mardi 21 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2300713 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SADEK |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 8 février 2022 sous le n° 2300713, M. A F, représenté par Me Sadek, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a retiré son titre de séjour et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui restituer le titre de séjour objet du retrait et d'en assurer le renouvellement à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur signataire ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;
En ce qui concerne la décision portant retrait du titre de séjour :
- elle ne pouvait être édictée sans saisine préalable de la commission du titre de séjour en application des dispositions des articles L. 432-13 et L. 432-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet n'a pas respecté les délais applicables en matière de retrait de titre de séjour ;
- le préfet n'a pas respecté le principe du contradictoire en ne recueillant pas ses observations avant l'édiction de la mesure ;
- il est protégé contre l'éloignement en qualité de membre de famille d'un ressortissant européen ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, car il n'est pas démontré que son comportement constituerait une menace pour l'ordre public ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant retrait du titre de séjour ;
- il ne pouvait faire l'objet d'une décision fixant le pays de renvoi sans qu'une décision portant obligation de quitter le territoire français soit édictée en amont ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;
- il est protégé contre l'éloignement en qualité de membre de famille d'un ressortissant européen ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, car il n'est pas démontré que son comportement constituerait une menace pour l'ordre public ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par des pièces et un mémoire en défense enregistrés les 15 et 16 février 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 9 février 2023, sous le n° 2300744, M. A F, représenté par Me Sadek, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 8 février 2023 portant assignation à résidence dans le département de la Haute-Garonne pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- la décision portant assignation à résidence est illégale en raison de l'illégalité des décisions du 27 juillet 2022 portant retrait de titre de séjour et fixant le pays de renvoi ;
- la décision portant retrait de titre de séjour est illégale, car elle ne pouvait être édictée sans saisine préalable de la commission du titre de séjour en application des dispositions des articles L. 432-13 et L. 432-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant retrait de titre de séjour est illégale, car le préfet n'a pas respecté les délais applicables en matière de retrait de titre de séjour ni le principe du contradictoire ;
- la décision portant fixation du pays de renvoi est illégale, car elle méconnaît les stipulations l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant fixation du pays de renvoi est illégale, car elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;
- les décisions du 17 juillet 2022 sont illégales, car il est protégé contre l'éloignement en qualité de membre de famille d'un ressortissant européen ;
- ces décisions sont illégales, car elles sont entachées d'une erreur d'appréciation en raison de ce qu'il n'est pas démontré que son comportement constituerait une menace pour l'ordre public ;
- ces décisions sont illégales, car elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision d'assignation à résidence est entachée d'un défaut de compétence de son signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle n'est pas nécessaire, car elle intervient six mois après la décision portant retrait de titre de séjour et la décision fixant le pays de renvoi sans qu'aucun événement postérieur à ces décisions ne soit intervenu ;
- elle n'est pas justifiée ;
- elle est disproportionnée au regard de sa durée et de ses modalités.
Par des pièces complémentaires et un mémoire en défense enregistrés les 15 et 16 février 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. G,
- les observations de Me Sadek, représentant M. F, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens,
- les observations de M. F, assisté de M. B D, interprète en arabe, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortissant algérien né le 31 décembre en 1982 à Benabdelmalek Ramdane (Algérie), a fait l'objet d'un peine complémentaire d'interdiction judiciaire du territoire français d'une durée de trois ans prononcée par un jugement du tribunal correctionnel de Toulouse du 12 avril 2021. Il s'est vu délivrer une carte de séjour en tant que membre de famille d'un ressortissant européen valable du 10 février 2022 au 9 février 2023. Par un arrêté du 27 juillet 2022, le préfet de la Haute-Garonne lui a retiré sa carte de séjour et a fixé le pays de renvoi en exécution de son interdiction judiciaire du territoire français. Par un arrêté du 8 février 2023, le préfet de la Haute-Garonne l'a assigné à résidence dans le département de la Haute-Garonne pour une durée de quarante-cinq jours.
2. Il y a lieu de joindre les requêtes n° 2300713 et n° 2300744 qui concernent la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". M. F a déposé le 13 janvier 2023 et le 9 février 2023 deux demandes d'aide juridictionnelle sur lesquelles il n'a pas été statué. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur la compétence du magistrat désigné :
4. Il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif, dans le cadre du présent litige, de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi de M. F en exécution de son interdiction judiciaire du territoire français et de la décision portant assignation à résidence. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de titre de séjour, ainsi que sur les conclusions accessoires dont elles sont assorties. Dès lors, il y a lieu de renvoyer ces dernières conclusions à une formation collégiale du tribunal compétente pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 641-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La peine d'interdiction du territoire français susceptible d'être prononcée contre un étranger coupable d'un crime ou d'un délit est régie par les dispositions des articles 131-30, 131-30-1 et 131-30-2 du code pénal. ". Aux termes de l'article L. 641-2 du même code : " Il ne peut être fait droit à une demande de relèvement d'une interdiction du territoire que si le ressortissant étranger réside hors de France. Cette condition ne s'applique pas : 1° