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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2207081

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2207081

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2207081
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantJOUBIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 décembre 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 21 décembre 2022, M. A E, représenté par Me Joubin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas où M. E ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation au regard des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est marié religieusement, qu'il vit avec son épouse et la fille de celle-ci et que son épouse est enceinte ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la menace à l'ordre public ;

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est justifiée par la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'autorité préfectorale a méconnu l'étendue de sa compétence ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est justifiée par la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est justifiée par les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

Par des pièces et un mémoire en défense enregistrés les 20 et 21 décembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C, qui informe la partie présente à l'audience qu'il est susceptible de substituer d'office aux dispositions du L. 611-1 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables aux seuls étrangers résidant régulièrement en France depuis moins de trois mois (CAA Paris, n° 21PA01004, 17 février 2022), celles du 1° de ce même article,

- les observations de Me Joubin, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que l'épouse de M. E est enceinte, que M. E est le père, que celui-ci doit rester aux côtés de sa femme, qu'ils vivent ensemble depuis novembre 2020, que son épouse a un premier enfant, que l'obligation de quitter le territoire français viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que la seule condamnation pénale ne suffit pas à caractériser une menace à l'ordre public, que dans le cadre de son audition, M. E a indiqué sa volonté de régulariser sa situation, qu'il est regrettable que la préfecture n'ait pas cherché à régulariser sa situation, que l'arrêté ne permet pas de déterminer les critères sur lesquels la préfecture s'est fondée pour fixer la durée de trois ans de l'interdiction de retour sur le territoire français, que l'obligation de quitter le territoire français de son épouse n'a pas été notifiée à la bonne adresse,

- les observations de M. E assisté de M. D F, interprète en langue arabe, qui répond aux questions du magistrat,

- les observations de M. G, représentant le préfet de la Haute-Garonne, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, produit trois pièces complémentaires (un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français en date du 24 septembre 2021, la copie du pli contenant cet arrêté et le résultat d'une recherche de suivi de courrier) et précise que la préfecture était fondée à caractériser une menace à l'ordre public, que le requérant a indiqué qu'il était marié et qu'un enfant était né, que son épouse est en situation irrégulière, que la circonstance que Mme B soit sur le point de donner naissance à un enfant est sans incidence, que le refus de délai de départ volontaire est fondé sur une menace à l'ordre public mais aussi un risque de fuite compte tenu notamment de la soustraction à une précédente mesure d'éloignement, que l'interdiction de retour sur le territoire français de trois ans est justifiée, que l'interdiction de retour sur le territoire français est obligatoire en l'absence de délai de départ volontaire, que la mesure est proportionnée eu égard à la menace à l'ordre public, l'absence d'attaches en France et la soustraction à une précédente mesure d'éloignement.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant algérien, né le 15 octobre 1984 à Mostaganem (Algérie), déclare être entré sur le territoire français au cours de l'année 2017. Il a sollicité l'asile et a fait l'objet d'une décision de rejet par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 janvier 2020. Le préfet de la Haute-Garonne a édicté un arrêté portant obligation de quitter le territoire français le 11 septembre 2020. Par un nouvel arrêté en date du 30 novembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a obligé M. E à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par sa requête, le requérant sollicite l'annulation de l'arrêté.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

3. Par un arrêté du 18 octobre 2022, publié au recueil administratif le lendemain, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme H, directrice des migrations et de l'intégration, en matière de police des étrangers et notamment pour signer les mesures d'éloignement et les décisions les assortissant. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de compétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle indique que M. E est entré en France en 2017 de manière irrégulière. Elle retrace son parcours d'asile et mentionne qu'il a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français le 11 septembre 2020. Elle précise qu'il a été condamné à une peine de deux mois d'emprisonnement pour des faits de " remise ou sortie irrégulière de correspondance, une somme d'argent ou objet détenu, tentative et transport non autorisé de stupéfiants " le 28 octobre 2022 par le Tribunal correctionnel de Toulouse et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Le préfet de la Haute-Garonne indique également que le requérant se déclare marié religieusement, qu'il vit en concubinage que sa compagne a deux enfants, dont l'une est née fin novembre et qu'il n'a pas reconnue, et qu'il n'apporte pas la preuve d'une communauté de vie ni même d'une participation à l'entretien et à l'éducation des enfants. Le préfet expose, enfin, que M. E n'apporte pas la preuve d'être dans l'impossibilité de poursuivre sa vie dans son pays d'origine, où résident sa mère et ses quatre frères et sa sœur, et où il a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, la décision attaquée comporte donc l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée et le moyen doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. I1 ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

