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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2300201

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2300201

mardi 17 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2300201
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGONTIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 12 et 16 janvier 2023, Mme C D, représentée par Me Gontier, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 11 janvier 2023 par lequel le préfet du Var l'a obligée à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et l'a interdite de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet du Var de réexaminer sa situation dans le délai de huit jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès ainsi que la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- le préfet n'a pas respecté la procédure du contradictoire ;

- elle méconnait le droit d'être entendue ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle présente une attestation de demande d'asile et que le préfet s'est abstenu d'interroger le fichier Eurodac qui aurait permis de vérifier son identité et de prendre connaissance de sa demande d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est contraire aux dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 n° 2000/321 ;

- elle méconnait le droit d'être entendue ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation et/ou d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle porte atteinte à son droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants tel que protégé par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- le préfet n'a pas respecté la procédure du contradictoire ;

- elle méconnait son droit d'être entendue ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 511-1-III du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est de nature à comporter pour sa situation personnelle et familiale des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;

Par des pièces et un mémoire en défense enregistrés les 16 et 17 janvier 2023, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Cambon substituant Me Gontier, représentant Mme D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que la requérante est ressortissante bosnienne, qu'elle dit être entrée en France en 2012, qu'elle a une ancienneté au séjour qui est établie par les précédentes demandes d'asile qu'elle a présentées, que la requérante a six enfants dont trois sont sur le territoire, qu'elle s'en est prévalue lors de son audition mais aussi lorsqu'elle a demandé l'asile, que la préfecture ne produit ni les rejets d'asile ni la précédente obligation de quitter le territoire français de 2020, qu'elle doit se voir accorder du temps pour quitter le territoire français, que la préfecture ne s'est pas inquiétée de la vie privée et familiale de Mme D et n'a pas procédé aux vérifications qui s'imposaient s'agissant de sa vie familiale, que cela pose difficulté au regard de la motivation, de l'erreur manifeste d'appréciation, du délai de départ volontaire, que la requérante avait un rendez-vous le 17 août 2022 pour déposer une demande de réexamen de sa demande d'asile, qu'elle n'a pas pu présenter à ce rendez-vous pour des raisons de santé, que la préfecture devait tenir compte de son intention de demander l'asile, que cela ne lui ouvre pas droit au séjour mais cette circonstance témoigne de ce que la préfecture a examiné très rapidement la situation de la requérante, que le refus de délai et l'interdiction de retour sur le territoire français sont disproportionnés,

- les observations de Mme D, assistée de Mme A, interprète en italien, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- le préfet du Var n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, née le 5 novembre à Cetinje (Montenegro), de nationalité bosnienne, a déclaré être entrée en France pour la première fois il y a vingt ans. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile par une décision du 12 avril 2012 ainsi que sa demande de réexamen par une décision du 29 mars 2019. Par un arrêté du 11 janvier 2023, le préfet du Var l'a obligée à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par sa présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, la décision attaquée, qui comporte l'exposé des faits et des considérations de droit sur lesquels elle se fonde, est suffisamment motivée.

4. En deuxième lieu il résulte des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure auxquelles sont soumises les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Dès lors, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peuvent être utilement invoquées.

5. En troisième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient donc aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. En outre, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme D a été entendue par les services de police le 10 janvier 2023, préalablement à l'édiction de la décision contestée et a été informée à cette occasion de ce qu'elle était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement. En tout état de cause, elle ne justifie pas d'éléments pertinents susceptibles d'influer sur le sens de la décision et dont elle n'aurait pu se prévaloir auprès du préfet. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

7. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de Mme D avant de prononcer la mesure d'éloignement en litige. En particulier, si l'intéressée soutient que l'autorité préfectorale n'a pas tenu compte de la présence de ses enfants sur le territoire français, il ressort, toutefois, des pièces du dossier que les services de police ont procédé à des vérifications au domicile, que la requérante avait déclaré, permettant d'établir qu'il s'agissait d'un squat où ne vivaient pas ses enfants. Par suite, le moyen sera écarté.

