LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2206989

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2206989

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2206989
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCP SARTORIO-LONQUEUE-SAGALOVITSCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Par un jugement n° 1907251 du 13 octobre 2021, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté la requête de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 juillet 2019 par lequel le maire de la commune de Toulouse a délivré à la société par actions simplifiée (SAS) 2M un permis de construire en vue de la surélévation d'un immeuble pour la création de deux logements, représentant une surface de plancher supplémentaire de 50 m², sur un terrain situé 6 rue des Sabots.

Par une ordonnance n° 21BX04513 du 22 décembre 2021, la présidente de la cour administrative d'appel de Bordeaux a transmis au Conseil d'Etat, en application de l'article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi formé par M. B contre ce jugement, enregistré le 14 décembre 2021.

Par une décision n° 459938 du 9 novembre 2022, le Conseil d'Etat, statuant sur le pourvoi en cassation introduit par M. B contre le jugement du tribunal administratif de Toulouse du 13 octobre 2021, l'a annulé et a renvoyé l'affaire devant le même tribunal.

La requête n° 1907251 a été enregistrée, après renvoi par le Conseil d'Etat, sous le n° 2206989.

Procédure devant le tribunal :

Par une requête, un mémoire récapitulatif et des mémoires complémentaires, enregistrés le 19 décembre 2019, le 27 février 2023, le 24 avril 2023 et le 27 mars 2024, M. C B, représenté par Me Magrini, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2019 par lequel le maire de la commune de Toulouse a délivré à la société par actions simplifiée (SAS) 2M un permis de construire en vue de la surélévation d'un immeuble pour la création de deux logements pour une surface de plancher de 50 m² sur un terrain situé 6 rue des Sabots, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 mars 2023 par lequel le maire de Toulouse a délivré à la société 2M un permis de construire modificatif portant sur ce même projet ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le permis de construire du 10 juillet 2019 a été accordé sur la base d'un dossier de demande incomplet, en méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, dès lors que les photographies de l'environnement lointain du projet ne permettent pas de situer le bâtiment concerné par la surélévation et que leurs angles de prises de vue ne sont pas reportés sur les autres documents du dossier de demande de permis de construire ;

- l'arrêté du 10 juillet 2019 méconnaît les dispositions de l'article 1-2 du paragraphe 1 de la section 1 du chapitre 2 des dispositions spécifiques de la zone UM3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal tenant lieu de programme local de l'habitat (PLUi-H) de la métropole Toulouse Métropole, relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;

- il méconnaît les dispositions du paragraphe 3 de la section 4 du chapitre 2 du titre 2 de la partie 2 du règlement du PLUi-H de la métropole Toulouse Métropole, relatives au stationnement des vélos ;

- il méconnaît les dispositions de la section 2 du chapitre 3 du titre 2 de la partie 2 du règlement du PLUi-H de la métropole Toulouse Métropole, relatives à l'implantation d'une aire de présentation des ordures ménagères ;

- il méconnaît les dispositions du paragraphe 1 de la section 4 du chapitre 2 du titre 2 de la partie 2 du règlement du PLUi-H de la métropole Toulouse Métropole, relatives au nombre de places de stationnement ;

- la dérogation obtenue sur le fondement de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme est irrégulière, dès lors que la note précisant la nature de la dérogation demandée était erronée, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-31-2 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense récapitulatif et un mémoire complémentaire, enregistrés le 27 février 2023 et le 15 mars 2023, la commune de Toulouse, représentée par Me Rivoire, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense récapitulatif et un mémoire complémentaire, enregistrés le 23 mars 2023 et le 9 juin 2023, la société 2M, représentée par Me Spinazzé, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal fasse application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 28 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 11 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lucas, rapporteure,

- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,

- les observations de Me Pradal, substituant Me Magrini, représentant M. B,

- les observations de Me Santangelo, substituant Me Rivoire, représentant la commune de Toulouse,

- et les observations de Me Suspene, substituant Me Spinazzé, représentant la société 2M.

