vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2300037 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 janvier et 26 juin 2023, M. A C et M. B C, représentés par Me Magrini, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2022, par lequel le maire de Cornebarrieu a accordé un permis de construire à la société civile de construction-vente (SCCV) ADN Cornebarrieu 1 pour la création de 51 logements et la conservation d'une maison existante sur un terrain situé 70, route de Pibrac, l'arrêté du 14 avril 2023 délivrant à cette société un permis de construire modificatif, ainsi que la décision du 7 novembre 2022 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cornebarrieu une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
En ce qui concerne le permis de construire initial du 26 juillet 2022 :
- la société pétitionnaire aurait dû déposer une demande de permis valant autorisation de diviser, conformément à l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme, dès lors que l'opération consiste à diviser un terrain en vue de la vente avec des jardins privatifs ;
- l'arrêté du 26 juillet 2022 méconnaît l'article UC1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Cornebarrieu, dès lors que le projet ne prévoit aucun raccordement au réseau d'assainissement collectif ;
- le projet, qui porte sur la construction de 51 logements sur une surface de plancher de 3 584 m², méconnaît l'objectif de développement léger de l'habitat en zone UC tel qu'il figure dans le préambule des dispositions du règlement du PLU de la commune relatives à cette zone ;
- il méconnaît le point 2.2. de l'article UC3 du règlement du PLU de la commune et les prescriptions du service départemental d'incendie et de secours (SDIS), en l'absence de dispositif de retournement à l'extrémité de la voie interne ;
- il méconnaît le point 4.3. de l'article UC4 du règlement du PLU de la commune, dès lors que le local d'ordures ménagères, situé en limite d'espace boisé, n'est pas intégré aux bâtiments et qu'il ne s'intègre pas au paysage ;
- il méconnaît la règle de retrait par rapport aux limites séparatives prévue par l'article UC7 du règlement du PLU de la commune, en ce qu'il ne tient pas compte des débords de toiture ; les bâtiments A et B s'implantent à une distance de la limite séparative manifestement inférieure à la moitié de leur hauteur ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UC10 du règlement du PLU de la commune relatives à la hauteur maximale des constructions s'agissant des bâtiments F et G, en raison de la présence de combles aménagés au-dessus de la hauteur de 6,5 mètres sur sablière, d'une hauteur supérieure à 3,5 mètres, alors qu'ils ne constituent pas des ouvrages techniques nécessaires au bon fonctionnement des bâtiments ni des éléments architecturaux singuliers, seuls autorisés, et alors que le PLU ne précise pas que les combles sont autorisés ;
- il méconnaît l'article UC11 du règlement du PLU de la commune, dès lors qu'aucune des toitures-terrasses prévues n'est végétalisée, que les façades des bâtiments ne s'harmonisent pas avec la teinte des constructions traditionnelles et que les constructions projetées ne sont pas adaptées au caractère du village ni conformes à l'architecture traditionnelle de la région ;
- il méconnaît le point 2.2. de l'article UC13 du règlement du PLU de la commune relatives aux plantations, dès lors que l'accès est situé au niveau de la coulée verte et que les arbres venant en remplacement des arbres supprimés ne seront pas plantés dans ce cordon boisé ;
- il méconnaît les dispositions du point 3 de l'article UC13 du règlement du PLU de la commune faute de prévoir la plantation d'arbres de haute tige le long de la voie de circulation interne au niveau des bâtiments A, B, C, F et G.
En ce qui concerne le permis de construire modificatif du 14 avril 2023 :
- le permis de construire modificatif délivré le 14 avril 2023 méconnaît le point 2.2. de l'article UC3 du règlement du PLU de la commune, les prescriptions du SDIS ainsi que l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, dès lors que le dispositif de contournement n'est pas situé en fin d'impasse, qu'il engendrera des difficultés de circulation compte tenu de sa position et qu'il empiète sur les espaces verts du parking et le trottoir.
Par des mémoires en défense enregistrés les 17 mars, 25 avril et 30 août 2023, la société civile de construction-vente (SCCV) ADN Cornebarrieu 1, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée à la commune de Cornebarrieu, qui n'a pas produit d'observations.
Par une ordonnance du 15 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 octobre suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frindel ;
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public ;
- les observations de Me Got, représentant les requérants ;
- et les observations de Me Köth, représentant la SCCV ADN Cornebarrieu 1.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 mai 2022, la société civile de construction-vente (SCCV) ADN Cornebarrieu 1 a déposé une demande de permis de construire en vue de la création d'un ensemble de 8 bâtiments, 51 logements et 105 places de stationnement, avec conservation d'une maison existante, sur un terrain situé au 70, route de Pibrac à Cornebarrieu (31). Par un arrêté du 26 juillet 2022, le maire de Cornebarrieu a délivré le permis sollicité. Par une décision du 7 novembre 2022, il a rejeté le recours gracieux formé le 23 septembre 2022 contre cet arrêté par MM. A et B C, voisins du projet. Le 14 avril 2023, la société pétitionnaire s'est vue délivrer un permis de construire modificatif. Par la présente requête, MM. A et B C demandent au tribunal l'annulation des arrêtés des 26 juillet 2022 et 14 avril 2023, ainsi que de la décision du 7 novembre 2022 rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés ".
