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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2300250

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2300250

vendredi 20 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2300250
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCAPDEVIELLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 janvier 2023, M. H A, représenté par Me Capdevielle, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de renvoyer les conclusions aux fins d'annulation de la décision du préfet de la Haute-Garonne en date du 13 janvier 2023 portant retrait de la carte de séjour pluriannuelle et obligation de restitution dudit titre devant la formation collégiale du tribunal de céans ;

3°) d'annuler l'arrêté en date du 13 janvier 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès et la somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, de lui verser cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant retrait de la carte de séjour pluriannuelle et obligation de restitution dudit titre :

- elle est entachée d'un défaut de compétence de son auteur ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de compétence de son auteur ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle porte une atteinte à sa vie privée et familiale tel dont le respect est garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les observations de Me Capdevielle, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins, abandonne les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et soutient que les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen car à la suite de son hospitalisation, le requérant s'est retrouvé sans domicile fixe, qu'il a perdu tous ses documents, qu'il a considéré à tort qu'il pouvait prendre une année sabbatique, avant de reprendre ses études, qu'au vu de la durée de séjour du requérant, et ses études, la décision portant retrait mais aussi l'obligation de quitter le territoire français sans délai et l'interdiction de retour sur le territoire français sont disproportionnées, que s'agissant du comportement, outre l'altercation avec le maître de stage, M. A n'a fait l'objet d'aucune condamnation,

- les observations de M. A, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- les observations de Mme B, représentant le préfet de la Haute-Garonne, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que s'agissant de la compétence, le préfet est toujours en l'état M. C, que sur le fond, M. A n'a certes pas été condamné, mais il est poursuivi pour cinq faits différents récents, de violence contre les personnes, de rébellion, de menace de mort et d'atteinte aux biens, qu'une ordonnance pénale a été prise, que M. A a été convoqué pour une reconnaissance préalable de culpabilité à laquelle il ne s'est pas présenté, que c'est donc à bon droit qu'un refus de délai de départ volontaire a été adopté, que la plainte de l'entreprise où il a été en stage figure également au dossier, qu'il a de ce fait été exclu de l'université, qu'en toute hypothèse, il ne s'est pas réinscrit à l'université et qu'une hospitalisation d'un mois ne saurait justifier cette absence de réinscription,

Considérant ce qui suit :

1. M. A, né le 26 juin 1998 à Muscat (Oman), de nationalité marocaine, est entré régulièrement sur le territoire français en août 2017. Il s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle en qualité d'étudiant valable du 27 octobre 2020 au 26 octobre 2023. Par un arrêté du 13 janvier 2023, le préfet de la Haute-Garonne a retiré sa carte de séjour pluriannuelle, l'a obligé à restituer ledit titre, l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par sa présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur l'étendue du litige :

3. Il résulte des dispositions des articles L. 614-8 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, qu'en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence du requérant, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français, dont il pourrait être saisi. Toutefois, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision relative au séjour. Ainsi, il n'y a lieu de statuer que sur les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation des décisions du 13 janvier 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour pour une durée de trois ans ainsi que sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 dont elles sont assorties. En revanche, les conclusions dirigées contre la décision du 13 janvier 2023 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a procédé au retrait du titre de séjour dont était titulaire M. A et l'a obligé à restituer ledit titre doivent être renvoyées devant une formation collégiale du tribunal administratif de Toulouse.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, par un arrêté en date du 18 octobre 2022, publié le même jour au recueil administratif spécial, M. F C, préfet de la Haute-Garonne a donné une délégation à Mme I G, directrice des migrations et de l'intégration, en matière de police des étrangers, et notamment pour signer les mesures d'éloignement et les décisions les assortissant. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C, nommé préfet de Gironde par un décret du 11 janvier 2023, aurait, à la date de l'arrêté attaqué, quitté ses fonctions dans le département de la Haute-Garonne ni que son successeur, M. E, nommé préfet de la Haute-Garonne par un décret du 11 janvier 2023, aurait effectivement pris ses fonctions. Dans ces conditions, la délégation de signature consentie par M. C à Mme G continuait à produire ses effets. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision vise les textes dont elle fait application, notamment le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les article 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle mentionne que M. A a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle en qualité d'étudiant valable du 27 octobre 2020 au 26 octobre 2023, qu'il est défavorablement connu des services de police pour des faits de violence ayant entrainé une incapacité de travail n'excédant pas huit jours et rébellion commis le 27 mai 2022, de menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un chargé de mission de service public le 16 juillet 2022 à Paris, de vol le 6 septembre 2022 à Roubaix et de violence sur une personne chargée de mission de service public sans incapacité le 7 septembre 2022 à Villeneuve-d'Ascq et qu'il ne justifie pas poursuivre des études pour l'année 2022-2023 ni de ressources suffisantes. Elle précise que l'intéressé ne déclare aucun lien personnel et familial en France caractérisés et n'a été autorisé à séjourner qu'en vue de la poursuite sérieuse de ses études, ce qui n'est pas le cas. Enfin, elle ajoute que les décisions ne contreviennent pas aux dispositions des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, l'autorité préfectorale a suffisamment motivé la décision portant obligation de quitter le territoire français.

