mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2300303 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUILLAUD-JUANCHICH MARION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Bouillaud-Juanchich, demande au tribunal d'annuler la décision du 29 novembre 2022 par laquelle préfet du Tarn lui a interdit temporairement d'exercer les fonctions visées aux articles L. 212-1, L. 223-1 et L. 322-1 du code du sport pendant une durée de deux ans à compter de la notification de l'arrêté.
Il soutient que :
- le préfet n'a pas respecté la procédure préalable contradictoire prévue par l'instruction n°06-1776 du 25 octobre 2006 ;
- le rapport communiqué est incomplet car il ne comporte pas les éléments du dossier, ne retranscrit pas les témoignages communiqués et ne fait état d'aucune proposition de mesure ;
- son droit à l'information dans le cadre d'une procédure contradictoire n'a pas été respecté, par suite, il n'a pas pu présenter des observations écrites ou orales le cas échéant ;
- il n'a pas pu accéder à son entier dossier, en contradiction notamment avec l'article 3 de la loi n°78-753 du 17 juillet 2018;
- l'avis rendu par la commission du conseil départemental de la jeunesse, des sports et de la vie associative est irrégulier dès lors que les rapporteurs ont siégé au CDJSVA ;
- l'arrêté contesté viole le principe de la présomption d'innocence ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation au vu de la disproportion entre les faits et la décision prise ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir du préfet qui s'est érigé en autorité judiciaire afin de le sanctionner en lieu et place de l'autorité judiciaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2023, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du sport ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mérard,
- et les conclusions de Mme Nègre- Le Guillou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B exerce les fonctions d'entraineur et éducateur sportif en athlétisme au sein d'antennes locales de l'ECLA d'Albi depuis 2017. A la suite d'un signalement auprès du club sportif Ecla, le préfet du Tarn a pris à son encontre un arrêté préfectoral portant interdiction temporaire d'exercer ces missions d'une durée de six mois. Le rapport final d'enquête administrative établi par le service départemental jeunesse, engagement et sports du Tarn a été transmis au conseil départemental de la jeunesse, des sports et de la vie associative (CDSJVA) lequel s'est réuni le 8 novembre 2022 en formation spécialisée en matière d'interdiction d'exercer. Ce dernier a émis un avis favorable au prononcé à l'encontre de M. B d'une mesure d'interdiction temporaire d'exercer de deux ans. Par un arrêté du 29 novembre 2022, le préfet du Tarn a interdit à l'intéressé d'exercer toutes les fonctions mentionnées aux articles L. 212-1, L. 223-1 et L. 322-1 du code du sport pour une durée de deux ans. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 212-13 du code du sport, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " L'autorité administrative peut, par arrêté motivé, prononcer à l'encontre de toute personne dont le maintien en activité constituerait un danger pour la santé et la sécurité physique ou morale des pratiquants l'interdiction d'exercer, à titre temporaire ou définitif, tout ou partie des fonctions mentionnées aux articles L. 212-1, L. 223-1 ou L. 322-7 ou d'intervenir auprès de mineurs au sein des établissements d'activités physiques et sportives mentionnés à l'article L. 322-1. / () Cet arrêté est pris après avis d'une commission comprenant des représentants de l'Etat, du mouvement sportif et des différentes catégories de personnes intéressées. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que pour assurer la protection des pratiquants d'une activité physique ou sportive, l'autorité administrative peut interdire à une personne d'exercer une activité d'enseignement, d'animation ou d'encadrement d'une telle activité, une mission arbitrale, une activité de surveillance de baignade ou piscine ouverte au public, ou d'intervenir auprès de mineurs au sein d'un établissement dans lequel sont pratiquées des activités physiques ou sportives, lorsque son maintien en activité " constituerait un danger pour la santé et la sécurité physique ou morale des pratiquants ". Les mesures d'interdiction prises sur le fondement de cet article, qui tendent à assurer le respect de l'ordre public et répondent à la nécessité de prévenir des risques pour la santé et la sécurité des personnes, ne constituent pas une sanction ayant le caractère de punition mais des mesures de police administrative.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a exercé les fonctions d'entraineur sportif depuis 2017 auprès d'enfants et d'adolescents en athlétisme. Si un premier signalement a été effectué le 14 mars 2022, ce n'est qu'à la suite du signalement par une jeune fille du 7 juin 2022, qui a par ailleurs déposé une plainte, qu'une enquête administrative a été diligentée, l'information transmise au procureur de la République et la formation restreinte du conseil départemental de la jeunesse, des sports et de la vie associative saisie pour avis. Il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport d'enquête administrative que trois jeunes filles mineures, dont l'identité est préservée et dont les témoignages ne sont pas produits, ont reproché, de manière concordante, des " gestes tactiles, oppressants, stressants, déplacés, ambigus ", faits qui auraient été commis entre 2020 et 2022. Si le requérant ne conteste pas être " tactile ", il réfute toute volonté malaisante et sexuelle, ce qui n'est pas contesté par les conclusions de l'enquête. Toutefois, eu égard aux témoignages concordants dénonçant le comportement inadapté de M. B et au dépôt de plainte, les faits sur lesquels s'est fondé le préfet du Tarn pour prendre l'arrêté contesté doivent être regardés comme constituant un risque pour la santé et la sécurité d'un public de mineurs pour justifier une interdiction temporaire d'exercer les fonctions d'éducateur sportif auprès de mineurs, mentionnées à l'article L. 212-1 du code du sport, et d'intervenir auprès de mineurs au sein des établissements d'activités physiques et sportives mentionnés à l'article L. 322-1 du code du sport.
5. Toutefois, le préfet a prononcé une interdiction d'exercer les fonctions d'entraîneur, d'arbitre ou de juge exerçant des missions arbitrales mentionnées à l'article L. 223-1 du code du sport ou celles mentionnées à l'article L. 322-1 du code du sport, à l'égard de tout public, alors au surplus que les dispositions de l'article L. 212-13 du code du sport prévoient seulement que l'autorité administrative peut prononcer l'interdiction d'intervenir auprès de mineurs au sein des établissements d'activités physiques, alors que les éléments du dossier ne sont pas suffisants pour considérer que le maintien en activité de M. B présenterait réellement des risques pour la santé et la sécurité physique ou morale de pratiquants adultes. Il s'ensuit qu'en prononçant une interdiction d'exercer toutes fonctions, pendant deux ans et à l'égard de tout public, le préfet a prononcé une mesure disproportionnée au regard de l'objectif d'intérêt général tenant à la protection de la santé et de la sécurité physique ou morale des pratiquants encadrés.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté par lequel le préfet du Tarn lui a interdit d'exercer les fonctions mentionnées aux articles L. 212-1, L. 223-1 et L. 322-1 du code du sport pendant une durée de deux ans, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Tarn du 29 novembre 2022 est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Tarn.
Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Mérard, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
B. MÉRARD
La présidente,
S. CAROTENUTOLa greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026