mardi 10 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2207354 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SARASQUETA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2022 et des pièces complémentaires enregistrées le 9 janvier 2023, M. E F, représenté par Me Sarasqueta, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé son maintien en centre de rétention administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à titre subsidiaire, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une incompétence du signataire ;
- il est insuffisamment motivé en fait en violation des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation en considérant qu'il avait présenté une demande d'asile en rétention dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Sarasqueta, représentant M. F, qui conclut aux mêmes fins et soulève un nouveau moyen tiré de l'erreur de droit. Me Sarasqueta précise que la délégation de signature ne donnait pas compétence à Mme D pour signer l'arrêté portant maintien en rétention, que le préfet se fonde sur deux circonstances, liées à l'absence de garanties de représentation et au risque de fuite, qui ne figurent pas au nombre de ceux qui justifient le maintien en rétention, que le dernier motif de la décision, tiré de ce que la demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire obstacle à la mesure d'éloignement, n'est pas fondé, qu'en effet le requérant a demandé à plusieurs reprises lors de ses auditions le bénéfice de l'asile, tant en avril et octobre 2022,
- les observations de M. F, assisté de M. A interprète en langue bosniaque, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortissant bosniaque né le 5 décembre 1989 à Vlasenica (Bosnie-Herzégovine) déclare être entré en France au début de l'année 2022. Par un arrêté du 12 décembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Le 23 décembre suivant, M. F, dont le placement en rétention avait été prolongé par le juge des libertés et de la détention le 19 décembre, a présenté une demande d'asile. Par un arrêté du 23 décembre 2022, notifié le même jour à 16 heures 55, le préfet, estimant que cette demande était dilatoire, a maintenu M. F en rétention administrative sur le fondement de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par sa requête, M. F demande l'annulation de l'arrêté du 23 décembre 2022.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 18 octobre 2022, publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme C D, cheffe de bureau, pour signer les mesures d'éloignement et les mesures les assortissant, en cas d'absence ou d'empêchement du secrétaire général de la préfecture, de la directrice des migrations et de l'intégration et de l'adjointe à cette directrice. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes sur lesquels il se fonde, notamment les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne les éléments essentiels de la situation personnelle de M. F et précise que sa demande d'asile, introduite postérieurement à son placement en rétention administrative et une fois que sa rétention a été prolongée par le juge des libertés et de la détention, doit être regardée comme n'ayant été introduite qu'à titre dilatoire, en vue de faire échec à son éloignement. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé en droit et en fait. Le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ / (). ".
6. Le requérant soutient que le préfet ne pouvait, sans commettre d'erreur d'appréciation, considérer qu'il avait présenté une demande d'asile en rétention dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, alors que lors de ses précédentes auditions par les services de police, il avait exprimé son intention de demander l'asile. Toutefois, si l'intéressé, informé de ce que le préfet était susceptible de prendre à son encontre une décision d'éloignement, a effectivement indiqué aux services de police le 7 avril 2022 qu'il voulait demander l'asile, et s'est vu, en conséquence, remettre, le 31 mai 2022, une attestation de demande d'asile, il ressort des pièces du dossier que M. F n'a pas introduit sa demande d'asile complète auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai de vingt-et-un jours à compter de la remise de cette attestation, dans les conditions prévues à l'article R. 531-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France. Ce n'est que le 23 décembre suivant, après que le juge des libertés et de la détention ait ordonné, le 19 décembre, la prolongation de sa rétention et que le magistrat désigné par la présidente du tribunal ait rejeté, le 20 décembre, la requête qu'il avait formé contre la mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 12 décembre 2022, que M. F a sollicité un dossier de demande d'asile qu'il a remis aux services de la police du centre de rétention administrative le 23 décembre 2022 à 11 heures 14. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer que la demande d'asile présentée par M. F, alors qu'il était en rétention, avait été présentée dans le seul but de faire échec à une mesure d'éloignement.
7. En quatrième et dernier lieu, si le requérant fait valoir que le préfet fait état, dans la décision attaquée, de deux motifs tirés de l'absence de garanties de représentation et du risque de fuite non prévus par les dispositions citées au point 5, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur l'autre motif retenu, exposés au point 6. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que M. F n'est pas fondé à soutenir que la décision du 23 décembre 2022 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a prononcé son maintien en rétention administrative serait illégale. Ses conclusions à fin d'annulation doivent donc être rejetées ainsi que, par voie de conséquence celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. F est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié M. E F, à Me Sarasqueta et au préfet de la Haute-Garonne.
Lu en audience publique le 10 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
F. B Le greffier,
B. GALAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026