6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation du requérant en ne mentionnant pas la date de son entrée sur le territoire français ni les deux titres de séjour obtenus antérieurement à son dernier titre de séjour valable du 27 octobre 2020 au 26 octobre 2023. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

7. En quatrième et dernier lieu, M. A est présent sur le territoire français, de manière régulière, depuis le 26 août 2017. Il soutient avoir poursuivi des études supérieures sérieuses, et que ce n'est qu'en raison d'une hospitalisation lors de sa quatrième année qu'il a été empêché de s'inscrire à la rentrée universitaire 2022/2023. Toutefois, le requérant ne produit aucune pièce permettant d'établir une quelconque hospitalisation ni ne démontre que son état de santé aurait obstacle à la poursuite de ses études. De plus, il ressort des pièces du dossier que M. A est défavorablement connu des services de police pour des faits de violence ayant entrainé une incapacité de travail n'excédant pas huit jours et rébellion commis le 27 mai 2022, de menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un chargé de mission de service public le 16 juillet 2022 à Paris, de vol le 6 septembre 2022 à Roubaix et de violence sur une personne chargée de mission de service public sans incapacité le 7 septembre 2022 à Villeneuve-d'Ascq. Enfin, M. A, célibataire et sans enfant, ne démontre pas qu'il aurait fixé le centre de ses intérêts privés en France ni qu'il serait dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

8. En premier lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, notamment les dispositions du 1° et 3° de l'article L. 612-2 et celles du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne avec une précision suffisante les considérations de faits sur lesquelles il repose, rappelant en particulier que le requérant a été interpellé à cinq reprises sur une période très brève pour des faits caractérisant une menace à l'ordre public et qu'il ne présente pas de garantie de représentation suffisante. Dès lors la décision est suffisamment motivée.

9. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

10. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le comportement de M. A constitue une menace pour l'ordre public eu égard la nature, à la gravité et au caractère répété des faits qui lui sont reprochés. De plus, lors de son audition par les services de police en date du 12 janvier 2023, il a déclaré être sans domicile fixe et ne disposer d'aucun documents d'identité. Dans ces conditions, M. A, qui ne justifie d'aucune circonstance particulière, n'est pas fondée à soutenir que le préfet a commis une erreur de droit ni une erreur d'appréciation de sa situation en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

12. En premier lieu, la décision fixant le pays de renvoi comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

13. En second lieu, il résulte de ce qui précède, que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

14. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les éléments de fait retenus par le préfet pour édicter à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée.

15. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été développé précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans doit être écarté.

16. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction prévue à l'article L. 612-11 ".

17. En l'espèce, si M. A est entré sur le territoire français depuis 2017, il ne justifie pas de liens d'une particulière intensité. De plus, il résulte de ce qui a été dit au point 7 du présent jugement que le comportement de M. A, qui a été interpellé à de nombreuses reprises en un laps de temps très bref et a été convoqué en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité à laquelle il ne s'est pas présenté, constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, et en l'absence même de précédente mesure d'éloignement, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'intéressé en l'interdisant de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Pour les mêmes motifs, la décision litigieuse n'est pas disproportionnée.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 13 janvier 2023.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Capdevielle la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

20. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision du 13 janvier 2023 procédant au retrait du titre de séjour et l'obligeant à restituer ce titre, ainsi que les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 qui s'y rapportent, sont renvoyées devant une formation collégiale du tribunal administratif de Toulouse.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. H A, à Me Capdevielle et au préfet de la Haute-Garonne.

Lu en audience publique le 20 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

F. D Le greffier,

B. ROETS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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