vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2300309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BENHAMIDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 janvier 2023, et un mémoire enregistré le 28 mars 2023, M. C A, représenté par Me Benhamida, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 décembre 2022 par lequel le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet du Tarn, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour d'une durée de dix ans dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'erreurs de fait dès lors qu'il est entré en France avec un visa D de plus de trois mois et non un visa C, qu'il a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " ressortissant UE ou membre de famille " d'une durée de 10 ans et réside en France depuis 14 ans sans interruption, qu'il est divorcé depuis le 13 juillet 2023 et non célibataire, sans enfant à charge, qu'il a étudié à l'université de Toulouse Capitole en 2020-2021 et a obtenu un Master 2 en Droit, Economie, Gestion, option Management des Entreprises ;
- la décision de refus de titre de séjour n'est pas suffisamment motivée en droit ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet du Tarn s'est borné à examiner ses droits au séjour au regard des articles L. 421-3 et L. 435- 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatifs à la délivrance du titre de séjour portant la mention " salarié " ou au regard de l'admission exceptionnelle au séjour alors qu'il a sollicité le renouvellement du titre de séjour qui lui a été délivré en qualité de membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'il a bénéficié d'une carte de séjour d'une durée de dix ans portant la mention " membre de famille B°1251/70 toutes activités professionnelles ", qui est renouvelable de plein droit en application de ces dispositions ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance des articles L. 251-2 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'il bénéficie d'un droit au séjour permanent au sens de l'article L. 251-2 et qu'il réside régulièrement en France depuis plus de quatorze ans ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de destination n'est pas suffisamment motivée.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juin 2023, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 17 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Dans cette affaire, la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Poupineau a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité marocaine, est entré en France le 27 janvier 2009, sous couvert d'un visa portant la mention " Famille D ", à la suite de son mariage avec une ressortissante allemande. Il a bénéficié ensuite d'un titre de séjour d'une durée de dix ans, valable jusqu'au 2 février 2019, en qualité de membre de famille d'un citoyen de l'Union Européenne. A la suite de son divorce en 2014, des titres de séjour d'une durée d'un an lui ont été délivrés jusqu'en novembre 2022. Par un arrêté du 7 décembre 2022, le préfet du Tarn a refusé de procéder au renouvellement de son dernier titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. A ne justifie pas avoir présenté de demande d'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle. Par suite, il n'y a pas lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français.
Les ressortissants de pays tiers, membres de famille, acquièrent également un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français à condition qu'ils aient résidé en France de manière légale et ininterrompue pendant les cinq années précédentes avec le citoyen de l'Union européenne mentionné au premier alinéa. Une carte de séjour d'une durée de validité de dix ans renouvelable de plein droit leur est délivrée. "
4. Ainsi qu'il a été dit au point 1, M. A, qui est entré régulièrement en France le 27 janvier 2009, a bénéficié d'un titre de séjour d'une durée de dix ans, valable du 3 février 2009 jusqu'au 2 février 2019, en qualité de membre de famille d'un citoyen de l'Union Européenne. A l'expiration de son titre de séjour, le préfet du Tarn lui a délivré une carte de séjour temporaire d'un an, toujours en qualité de membre de famille d'un citoyen de l'Union Européenne, qui a été renouvelée jusqu'en novembre 2022. Il ressort clairement des mentions du formulaire de demande de titre de séjour renseigné par M. A, que la demande qu'il a présentée le 30 septembre 2022 tendait au renouvellement de son dernier titre de séjour. Or, il ressort également des termes de l'arrêté contesté que le préfet du Tarn a instruit la demande de titre de séjour dont il était saisi sur le seul fondement des articles L. 421-3 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas examiné les droits au séjour de M. A au regard des dispositions de l'article L. 234-1 du même code, qui régissent les conditions de délivrance d'un titre de séjour aux membres de famille d'un citoyen de l'Union Européenne et dont l'intéressé s'était implicitement prévalu à l'appui de sa demande. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le préfet a entaché sa décision de refus de titre de séjour d'une erreur de droit.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 7 décembre 2022 par laquelle le préfet du Tarn a refusé de procéder au renouvellement de son titre de séjour, ainsi que, par voie de conséquence, des décisions du même jour portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, par lequel le tribunal fait droit aux conclusions à fin d'annulation présentées par M. A n'implique cependant pas, eu égard au motif d'annulation ci-dessus énoncé, que l'administration prenne une nouvelle décision dans un sens déterminé. Par suite, les conclusions du requérant tendant à ce que lui soit délivré un titre de séjour doivent être rejetées. Il y a seulement lieu d'enjoindre au préfet du Tarn de statuer à nouveau sur la situation de l'intéressé dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. M. A n'a pas obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocate ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du préfet du Tarn en date du 7 décembre 2022 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Tarn de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Tarn.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
La présidente-rapporteure,
V. POUPINEAU
L'assesseure la plus ancienne,
M. ROUSSEAU La greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°2300309
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026