mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2300244 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DIAKA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 janvier 2023, M. B, Ahmed, Mohamed A, représenté par Me Diaka, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entaché d'incompétence ;
- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors que le préfet ne pouvait lui refuser la délivrance du titre de séjour en se fondant, d'une part, sur la tardiveté de la demande de renouvellement sans examiner s'il remplissait les conditions pour en bénéficier, et d'autre part, sur l'absence de progression et de sérieux dans les études poursuivies ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation sur l'absence de progression et de sérieux dans les études poursuivies ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité qui affecte la décision portant refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A bénéficie de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Soddu a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, Ahmed, Mohamed A, ressortissant égyptien, est entré sur le territoire français le 3 septembre 2019 sous couvert d'un passeport en cours de validité revêtu d'un visa long séjour " étudiant " valable du 20 août 2019 au 20 août 2020. Il a bénéficié à compter du 17 septembre 2020, d'une carte de séjour temporaire d'un an portant la mention étudiant, valable jusqu'au 16 septembre 2021. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2022, par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme E D, directrice des migrations et de l'intégration, qui disposait, aux termes de l'arrêté du 6 avril 2022 publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 31- 2022 - 137 de la préfecture de la Haute-Garonne et consultable sur le site internet de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer, notamment tous actes ou arrêtés relevant des attributions de sa direction en ce qui concerne les matières relevant du ministère de l'intérieur. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60% de la durée de travail annuelle ".
4. Aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Aux termes de l'article R. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un étranger présente, après l'expiration du délai de renouvellement du titre qu'il détenait précédemment, une nouvelle demande de titre de séjour, cette demande de titre doit être regardée comme une première demande à laquelle la condition de la détention d'un visa de long séjour peut être opposée.
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A s'est maintenu irrégulièrement en France pendant un peu moins de huit mois à l'expiration du titre de séjour portant la mention " étudiant " qui lui avait été délivré, sans qu'il n'ait sollicité ni le renouvellement de son titre de séjour " étudiant " ni le changement de son statut dans les deux mois précédant l'expiration de son titre de séjour. Par suite, la demande de renouvellement qu'il a présentée le 5 mai 2022 doit être regardée comme une première demande. Si M. A soutient qu'il n'a pas été en mesure de procéder à cette demande de renouvellement compte tenu de la crise sanitaire et du confinement, cette circonstance ne peut justifier la tardivité de sa demande, dans la mesure ou contrairement aux allégations du requérant, à la date où il devait présenter sa demande de renouvellement, aucun confinement n'était en vigueur en France et il pouvait en tout état de cause bénéficier du téléservice.
6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A, est entré en France en 2019, s'est inscrit en première année de licence mécanique au titre de l'année universitaire 2019-2020 et a été ajourné. Ayant renouvelé son inscription pour ce cursus il a, à nouveau, été ajourné au titre de l'année universitaire 2020-2021. Il s'est par la suite réorienté et s'est inscrit en première année de licence de sociologie au titre de l'année universitaire 2021-2022, qu'il n'a pas validée. Si le requérant soutient que ses échecs s'expliquent par des problèmes de santé mentale il n'apporte aucune justification à l'appui de ses allégations. S'il invoque également le contexte de crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, cette circonstance, qui a concerné l'ensemble de la population estudiantine, n'est en tout état de cause pas de nature à justifier ses échecs répétés après 2020. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que le cursus de M. A, marqué par de nombreuses absences et des résultats médiocres, ne démontre pas de progression à la date de la décision contestée. L'intéressé ne peut utilement se prévaloir d'une inscription en première année de licence de sociologie au titre de l'année universitaire en 2022-2023, de deux justificatifs d'assiduité dans le rendu de devoirs, et d'un document fixant le découpage par ordre alphabétique pour l'examen du 5 janvier 2023, dès lors que ces documents sont postérieurs à la décision attaquée et ne sont dès lors pas de nature à justifier une progression dans le parcours universitaire au titre de l'ensemble de la période concernée. Par suite, en refusant d'accorder le titre de séjour sollicité, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur de droit et n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
7. En troisième lieu, pour les mêmes motifs, il ressort des pièces du dossier que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
8. Il résulte de ce qui précède que M. A, qui n'a pas établi l'illégalité du refus de délivrance du droit au séjour qui lui a été opposé, n'est pas fondé à l'invoquer, par voie d'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 6 septembre 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
10. Les conclusions à fin d'annulation de M. A étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d'injonction sous astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
11. Les conclusions de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B, Ahmed, Mohamed A, à Me Diaka et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026