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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2207118

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2207118

jeudi 15 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2207118
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantFRANCOS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 décembre 2022 et des pièces complémentaires enregistrées le 15 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Francos, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2022 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet du Var de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet du Var de procéder au retrait de son inscription aux fins de non-admission au sein du système d'information Schengen dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès et le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le versement de cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur signataire ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est fondée sur une décision portant refus de délai de départ volontaire elle-même illégale.

Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 15 décembre 2022, le préfet du Var conclu au rejet de la requête.

Il soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable en l'absence de production par le requérant de l'acte attaqué, et à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les observations de Me Francos, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les moyens. Me Francos ajoute deux nouveaux moyens invoqués, d'une part, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français et tiré de ce que cette décision est entachée d'une erreur de droit, car M. A ne peut être obligé à quitter le territoire français dès lors qu'une mesure judiciaire le lui interdit, et d'autre part, à l'encontre de la décision portant refus de délai de départ volontaire et tiré de ce que cette décision est entachée d'erreurs de fait, car le préfet ne justifie pas que M. A a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à sa mesure d'éloignement et qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement et car l'intéressé présente des garanties de représentation en raison de ce qu'il justifie d'un domicile chez sa sœur,

- les observations de M. A, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- le préfet du Var n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né le 14 décembre 1972 à Constantine (Algérie), déclare être entré sur le territoire français en 1991. Par un arrêté du 7 octobre 2022, le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par sa présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler les décisions contenues dans cet arrêté.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :

3. Aux termes de l'article R. 776-1 du code de justice administrative : " Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du chapitre IV du titre I du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 732-8 du même code, ainsi que celles du présent code, sous réserve des dispositions du présent chapitre, les requêtes dirigées contre : 1° Les décisions portant obligation de quitter le territoire français, prévues aux articles L. 241-1 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les décisions relatives au séjour notifiées avec les décisions portant obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article R. 776-14 de ce code : " La présente section est applicable aux recours dirigés contre les décisions mentionnées à l'article R. 776-1, lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence ". Aux termes de l'article R. 776-18 du même code : " La requête est présentée en un seul exemplaire. () Les décisions attaquées sont produites par l'administration. ".

4. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées des articles R. 776-1, R. 776-14 et R. 776-18 du code de justice administrative que, par dérogation à l'article R. 412-1 du même code, il incombe à l'administration de produire la décision attaquée en cas de recours formé contre les décisions d'obligation de quitter le territoire français prises sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lorsque l'étranger est, comme en l'espèce, placé en rétention. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée par le préfet et tirée du défaut de production de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

5. Par un arrêté n° 2022/17/MCI du 28 avril 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, numéro n° 78, consultable sur le site internet de la préfecture, le préfet du Var a donné délégation à M. Lucien Guidicelli, secrétaire général de la préfecture du Var, à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département du Var, à l'exception de certains actes dont ne font pas partie les décisions en litige. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, la décision attaquée vise l'ensemble des dispositions et stipulations, dont elle fait application, et en particulier le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle indique les conditions d'entrée et de séjour de l'intéressé en France et décrit sa situation personnelle, en particulier qu'il a précisé être célibataire et père d'une fille âgée de vingt-trois ans qu'il n'a pas reconnue. La décision attaquée comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision litigieuse doit être écarté.

7. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté, ni des autres pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation du requérant.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ".

9. Le requérant soutient qu'il fait l'objet d'un contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le territoire français. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que sa fiche pénale, qui fait notamment état d'un jugement du tribunal correctionnel de Nice du 30 novembre 2021 le condamnant à une peine d'emprisonnement de deux ans et à une interdiction de séjour sur le département des Alpes-Maritimes pour une durée de trois ans pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité supérieure à huit jours, n'indique aucun élément en ce sens à la date du 16 novembre 2022. En outre, s'il produit à l'instance une ordonnance de mise en liberté assortie d'un contrôle judiciaire établie le 4 décembre 2014 à son encontre par un magistrat instructeur du tribunal de grande instance de Marseille, cette pièce, de par son ancienneté et son caractère incomplet en l'absence de mention des faits pour lesquels il a été mise en examen, n'est pas, en tout état de cause, de nature à démontrer que la mesure dont il se prévaut serait toujours en cours à la date de la décision contestée. Par ailleurs, il est constant que le requérant est entré irrégulièrement sur le territoire français et qu'il n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Dans ces conditions, le préfet a pu, sans commettre d'erreur de droit, édicter une décision portant obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 1° de l'article 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.

