labastide-Clermont a mis à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre de cette participation. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de ce titre de recette, de la lettre de relance dont elle a fait l'objet le 4 juillet 2022 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 2 août suivant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le titre de recette :
2. Aux termes de l'article L. 1331-1 du code de la santé publique : " Le raccordement des immeubles aux réseaux publics de collecte disposés pour recevoir les eaux usées domestiques et établis sous la voie publique à laquelle ces immeubles ont accès soit directement, soit par l'intermédiaire de voies privées ou de servitudes de passage, est obligatoire dans le délai de deux ans à compter de la mise en service du réseau public de collecte. " Aux termes de l'article L. 1331-7 de ce code : " Les propriétaires des immeubles soumis à l'obligation de raccordement au réseau public de collecte des eaux usées en application de l'article L. 1331-1 peuvent être astreints par la commune (), pour tenir compte de l'économie par eux réalisée en évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire ou la mise aux normes d'une telle installation, à verser une participation pour le financement de l'assainissement collectif. () Cette participation s'élève au maximum à 80 % du coût de fourniture et de pose de l'installation mentionnée au premier alinéa du présent article, diminué, le cas échéant, du montant du remboursement dû par le même propriétaire en application de l'article L. 1331-2. / La participation prévue au présent article est exigible à compter de la date du raccordement au réseau public de collecte des eaux usées de l'immeuble, de l'extension de l'immeuble ou de la partie réaménagée de l'immeuble, dès lors que ce raccordement génère des eaux usées supplémentaires. / Une délibération du conseil municipal () détermine les modalités de calcul de cette participation. () " Aux termes de l'article L. 1331-8 de ce code : " Tant que le propriétaire ne s'est pas conformé aux obligations prévues aux articles L. 1331-1 à L. 1331-7-1, il est astreint au paiement d'une somme au moins équivalente à la redevance qu'il aurait payée au service public d'assainissement si son immeuble avait été raccordé au réseau ou équipé d'une installation d'assainissement autonome réglementaire () ".
3. Il est constant que l'immeuble dont Mme A est propriétaire n'est pas raccordé au réseau communal d'assainissement collectif. Dès lors, Mme A ne pouvait être assujettie à la participation pour le financement de l'assainissement collectif prévue par l'article L. 1331-7 du code de la santé publique. Par suite, la requérante est fondée à demander l'annulation du titre de recette émis le 1er juin 2022 pour le recouvrement de cette participation.
En ce qui concerne la lettre de relance du 4 juillet 2022 :
4. Aux termes de l'article L. 1617-5, 6 du code général des collectivités territoriales : " 6° Pour les créances d'un montant inférieur à 15 000 €, la mise en demeure de payer mentionnée au 5° est précédée d'une lettre de relance adressée par le comptable public ou d'une phase comminatoire, par laquelle il demande à un huissier de justice d'obtenir du redevable qu'il s'acquitte auprès de lui du montant de sa dette. "
5. La lettre de relance par laquelle le comptable public invite une personne visée par un titre exécutoire à s'acquitter de la somme concernée ne constitue pas un acte faisant grief. Dès lors, les conclusions présentées par Mme A à fin d'annulation de la lettre de relance du 4 juillet 2022 sont irrecevables et doivent être rejetées.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens de la requête, que Mme A est seulement fondée à demander l'annulation du titre de recette du 1er juin 2022.
Sur les conclusions à fin de décharge :
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander la décharge de la somme de 2 000 euros mise à sa charge au titre de la participation pour le financement de l'assainissement collectif par le titre de recette du 1er juin 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement qui annule le titre de recette émis le 1er juin 2022 par la commune de Labastide-Clermont pour le recouvrement entre les mains de Mme A de la participation pour le financement de l'assainissement collectif n'implique pas que le maire de Labastide-Clermont accorde à l'intéressée la dérogation qu'elle demande à l'obligation de raccordement au réseau collectif d'assainissement. Par suite, les conclusions présentées en ce sens par Mme A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par la commune de Labastide-Clermont au titre des frais exposés par elle. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme A sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre exécutoire émis le 1er juin 2022 par le maire de la commune de Labastide-Clermont et la décision implicite de rejet du recours gracieux de Mme A sont annulés.
Article 2 : Mme A est déchargée de la somme de 2 000 euros.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Labastide-Clermont au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Labastide-Clermont.
Délibéré après l'audience du 19 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
La présidente-rapporteure,
V. POUPINEAU
L'assesseure la plus ancienne,
M. ROUSSEAULa greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef
N°2206958
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026