3. Les requérants soutiennent qu'en raison de la présence de jardins privatifs, l'opération en litige aurait dû faire l'objet d'une demande de permis de construire valant autorisation de diviser, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme. Toutefois, et ainsi qu'il ressort du plan de masse modifié, le projet, tel qu'autorisé par le permis de construire modificatif du 14 avril 2023, ne comporte plus de clôtures entre les jardins des différents logements, si bien qu'ils ont perdu leur caractère privatif. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le point 3 de l'article UC1 du règlement écrit du PLU de Cornebarrieu interdit " les ensembles d'habitations en l'absence de raccordement à un réseau d'assainissement collectif () ".
5. Il ressort tant du plan des travaux d'assainissement joint à la demande de permis de construire que de l'avis favorable émis le 22 juin 2022 par " Eau de Toulouse Métropole ", que les immeubles autorisés seront raccordés aux réseaux d'eaux pluviales et usées, avec un branchement possible route de Pibrac. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet ne prévoit aucun raccordement au réseau d'assainissement collectif en méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté comme manquant en fait.
6. En troisième lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions du préambule de la zone UC, selon lesquelles " le PLU maintient et autorise un développement léger de l'habitat ", dès lors qu'elles sont insuffisamment précises et, par suite, dépourvues de valeur règlementaire. En tout état de cause, et comme il vient d'être dit, l'article UC1 du PLU de Cornebarrieu n'interdit pas la construction d'ensembles d'habitations.
7. En quatrième lieu, selon le point 2.2. de l'article UC3 du règlement du PLU de la commune, les voies non ouvertes à la circulation publique " doivent être aménagées afin de permettre aux usagers de faire aisément demi-tour et répondre aux caractéristiques techniques permettant l'accès et la manœuvre des moyens de secours ". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
8. En l'espèce, le plan de masse du projet autorisé par le permis de construire modificatif du 14 avril 2023 matérialise une aire de retournement à l'intersection de deux allées internes desservant les différents immeubles de l'opération. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, les dispositions précitées de l'article UC3 du règlement du PLU de Cornebarrieu n'imposaient pas la création d'un dispositif spécifique de retournement à l'extrémité de la voie interne principale. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la largeur de chaussée des différentes allées internes, égale à cinq mètres, permet aisément aux véhicules de faire demi-tour à leurs intersections, sans risque particulier pour les automobilistes ou les piétons. Enfin, la circonstance, à la supposer établie, que les engins de lutte contre l'incendie soient contraints d'empiéter sur le chemin piétonnier aménagé le long de ces voies internes, ou sur les espaces verts, afin de manœuvrer, n'est pas, compte tenu de la faible récurrence de ces interventions, de nature à caractériser une méconnaissance des dispositions précitées ni à créer un danger particulier, alors d'ailleurs que le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Haute-Garonne a, le 3 août 2022, rendu un avis favorable au projet sans prescription. Par suite, et sans que les requérants ne puissent utilement se prévaloir des recommandations du SDIS relatives aux caractéristiques techniques des aires de retournement, qui sont dépourvues de toute portée normative, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées du point 2.2. de l'article UC3 du règlement du PLU de la commune et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
9. En cinquième lieu, le point 4.3. de l'article UC4 du règlement du PLU de Cornebarrieu dispose : " Un local réservé au stockage des containers d'ordures ménagères et tri sélectif sera prévu dans les opérations d'ensemble de constructions à usage d'habitation et d'activités. Il devra être intégré aux bâtiments ou à défaut, s'intégrer au plan de masse et au paysage ".
10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, s'il n'est pas intégré à l'un ou l'autre des bâtiments d'habitation, le local de stockage des ordures ménagères, représenté notamment sur le plan de masse, sera situé dans une annexe dédiée, proche de la voie d'accès du projet. Par son toit recouvert de tuiles et, dans la version autorisée par l'arrêté du 14 avril 2023, la teinte chaux naturelle de l'enduit de ses façades, il reprend les principes architecturaux des autres immeubles de l'ensemble. En outre, compte tenu de la sobriété de ses volumes, de sa hauteur réduite et de la présence de végétation, qui le dissimulera partiellement depuis la voie publique, il s'intègre dans le paysage. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UC4 du règlement du PLU doit donc être écarté.