6. Le requérant est présent depuis cinq années sur le territoire français où il n'a été admis à séjourner que pour les besoins de l'instruction de sa demande d'asile, laquelle a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 31 janvier 2020. S'il fait valoir qu'il est marié religieusement à une compatriote, qui est enceinte, il ressort des pièces du dossier que celle-ci fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en date du 24 septembre 2021, qui lui a été régulièrement notifiée le 28 septembre suivant. M. E, qui a été condamné par le tribunal correctionnel de Toulouse le 28 octobre 2022, à deux mois d'emprisonnement pour des faits de " remise ou sortie irrégulière de correspondance, une somme d'argent ou objet détenu, tentative et transport non autorisé de stupéfiants ", ne justifie d'aucune insertion dans la société française. Enfin, il n'établit pas être dépourvue d'attaches personnelles et familiale en Algérie, où résident sa mère et ses quatre frères et sa sœur et où il a vécu jusqu'à la majorité de sa vie. Dans ces circonstances, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaitrait, par suite, les stipulations précitées. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet, qui a pu valablement considérer que le comportement de l'intéressé représentait une menace pour l'ordre public, aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

7. En premier lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, notamment l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que le 1°, 4°, 5° et le 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne avec une précision suffisante les considérations de faits sur lesquelles il repose, rappelant en particulier que M. E est entré irrégulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il a déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français, qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement régulièrement notifiée le 6 octobre 2020, qu'il ne dispose pas de garanties de représentation suffisantes et qu'il ne justifie pas de circonstances particulières. Dès lors, la décision est suffisamment motivée.

8. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été développé précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.

9. En troisième lieu, il ne ressort ni des motifs de l'arrêté ni des pièces du dossier que le préfet se serait estimé en situation de compétence liée ou qu'il aurait méconnu l'étendue de sa compétence pour fixer le délai de départ volontaire.

10. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que M. E a déclaré le 30 novembre 2022 qu'il ne souhaitait pas retourner dans son pays d'origine. L'intéressé a fait l'objet d'une précédente décision portant obligation de quitter le territoire français du 11 septembre 2020, régulièrement notifiée le 2 octobre 2020 et à l'exécution de laquelle il s'est soustrait. Il n'a pu présenter de documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il aurait laissé, selon ses propres déclarations, dans son pays d'origine. De plus, il résulte de ce qui a été exposé au point 6 du présent jugement que le comportement du requérant constitue une menace pour l'ordre public. Enfin, si le requérant se prévaut de ce que sa concubine, qui fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, est enceinte, cette seule circonstance ne permet pas en elle-même de justifier que lui soit accordé un délai de départ volontaire. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

12. En premier lieu, le préfet de la Haute-Garonne, en indiquant que le requérant n'établissait pas être exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et en visant lesdites stipulations, a suffisamment motivé sa décision en droit et en fait. Par suite, le moyen doit être écarté.

13. En second lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

14. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les éléments de fait retenus par le préfet pour édicter à l'encontre de M. E une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée.

15. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été développé précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision portant refus de délai de départ volontaire ne sont pas illégales. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans doit être écarté.

16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction prévue à l'article L. 612-11 ".

17. Il résulte des pièces du dossier que le requérant est entré en 2017 en France et ne justifie d'aucun lien sur le territoire français autre que sa concubine, qui fait également l'objet d'une mesure d'éloignement. Il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement datée du 11 septembre 2020 et son comportement est constitutif d'une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis une erreur d'appréciation de la situation de l'intéressé en l'interdisant de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par suite, ce moyen doit être écarté.

18. En quatrième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 du présent jugement, le requérant ne peut soutenir que le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation. Par suite, le moyen doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 30 novembre 2022.

Sur les frais liés aux litiges :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le conseil de M. E au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à Me Joubin et au préfet de la Haute-Garonne.

Lu en audience publique le 22 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

F. C Le greffier,

B. GALAND

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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