10. En quatrième et dernier lieu, si M. A se prévaut de sa présence en France depuis 1991 et de son lien de parenté avec sa fille majeure et de nationalité française, il n'apporte aucun élément de nature à étayer ses allégations. En outre, s'il produit à l'instance une attestation d'hébergement par laquelle sa sœur de nationalité française s'engage à l'héberger dès sa sortie de prison, cette seule pièce, qui est, du reste, postérieure à la décision contestée, n'est pas de nature à démontrer qu'il aurait fixé le centre de ses intérêts privés sur le territoire national. En outre, il ne démontre pas qu'il serait dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Enfin, il résulte de ce qui a édit au point précédent que son comportement doit être regardé comme constituant une menace réelle et actuelle pour l'ordre public. Dans ces conditions, le préfet a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, prendre à l'encontre de l'intéressé une décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen invoqué à cet égard doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

11. En premier lieu, il résulte de l'arrêté litigieux que la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et est donc suffisamment motivée.

12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède, que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant le délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

13.En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français / ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

14. Il résulte de l'arrêté attaqué que, pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. A, le préfet du Var s'est fondé sur les dispositions précitées des 1°, 4°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment du fichier AGDREF produit par le préfet que l'intéressé s'est vu notifier deux précédentes mesures d'éloignement le 22 juin 1999 et le 28 octobre 2007 qu'il ne démontre pas avoir exécuté et que l'attestation d'hébergement produite par sa sœur évoquée au point 10 n'est pas de nature à établir qu'il justifiait, à la date de la décision contestée, d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale, et donc de garanties de représentations suffisantes. Au demeurant, il ressort également des pièces du dossier que M. A ne présente pas non plus de telles garanties en l'absence de présentation de documents d'identité ou de voyage en cours de validité. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée serait, à ces égards, entachée d'erreurs de fait. Enfin, s'il est vrai qu'il ne ressort pas des informations recueillies dans la notice de renseignements établie le 6 octobre 2022 que l'intéressé aurait explicitement déclaré ne pas avoir l'intention de se conformer à l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, de sorte que le préfet ne pouvait pas se fonder sur le 4° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour le priver de délai de départ volontaire et a commis à cet égard une erreur de fait, il résulte toutefois de l'instruction que l'autorité préfectorale aurait pris la même décision en se fondant notamment sur les seuls 5° et 8° de l'article L. 612-3.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

15. En premier lieu, il résulte de l'arrêté litigieux que la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et est donc suffisamment motivée.

16. En second lieu, il résulte de ce qui précède, que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

17. Si la décision contestée vise les textes dont elle fait application et mentionne les considérations de fait sur lesquelles elle se fonde, le préfet indique toutefois dans ses motifs qu'il résulte de ces éléments que la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français est d'un an ou de deux ans, de sorte que l'intéressé n'est donc pas en mesure de connaître et de comprendre, à la seule lecture de l'arrêté, les motifs pris en compte par l'autorité préfectorale pour prononcer à son encontre la décision contestée portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans Par suite, il est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'un défaut de motivation et à en obtenir l'annulation pour cette raison, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen soulevé à son encontre.

18. Il résulte de tout ce qui précède, que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Var du 7 octobre 2022 en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

19. L'annulation de la seule décision portant interdiction de retour sur le territoire français implique que le préfet procède à l'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

20. Sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Francos à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Francos la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant, la somme de 1 000 euros sera directement versée à M. A.

21. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'arrêté du préfet du Var du 7 octobre 2022 est annulé en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Article 3 : Il est enjoint au préfet du Var de supprimer le signalement aux fins de non-admission de M. A dans le système d'information Schengen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Francos à percevoir la part contributive de l'Etat, ce dernier versera la somme de 1 000 euros à Me Francos au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant, la somme de 1 000 euros sera directement versée à M. A.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Francos et au préfet du Var.

Lu en audience publique le 15 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

B. C La greffière,

A. BACH

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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