11. En sixième lieu, selon l'article UC7 du règlement du PLU de Cornebarrieu, " toute construction doit être implantée à une distance des limites séparatives de l'unité foncière au moins égale à la moitié de sa hauteur et toujours supérieure ou égale à 2 mètres ".
12. Si les requérants soutiennent qu'en tenant compte des débords de toit, les bâtiments A et B s'implantent à une distance " manifestement inférieure à la moitié de leur hauteur " de la limite séparative nord, il ressort du plan de masse modifié que ces débords de toiture en pignon ont été supprimés par le permis modificatif accordé le 14 avril 2023. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent est inopérant et doit donc être écarté.
13. En septième lieu, aux termes de l'article UC10 du règlement du PLU de la commune : " La hauteur des constructions ou installations ne peut excéder, en tout point par rapport au terrain naturel, 6,50 mètres sur sablière ou à l'acrotère en cas de couverture horizontale. / Au-dessus de cette hauteur, peuvent s'ajouter dans une limite de 3,50 mètres les ouvrages techniques nécessaires au bon fonctionnement des bâtiments et les éléments architecturaux singuliers (pigeonniers, ) limités à 10 % de l'emprise de la construction ". Ces dispositions ne font pas obstacle à l'aménagement de combles, quelles que soient leurs dimensions, à l'intérieur d'un bâtiment recouvert d'une toiture à pente unique, à condition toutefois que la hauteur de la construction, mesurée en tout point par rapport au terrain naturel, n'excède pas 6,50 mètres sur sablière du côté de la pente du toit.
14. En l'espèce, les requérants ne contestent pas que la sablière des toitures mono-pente, qui recouvrent la partie centrale des bâtiments F et G, est située, au plus, à 6,50 mètres par rapport au terrain naturel. Ils soutiennent cependant que l'aménagement de combles au-dessus du niveau de cette poutre, dont ils font valoir qu'ils ne constituent pas des ouvrages techniques nécessaires au bon fonctionnement des bâtiments ni des éléments architecturaux singuliers, ne respecte pas les dispositions citées au point précédent. Toutefois, ces combles ne sauraient être regardés comme un élément de construction venant accroître la hauteur des immeubles en cause, mais comme un aménagement intérieur de ces bâtiments, réalisé sous la toiture à pente unique. Par suite, et alors que de tels aménagements intérieurs ne sont pas interdits par le PLU de la commune de Cornebarrieu, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions précitées ont été méconnues. Le moyen doit donc être écarté.
15. En huitième lieu, aux termes du point 1.1. de l'article UC11 du règlement du PLU de la commune : " Les constructions doivent être adaptées au caractère du village et conformes, par leur forme et leurs matériaux, à l'architecture traditionnelle de la région ".
16. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige se situe en limite de la zone UC, correspondant à un habitat essentiellement individuel réalisé en ordre discontinu, et qu'il s'implante à proximité immédiate de l'entrée de la zone d'aménagement concerté (ZAC) de " Monges Croix du Sud ". Son environnement proche se caractérise, au nord et au nord-est, par des terres libres de toute construction, à l'ouest et au sud-ouest, par des parcelles bâties avec maisons d'habitation traditionnelles et, au sud-est, de l'autre côté de la route de Pibrac, par la résidence " le Clos Anatalia ", composée de plusieurs ensembles d'immeubles collectifs et de villas individuelles construits récemment. S'il mélange architecture contemporaine, d'une part, avec ses décrochés de façade et le choix de toits terrasse et de toitures à pente unique pour les immeubles collectifs F et G, et style plus traditionnel, d'autre part, caractérisé par l'utilisation de tuiles canal sur toits bi-pente pour les villas et le choix de coloris " chaux naturelle " pour les façades, il s'inspire, comme le fait valoir la société pétitionnaire, du style architectural de l'opération voisine précitée, déjà réalisée et située également en zone UC. En outre, bien que supérieur à celui des maisons d'habitation traditionnelles, le volume des bâtiments collectifs restera néanmoins limité, en R+1 avec combles. A cet égard, la séquence de pignons de ces deux immeubles sera peu visible depuis l'espace public, compte tenu de son orientation et de la bande boisée prévue le long de la route de Pibrac. Plus généralement, le projet, qui épouse la pente naturelle du terrain, prévoit la plantation de nombreux arbres améliorant son intégration dans le paysage et permettant de le dissimuler partiellement depuis la voie publique. Dans ces conditions, compte tenu de la localisation particulière du projet, qui s'implante à plus d'1,7 km du village historique de Cornebarrieu et à proximité immédiate de la ZAC " Monges Croix du Sud ", dont l'urbanisation comporte la réalisation de plusieurs opérations d'ampleur de style contemporain, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les constructions projetées par la SCCV ADN Cornebarrieu 1 méconnaissent les dispositions rappelées au point précédent.
