mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2300443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ALLENE ONDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 janvier 2023, Mme C, représentée par Me Allene Ondo, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 avril 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiante ou de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros toutes taxes comprises à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision de refus de séjour :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de sa situation au regard notamment de l'article 9 de la convention franco-gabonaise de circulation et de séjour, de l'article 2 alinéa 2 de l'accord-cadre en matière d'enseignement supérieur du 30 avril 1960 et des circulaires du 26 mars 2002 et du 7 octobre 2008 ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord-cadre entre la République française et la République gabonaise en matière d'enseignement supérieur, signé le 30 avril 1971 à Libreville ;
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Paris le 2 décembre 1992 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la circulaire NOR INT/D/02/00073/C du 26 mars 2002 portant sur les conditions d'entrée et de séjour en France des étudiants étrangers et les modalités de renouvellement des cartes de séjour " étudiant " ;
- la circulaire NOR IMI/I/08/00042/C du 7 octobre 2008 portant sur l'appréciation du caractère réel et sérieux des études ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Héry a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante gabonaise née le 28 juin 2002, est entrée en France en dernier lieu le 12 janvier 2021 sous couvert d'un visa de long séjour " étudiant " valant titre de séjour valable du 28 décembre 2020 au 28 décembre 2021. Elle a sollicité le 18 janvier 2022 le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante. Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 28 avril 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Mme B ayant été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 décembre 2022, ses conclusions tendant à être admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent./ A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :/ 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En application des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "
4. La décision attaquée comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme B. Le préfet, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments de la situation de la requérante, a ainsi suffisamment motivé sa décision.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 9 de la convention du 2 décembre 1992 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise relative à la circulation et au séjour des personnes : " Les ressortissants de chacune des Parties contractantes désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants () ". Aux termes de l'article 12 de la même convention : " Les dispositions de la présente convention ne font pas obstacle à l'application des législations respectives des deux Parties contractantes sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par la convention. " L'article 14 de cette convention stipule : " La présente convention abroge toutes dispositions antérieures contraires () ". Aux termes de L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ".
6. Tout d'abord, il résulte des stipulations précitées de l'article 14 de la convention du 2 décembre 1992 que Mme B ne peut utilement se prévaloir des dispositions du décret du 12 avril 1972 portant publication de l'accord-cadre en matière d'enseignement supérieur entre la République française et la République gabonaise, signé à Libreville le 30 avril 1971, publié au Journal officiel du 22 avril 1972, et non pas comme indiqué de manière erronée dans la requête, signé le 30 avril 1960 et publié au Journal officiel du 22 avril 1962.
7. Ensuite, pour l'application des stipulations de l'article 9 de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992, il appartient à l'autorité administrative saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble des pièces du dossier et sous le contrôle du juge, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études sur le territoire français.
8. Mme B a présenté à l'appui de sa demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante une attestation d'inscription pour l'année scolaire 2021-2022 en première année de BTS communication, formation dispensée par l'institut " Adonis Distance ". Il ressort des pièces du dossier que la requérante s'était inscrite l'année universitaire précédente en première année de licence en langues étrangères appliquées à l'université Toulouse - Jean Jaurès, qu'elle n'a pas validée, ayant obtenu à la fin des deux semestres une moyenne globale de 3,2 sur 20. Son relevé de notes mentionne en outre un grand nombre d'absences injustifiées. Si Mme B soutient que son échec et ses absences sont la conséquence de difficultés de santé dues à une agression dont elle a été victime le 30 janvier 2021, elle ne justifie pas, par la seule production d'un certificat médical rédigé par un psychiatre le 26 septembre 2022 mentionnant qu'elle est suivie depuis avril 2021, d'une impossibilité de participer aux cours dispensés par l'université, alors au demeurant que de nombreuses absences injustifiées sont déjà relevées au cours du premier semestre de cette même année. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la formation envisagée, qui ne présente pas un caractère de cohérence avec la formation initialement suivie par la requérante, est dispensée exclusivement à distance. Pour l'ensemble de ces motifs, en refusant de renouveler son titre de séjour en qualité d'étudiante, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur dans l'appréciation de la situation de Mme B au regard des stipulations précitées de l'article 9 de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992.
9. En troisième et dernier lieu, Mme B ne peut utilement se prévaloir des dispositions de la circulaire du 26 mars 2002 des ministres de l'emploi et de la solidarité, de l'intérieur et de l'éducation nationale relative aux modalités de renouvellement des cartes de séjour " étudiant ", laquelle se borne à formuler des recommandations et est dépourvue de caractère impératif. Pour les mêmes motifs, elle ne peut pas non plus se prévaloir utilement des dispositions de la circulaire du 7 octobre 2008 des ministres chargés de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale, du développement solidaire et de l'enseignement supérieur et de la recherche.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour étant rejetées, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision attaquée en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour doit être écarté.
12. En second lieu, alors que la formation envisagée par Mme B est dispensée exclusivement à distance, la requérante ne peut sérieusement soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle au regard de la poursuite de son parcours universitaire.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision obligeant Mme B à quitter le territoire français doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Les conclusions à fin d'annulation de Mme B étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d'injonction doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
15. Les conclusions de Mme B tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de MmeBt tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à MmeCt, à Me Allene Ondo et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La présidente-rapporteure,
F. HÉRY
L'assesseure la plus ancienne,
N. SARRAUTE
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026