Considérant ce qui suit :

1. Le 19 avril 2019, la société 2M a déposé une demande de permis de construire valant permis de démolir en vue de la surélévation d'un immeuble avec démolition partielle pour la construction de deux logements supplémentaires, correspondant à une surface de plancher créée de 50 m², sur un terrain situé 6 rue des Sabots à Toulouse. Par un arrêté du 10 juillet 2019, le maire de la commune de Toulouse lui a délivré le permis de construire sollicité. Il lui a également délivré un permis de construire modificatif portant sur ce même projet par un arrêté du 25 novembre 2020. Par un jugement du 13 octobre 2021, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté la requête de M. B, voisin de ce projet, tendant à l'annulation de cet arrêté. Par une décision du 9 novembre 2022, le Conseil d'Etat a annulé ce jugement et renvoyé l'affaire devant le même tribunal. Enfin, par un arrêté du 27 mars 2023, le maire de la commune de Toulouse a délivré à la société 2M un permis de construire modificatif portant sur ce même projet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le caractère complet du dossier de demande du permis de construire accordé le 10 juillet 2019 :

2. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que celui-ci comprend, en pièce PC 7, une photographie permettant de situer l'environnement proche du projet de surélévation en litige. Il comporte également, dans sa pièce PC 8, des photographies de l'environnement lointain du projet. Ces photographies, si elles ne donnent pas la possibilité de le situer sur chacune d'entre elles, permettent de connaître son environnement lointain au regard de sa situation indiquée sur le plan de repérage. En outre, s'il est constant que les points et angles des prises de vue des photographies n'ont pas été reportés sur le plan de situation PC 1 et le plan de masse PC 2, cette omission n'a pas été de nature, au vu de l'ensemble des pièces du dossier de permis de construire, qui sont suffisantes pour situer le projet de surélévation litigieux, à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la règlementation applicable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des règles d'implantation du projet par rapport aux limites séparatives :

5. Aux termes du titre 4 des dispositions générales de la première partie du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal tenant lieu de programme local de l'habitat (PLUi-H) de la métropole Toulouse Métropole, intitulé " Division du territoire métropolitain en zones ", les zones UM ont été " déterminées en fonction des caractéristiques d'implantation du bâti existant ou futur : par rapport aux voies () / par rapport aux limites de propriété (limites séparatives) () " et la zone UM3 correspond à " Alignement obligatoire et continuité ou discontinuité du bâti ". Aux termes du paragraphe 1 de la section 1 du chapitre 2 du titre 3 de la partie 3 du règlement de ce plan, relatif à l'implantation des constructions dans la zone UM3 : " 1 - Dans une bande d'une profondeur comprise entre 15 m et 17 m au plus, appelée " bande de constructibilité principale ", comptée à partir de la limite : / - des voies ou emprises existantes ou projetées, ouvertes à la circulation publique, / - d'emplacement réservé pour voirie, / - de recul défini au document graphique du règlement (DGR) 3C1 / 1-1- Toute construction doit être implantée à la limite : / ' des voies ou emprises existantes ou projetées, ouvertes à la circulation publique, / ' d'emplacement réservé pour voirie, ' de recul défini au document graphique du règlement (DGR) 3C1. () / 1-2- Continuité et/ou discontinuité du bâti étant possibles, les constructions pourront s'implanter : / ' soit sur les limites séparatives latérales et en continuité d'une limite séparative latérale à l'autre, / ' soit sur une des limites séparatives latérales. / L'implantation en limite pourra être admise sur toute la hauteur autorisée dans la zone. / ' soit en retrait d'une ou des limites séparatives. Dans ce cas, tout point d'une construction, en dehors des éléments admis dans les marges de recul définis au titre 2 des dispositions communes, chapitre 2, section 1, paragraphe 1, point 3, doit être implanté à une distance des limites séparatives au moins égale à la moitié de la hauteur de ce point et toujours supérieure ou égale à 3 m ". Aux termes du lexique et de la table des sigles et des abréviations annexés à ce règlement : " la continuité du bâti s'entend en premier lieu comme la faculté d'implanter les constructions sur les 2 limites séparatives latérales " et " s'entend aussi comme la faculté d'implanter les constructions d'une limite latérale à l'autre. Afin d'éviter des " effets de barre " engendrés par des linéaires de façades trop importants, conserver des perspectives visuelles etc., les dispositions réglementaires du PLUi-H prévoient les cas dans lesquels une discontinuité du bâti est admise ou imposée ".