17. En neuvième lieu, selon le point 1.2. de l'article UC11 du PLU de la commune : " () Les toitures-terrasses pourront être autorisées sous réserve d'être végétalisées () ". Ces dispositions imposent la végétalisation des toitures-terrasses, qu'elles soient ou non accessibles aux résidents.
18. Il ressort des pièces du dossier que le dernier niveau de chacun des bâtiments F et G est constitué d'un îlot central recouvert d'une toiture mono-pente, entouré sur ses quatre côtés d'un toit-terrasse divisé en plusieurs terrasses accessibles aux résidents. Selon les plans de façade et la vue d'implantation des volumes de la notice descriptive, des végétaux seront présents sur ces terrasses. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet ne prévoit pas la végétalisation des toitures-terrasses et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit donc être écarté.
19. En dixième lieu, selon le point 1.3. de l'article UC11, relatif aux coloris des constructions, " les enduits doivent être soit laissés couleur chaux naturelle, soit teintés couleur sable, brique crue, ocre léger, ou toute teinte s'harmonisant avec la teinte des constructions traditionnelles () ".
20. Si les requérants soutiennent que l'enduit des façades des différents bâtiments litigieux, de couleur très claire virant sur le blanc, ne s'harmonisera pas avec la teinte des constructions traditionnelles, ce vice a été régularisé par le dépôt de la demande de permis de construire modificatif ayant donné lieu à l'arrêté du 14 avril 2023 précité, le projet prévoyant désormais, ainsi qu'il a été dit, l'emploi d'enduits de teinte " chaux naturelle ". Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit donc être écarté.
21. En onzième lieu, le point 2.2. de l'article UC13 du règlement du PLU de la commune dispose : " Tout arbre abattu ou détérioré doit être remplacé par une plantation, au moins équivalente pour les arbres de qualité et d'intérêt remarquable ".
22. Les requérants soutiennent qu'en application de ces dispositions, la suppression de six arbres de haute tige appartenant au cordon boisé longeant l'avenue Jean Mermoz, rendue nécessaire par l'élargissement de l'accès au nouvel ensemble, impose leur remplacement par la plantation d'un même nombre d'arbres équivalents au sein de cette " coulée verte ", et non ailleurs sur le terrain d'assiette du projet. Toutefois, les dispositions précitées laissent le pétitionnaire libre de choisir le lieu de plantation des arbres de remplacement sur le terrain d'assiette du projet. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que les six arbres supprimés constituent des arbres de qualité et d'intérêt remarquable au sens de ces dispositions, justifiant leur remplacement par des plantations de qualité équivalente. Enfin, il ressort du plan de masse que l'équivalent du double de ces arbres sera ajouté au nombre réglementaire de plantations prévues par l'opération. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent ne peut qu'être écarté.
23. En douzième et dernier lieu, le point 3 " Plantations d'alignement le long des voies de circulation " de l'article UC13 du règlement du PLU de Cornebarrieu dispose : " Les voies ayant une emprise d'au moins 15 mètres doivent être plantées, sur chaque côté de la chaussée, d'arbres d'alignement de haute tige tous les 10 mètres. / Les voies ayant une emprise de 10 à 15 mètres doivent être plantées, sur un des côtés de la chaussée, d'arbres d'alignement de haute tige tous les 10 mètres ".
24. Il ressort des plans joints aux dossiers de demande de permis de construire que les voies internes du futur ensemble ont une emprise inférieure à dix mètres. Par suite, les dispositions citées au point précédent ne sont pas applicables au projet. Le moyen, tiré de ce que la société pétitionnaire aurait dû prévoir la plantation d'arbres de haute tige le long de la voie principale de circulation interne au niveau des bâtiments A, B, C, F et G, doit donc être écarté comme inopérant.
25. Il résulte de tout ce qui précède que MM. C ne sont pas fondés à demander l'annulation des permis de construire des 26 juillet 2022 et 14 avril 2023 et de la décision du 7 novembre 2022 rejetant leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
26. Il résulte de l'article L. 761-1 du code de justice administrative que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont le requérant était fondé à soutenir qu'elle était illégale et dont il est, par son recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à sa charge ou à rejeter les conclusions qu'il présente à ce titre.
27. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter les conclusions présentées par MM. C et par la SCCV ADN Cornebarrieu 1 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de MM. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SCCV ADN Cornebarrieu 1 sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à MM. A et B C, à la société civile de construction-vente ADN Cornebarrieu 1 et à la commune de Cornebarrieu.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
M. Frindel, conseiller,
Mme Lucas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.
Le rapporteur,
T. FRINDEL
La présidente,
V. POUPINEAULa greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026