vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2300437 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DERBALI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 25 et 26 janvier 2023, M. A E, représenté par Me Derbali, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2023 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Il soutient que :
- les décisions sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par des pièces et un mémoire en défense enregistrés les 25 et 27 janvier 2023, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Gamard substituant Me Derbali, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, et précise que le requérant a une compagne de nationalité française et que le couple a le projet de fonder une vie de familiale, que le requérant a été placé sous contrôle judiciaire pour se présenter à la Cour d'Assises, que ce contrôle l'oblige à demeurer sur le territoire français,
- les observations de M. E, assisté de M. C D, interprète en langue arabe, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant tunisien né le 29 avril 1988 à Ghardimaou (Tunisie), a fait l'objet d'un arrêté en date du 20 janvier 2023 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. E, par la présente requête, demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, l'arrêté attaqué précise les dispositions et stipulations dont il fait application, notamment le 1° et le 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il rappelle que le requérant ne justifie pas d'une entrée régulière en France et qu'il n'a effectué aucune démarche administrative afin de régulariser sa situation en France ou dans un autre Etat de l'espace Schengen. Il indique également que le comportement de l'intéressé, condamné par la cour d'assises le 26 juin 2020 pour violence aggravée et le 3 septembre 2020 par le tribunal correctionnel de Draguignan pour appels téléphoniques malveillants, constitue une menace pour l'ordre public. L'arrêté vise également l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise qu'il existe un risque de M. E se soustraie à cette obligation étant donné qu'il ne peut justifier être entré régulièrement, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il ne présente pas de garanties de représentation et qu'il a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. Il vise ensuite les articles L. 612-6 et L.612-10 et précise que compte tenu notamment de la menace à l'ordre public que représente le comportement de M. E, une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au regard de sa vie privée et familiale. Il indique, enfin, que l'intéressé ne justifie pas être exposé à des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Par conséquent, les décisions attaquées sont suffisamment motivées.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ". Aux termes de l'article L. 612-6 : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes, enfin, de l'article L. 612-10 : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction prévue à l'article L. 612-11 ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. E, entré irrégulièrement sur le territoire français, a été condamné par un arrêt d'assises du 26 juin 2020 à cinq ans d'emprisonnement criminel pour des faits de violence aggravée par deux circonstances suivie d'une incapacité supérieure à huit jours et violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours. Il a ensuite été condamné par un jugement du 3 septembre 2020 par le tribunal correctionnel de Draguignan à deux mois d'emprisonnement délictuel pour appels téléphoniques malveillants réitérés. Si M. E soutient qu'il réside de manière continue en France depuis 2008 et qu'il a une relation depuis plusieurs années avec une ressortissante française, avec laquelle il se déclare marié religieusement, il ne produit aucun élément probant de nature à établir l'ancienneté et l'intensité de sa relation, alors qu'il est incarcéré depuis le 26 juin 2020. Enfin, l'intervention d'une mesure d'éloignement à l'encontre de M. E n'a pas eu pour objet et ne saurait légalement avoir pour effet de soustraire l'intéressé à l'exécution de la mesure de contrôle judiciaire dont il soutient faire l'objet. Dans ces conditions, compte tenu de la menace à l'ordre public que représente le comportement de l'intéressé, qui ne justifie pas d'une intégration particulière en France, et alors que sa mère ainsi que ses trois sœurs et son frère résident en Tunisie, le préfet, en l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et en l'interdisant de retour sur le territoire pour une durée de deux ans, n'a pas entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de M. E.
5. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Var en date du 20 janvier 2023.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à Me Derbali et au préfet du Var.
Lu en audience publique le 27 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
F. B Le greffier,
B. GALAND
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026