6. Il résulte de ces dispositions, qui sont applicables aux projets de surélévation d'un bâtiment existant, que les règles d'implantation fixées par les dispositions de l'article 1.2 citées au point précédent s'appliquent uniquement aux limites séparatives latérales. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à soutenir que le permis de construire en litige méconnaîtrait ces dispositions en ce qui concerne la distance entre la partie arrière de la construction surélevée et la limite séparative de fond de parcelle.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des règles relatives au stationnement des vélos :

7. Aux termes des dispositions du 1.1 du paragraphe 3 de la section 4 du chapitre 2 du titre 2 des dispositions communes du règlement du PLUi-H de Toulouse Métropole : " Les obligations de stationnement des vélos exigées, lorsqu'elles sont fixées sont applicables : () A toute modification d'une construction déjà existante pour le surplus du stationnement requis, à l'exception de celle dont la surface de plancher créée est inférieure ou égale à 100 m², sans création de logement supplémentaire () ". Selon les dispositions du 1.2 du même paragraphe : " () Les emplacements devront être accessibles facilement sans portage de vélo. / Dans le cas d'opération de plus de deux logements, les emplacements devront également être accessibles directement depuis l'espace public par un cheminement adapté ". Le règlement précise dans le tableau de stationnement des vélos que, pour une habitation inférieure ou égale à deux logements, l'emplacement réservé aux vélos doit être de 3 % de la surface de plancher et au plus de 6 m².

8. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 25 novembre 2020, le maire de la commune de Toulouse a accordé à la société pétitionnaire un permis de construire modificatif portant notamment sur la création d'un local réservé au stationnement des vélos d'une surface de 1,50 m2 et sur la réduction du nombre de logements créés de trois à deux logements, en plus des deux logements déjà existants. Le projet en litige prévoit ainsi, conformément aux dispositions précitées du PLUi-H de la métropole Toulouse Métropole applicables pour les immeubles de deux logements ou moins, un local de stationnement des vélos d'une superficie correspondant à 3% de la surface de plancher créée de 50 m2. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent du PLUi-H de la métropole Toulouse Métropole doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence d'aire de présentation prévue par le projet en litige :

9. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

10. D'une part, aux termes des dispositions de la section 2 du chapitre 3 du titre 2 des dispositions communes du règlement du PLUi-H de la métropole de Toulouse Métropole, relatives à la collecte des déchets urbains : " Les occupations et utilisations du sol doivent prévoir les aménagements nécessaires à la collecte des déchets urbains conformément à la réglementation des services de Toulouse Métropole en vigueur avec pour objectifs : / • D'assurer la collecte des déchets dans les conditions optimales d'hygiène et de sécurité / • De maintenir l'espace public propre et dénué d'obstacle. / Ainsi : / • A l'exception des maisons individuelles, tout projet devra prévoir : / - un abri réservé au stockage des containers d'ordures ménagères, / - ainsi qu'une aire de présentation de ces containers accessible depuis le domaine public par les véhicules de collecte. / Abri et aire devant être tous deux positionnés sur le domaine privé. / Lorsque le projet est desservi par un système de collecte par colonnes enterrées, local de stockage et/ou aire de présentation pourront ne pas être exigés en fonction de la nature et de l'importance de l'opération. () ".

11. D'autre part, selon les dispositions de l'article 4.4.2.2 des dispositions communes du plan local d'urbanisme de Toulouse Métropole relatives à la commune de Toulouse, remises en vigueur à la suite de l'annulation par le tribunal administratif de Toulouse, les 30 mars et 20 mai 2021, de la délibération de l'assemblée délibérante de Toulouse Métropole du 11 avril 2019 approuvant le PLUi-H de la métropole Toulouse Métropole : " Les aires de présentation des conteneurs doivent être prévues et implantées en façade sur rue, sauf lorsque les bâtiments sont à l'alignement, et dans tous les cas elles devront être dissimulées sans compromettre leur accessibilité ". Il résulte de ces dispositions qu'un projet de surélévation d'un bâtiment existant implanté à l'alignement n'a pas à prévoir d'aire de présentation des conteneurs en façade sur rue.

12. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet en litige prévoirait une aire de présentation des ordures ménagères, conformément aux dispositions du PLUi-H de la métropole Toulouse Métropole citées au point 10 du présent jugement. Toutefois, les dispositions de l'article 4.4.2.2 des dispositions communes du plan local d'urbanisme de Toulouse Métropole relatives à la commune de Toulouse, applicables au permis de construire modificatif accordé à la société pétitionnaire le 27 mars 2023, prévoient que les bâtiments implantés à l'alignement avec la voie publique n'ont pas à prévoir d'aire de présentation des conteneurs d'ordures ménagères en façade sur rue. Or, il ressort des pièces du dossier que le projet de surélévation en litige porte sur un bâtiment implanté à l'alignement avec la rue des Sabots. Dans ces conditions, le vice constaté a été régularisé par le permis de construire modificatif délivré le 27 mars 2023 et le moyen invoqué doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du PLUi-H relatives au nombre de places de stationnement de véhicules motorisés :

13. Aux termes des dispositions du 1.1 du paragraphe 2 de la section 4 du chapitre 2 du titre 2 des dispositions communes du règlement du PLUi-H de Toulouse Métropole : " Les obligations en matière de réalisation de stationnement, lorsqu'elles sont fixées sont applicables : () A toute modification d'une construction déjà existante pour le surplus du stationnement requis, à l'exception de celle dont la surface de plancher créée est inférieure ou égale à 50 m², sans création de logement supplémentaire () ". Le règlement précise dans le tableau relatif au stationnement des véhicules motorisés que, pour une surface de plancher inférieure à 100 m², une place par logement est exigée en zone d'influence des transports en commun (TC) structurants.

14. Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme : " Dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de 50 000 habitants figurant sur la liste prévue à l'article 232 du code général des impôts et dans les communes de plus de 15 000 habitants en forte croissance démographique figurant sur la liste prévue au dernier alinéa du II de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation, il peut être autorisé des dérogations au règlement du plan local d'urbanisme ou du document en tenant lieu, dans les conditions et selon les modalités définies au présent article. / En tenant compte de la nature du projet et de la zone d'implantation, l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire peut, par décision motivée : / () 4° Déroger en tout ou partie aux obligations de création d'aires de stationnement applicables aux logements lorsque le projet de construction de logements est situé à moins de 500 mètres d'une gare ou d'une station de transport public guidé ou de transport collectif en site propre, en tenant compte de la qualité de la desserte, de la densité urbaine ou des besoins propres au projet au regard des capacités de stationnement existantes à proximité ; () ". Selon les dispositions de l'article R. 431-31-2 du même code : " Lorsque le projet nécessite une ou plusieurs dérogations au titre de l'article L. 151-29-1, de l'article L. 152-5 ou de l'article L. 152-6, la demande de dérogation est jointe à la demande de permis de construire. Elle est accompagnée d'une note précisant la nature de la ou des dérogations demandées et justifiant pour chacune d'entre elles du respect des objectifs et des conditions fixés à ces articles et aux articles R. 152-4 à R. 152-9 pour chacune des dérogations demandées ".

15. Il ressort des termes de l'arrêté du 10 juillet 2019 portant permis de construire initial que celui-ci fait droit à la demande, présentée par la société pétitionnaire sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme, de dérogation à l'obligation prévue par le PLUi-H de la métropole de Toulouse Métropole de créer deux places de stationnement, correspondant aux deux logements créés par le projet, en se fondant notamment sur la circonstance que celui-ci se situe dans une zone d'influence de transports en commun privilégiée, à moins de 500 mètres d'une station de métro, de lignes de bus et de tramway, et d'un parking Indigo. En outre, s'il ressort des pièces du dossier que lorsque la société 2M a sollicité cette dérogation, le projet prévoyait la création de trois logements et aurait donc dû conduire à la création de trois places de stationnement, le permis de construire modificatif accordé à la société pétitionnaire le 25 novembre 2020 porte le nombre de logements créés à deux logements, de telle sorte qu'il a, en tout état de cause, régularisé le vice entachant le permis de construire initial. Par suite, les moyens tirés de ce que l'arrêté en litige méconnaît les dispositions précitées du PLUi-H de la métropole Toulouse Métropole relatives au nombre de places de stationnement et les dispositions des articles L. 152-6 et R. 431-31-2 du code de l'urbanisme doivent être écartés.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du maire de la commune de Toulouse du 10 juillet 2019 et du 27 mars 2023.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B soit mise à la charge de la commune de Toulouse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 750 euros à verser à la commune de Toulouse et la somme de 750 euros à verser à la société 2M sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : M. B versera la somme de 750 (sept-cent cinquante) euros à la commune de Toulouse et la somme de 750 (sept-cent cinquante) euros à la société 2M sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la société 2M et à la commune de Toulouse.

Délibéré après l'audience du 21 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Héry, présidente,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Lucas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.

La rapporteure,

E. LUCAS

La présidente,

F. HÉRY

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions