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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2300518

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2300518

mardi 31 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2300518
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantLABRO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 janvier 2023, M. D E, représenté par Me Labro, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 27 janvier 2023 par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou subsidiairement, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas octroyée, sur le seul fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- le préfet n'a pas respecté la procédure contradictoire en amont de l'édiction de la mesure ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et attentif de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- elle est de nature à comporter pour sa situation personnelle et familiale des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;

- elle porte à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été décidée ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est dépourvue de base légale dans la mesure où elle est justifiée par la décision du même jour portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et/ou d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est de nature à comporter pour sa situation personnelle et familiale des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;

Le préfet de l'Hérault a produit des pièces enregistrées le 30 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les observations de Me Labro, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que la préfecture fait état de ce qu'il a une compagne et un enfant en bas âge, qu'il en était déjà fait mention dans un arrêté d'éloignement antérieur, qu'il vit actuellement avec sa compagne et son enfant, que cependant à la date de son interpellation, ils ne pouvaient vivre ensemble faute de place dans le logement de sa compagne, que le centre des intérêts privés et familiaux de M. E est en France, que ni sa compagne ni sa fille ne sont de nationalité algérienne, que le préfet ne peut se fonder sur les seules déclarations de l'intéressé pour constater une violation du code du travail, que s'agissant de la menace à l'ordre public, il est indiqué que M. E aurait été mis en cause en 2020 et 2021 pour des faits de consommation de stupéfiants, que cependant la préfecture ne justifie d'aucune condamnation ni même ne produit le fichier TAJ, que ces deux mises en cause, non assorties de justificatifs, ne peuvent permettre de caractériser une menace à l'ordre public, que la préfecture, enfin, détient l'original de son passeport,

- les observations de M. E, assisté de M. B C, interprète en langue arabe, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- le préfet de l'Hérault n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, né le 27 avril 1996 à Ain Temouchent (Algérie), de nationalité algérienne, déclare être entré en France durant l'année 2018. Il a fait l'objet d'un arrêté du 15 octobre 2021 par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de six mois. Par un arrêté du 27 janvier 2023, le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Par sa présente requête, M. E demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, la décision attaquée vise l'ensemble des dispositions et stipulations, dont elle fait application, et en particulier le 1° et le 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle indique que M. E ne justifie pas d'une entrée régulière sur le territoire français, qu'il n'a jamais sollicité de titre de séjour, et qu'il travaille de manière illégale sans autorisation de travail ni titre de séjour en méconnaissance des dispositions de l'article L. 5221-5 du code de travail. Elle décrit sa situation, en particulier qu'il déclare, sans en apporter la preuve, avoir une concubine et un enfant en bas âge mais résider chez un cousin et que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables. Elle précise qu'il n'est ainsi pas porté atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale. La décision attaquée comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision litigieuse doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il résulte de l'ensemble des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, des décisions par lesquelles l'administration octroie ou refuse un délai de départ volontaire, fixe le pays à destination duquel il sera reconduit et lui interdit le retour sur le territoire français. Dès lors, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui fixent les règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du même code et prévoient notamment la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable à leur édiction, ne peuvent être utilement invoquées par M. E à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () / 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. E est entré irrégulièrement en France et s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. L'intéressé, interrogé le 26 janvier 2023, par les services de police sur ses moyens de subsistance, a déclaré qu'il travaillait " dans les marchés à La Paillade et dans les chantiers " et qu'il ne disposait pas d'une autorisation de travail valide. Ainsi, le préfet pouvait légalement se fonder sur les dispositions du 1° et du 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obliger M. E à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

7. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté, ni des autres pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux et attentif de la situation du requérant.

8. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. En l'espèce, si M. E soutient être le père d'un enfant né de sa relation avec une ressortissante marocaine, titulaire d'un titre de séjour pluriannuel valable jusqu'au 28 septembre 2023, il ne justifie ni de l'ancienneté, de la stabilité et de l'intensité de cette relation ni qu'il participerait à l'entretien et à l'éducation de son enfant, né le 9 décembre 2021, qu'il a reconnu seulement le 20 juin 2022, alors qu'il ressort de son audition par les services de police en date du 26 janvier 2023, qu'il a déclaré vivre chez son cousin depuis six mois. L'intéressé a fait l'objet d'un précédent arrêté du 15 octobre 2021, par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de six mois, qu'il n'a pas exécuté. Enfin, il n'est pas dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine où résident, selon ses déclarations, ses parents et sa fratrie. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige porterait à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été décidée. Pour les mêmes motifs, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ni qu'elle emporterait pour sa situation personnelle et familiale des conséquences d'une exceptionnelle gravité.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressé ne peut justifier être entré en France régulièrement et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il a déclaré explicitement son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français, qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il ne possède pas de garanties de représentation suffisantes. Par conséquent, elle est suffisamment motivée.

11. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est entachée d'aucune illégalité. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision portant refus de délai de départ volontaire serait dépourvue de base légale doit être écarté.

12. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet n'aurait pas examiné sérieusement la situation de M. E.

13. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

14. Le requérant a déclaré au cours de son audition du 26 janvier 2023, être entré irrégulièrement en France, ne pas avoir effectuer de démarches afin de régulariser sa situation administrative et il a déclaré explicitement qu'il ne se conformerait pas à son obligation de quitter le territoire français. De plus, il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée. Si le requérant soutient qu'il dispose d'un passeport qui serait en la possession de la préfecture depuis son placement en centre de rétention à Nîmes durant l'année 2021, il ne justifie pas, par la production d'une attestation d'hébergement rédigée pour les besoins de cause, d'une adresse permanente. Le préfet pouvait donc valablement considérer qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes. Dans ces conditions, le préfet de l'Hérault a pu légalement retenir qu'il existait un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Le requérant, qui ne justifie d'aucune circonstance particulière, n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit ou une erreur d'appréciation en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les éléments de fait retenus par le préfet pour édicter à l'encontre de M. E une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée.

16. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction prévue à l'article L. 612-11 ".

17. Si le préfet, pour prononcer l'interdiction de retour sur le territoire français a retenu que M. E représentait une menace pour l'ordre public en raison de son placement en garde à vue pour des faits de " détention de stupéfiants et port d'arme de catégorie D ", ces faits, dont il n'est pas soutenu qu'ils auraient donné lieu à des poursuites pénales, ne caractérisent pas en eux-mêmes un comportement menaçant l'ordre public. Cependant, il résulte de ce qui a été dit au point 8, que le requérant, entré en 2018 en France, ne justifie pas de liens d'une particulière intensité sur le territoire français. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement assortie d'une interdiction de retour sur territoire français de six mois. Enfin, il ne justifie pas de circonstances humanitaires qui feraient obstacle à ce que l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Dans ces conditions, le préfet de l'Hérault n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'intéressé en l'interdisant de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait de nature à comporter pour sa situation personnelle et familiale des conséquences d'une exceptionnelle gravité.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault en date du 27 janvier 2023.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Labro la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, à Me Labro et au préfet de l'Hérault.

Lu en audience publique le 31 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

F. A Le greffier,

B. GALAND

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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