8. En cinquième et dernier lieu, Mme D soutient que l'autorité préfectorale aurait commis une erreur de droit dès lors qu'elle présente une attestation de demande d'asile et que le préfet était tenu d'interroger le fichier Eurodac afin de procéder à la vérification de son identité et de prendre connaissance de cette demande. Toutefois, à l'appui de ses allégations, Mme D se borne à produire une " convocation pour l'enregistrement de la demande d'asile " qui lui a été remise par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes pour un rendez-vous le 17 août 2022 à 8 heures 30. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle se serait effectivement présentée à ce rendez-vous et que lui aurait été remise une attestation de demande d'asile lui donnant droit au maintien sur le territoire français. Enfin, contrairement à ce que soutient la requérante, les services de la préfecture, qui ont procédé à la consultation du fichier TelemOfpra, laquelle n'a fait apparaître aucune demande d'asile en cours, n'étaient pas tenus, préalablement à l'édiction de l'arrêté litigieux, d'interroger le fichier Eurodac. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

9. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est par suite suffisamment motivée.

10. En deuxième lieu, Mme D ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, abrogées par l'article 6 de l'ordonnance du 23 octobre 2015 relative aux dispositions législatives du code des relations entre le public et l'administration.

11. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaît le droit d'être entendu tiré des principes généraux du droit de l'Union européenne.

12. En quatrième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

13. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5.".

14. En l'espèce, la requérante ne présente pas de documents d'identité ou de voyage en cours de validité et ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Mme D a déclaré son intention de ne pas se conformer à l'obligation de quitter le territoire français lors de son audition par les services de police. Enfin, le préfet ne s'étant pas fondé sur la soustraction de Mme D à une précédente mesure d'éloignement pour lui refuser un délai de départ volontaire, celle-ci ne saurait faire grief à l'administration de ne pas avoir versé à l'instance l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre par le préfet de l'Hérault le 28 septembre 2020. Dans ces conditions, et en l'absence de circonstances particulières, le préfet a pu, sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation de la situation de la requérante, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

15. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est par suite suffisamment motivée.

16. En second lieu, selon les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines et traitements inhumains et dégradants. ". Et selon l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Il appartient à l'étranger qui conteste son éloignement de démontrer qu'il y a des raisons sérieuses de penser que, si la mesure incriminée était mise à exécution, il serait exposé à un risque réel de se voir infliger des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

17. Mme D n'apporte aucune précision quant aux risques auxquels elle soutient être exposée en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la requérante, dont la demande d'asile et la demande de réexamen ont été rejetées par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 12 avril 2012 et le 29 mars 2019, n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée méconnaîtrait les stipulations et dispositions citées au point précédent. Pour les mêmes motifs, il y a également lieu d'écarter les moyens tirés du défaut d'examen et de l'erreur manifeste d'appréciation dirigés contre la décision fixant le pays de renvoi.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. Selon l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixé par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Par ailleurs, en vertu de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

19. Pour interdire Mme D de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, le préfet du Var s'est notamment fondé sur la circonstance que l'intéressé a fait l'objet d'un arrêté du 28 septembre 2020 portant obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de l'Hérault auquel elle n'a pas déféré. La requérante soutient, cependant, n'avoir jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Si le préfet mentionne ce précédent arrêté dans les termes de la décision attaquée, il ne produit ni l'arrêté en question ni ne justifie de sa notification à l'intéressée. De plus, le préfet a retenu que Mme D ne constituait pas une menace pour l'ordre public. Dans ces circonstances, en fixant la durée de l'interdiction de retourner sur le territoire français à deux ans, le préfet a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation de la situation de la requérante.

20. Il résulte de ce qui précède que Mme D est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 11 janvier 2023 en tant qu'il porte interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Gontier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Gontier de la somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

23. Enfin, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par Mme D sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Mme D est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du préfet du Var notifié le 11 janvier 2023 est annulé en tant seulement qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme D à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Gontier à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Gontier la somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à la requérante, la somme de 1 000 euros lui sera directement versée.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à Me Gontier et au préfet du Var.

Lu en audience publique le 17 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

F. B La greffière,

A. BACH

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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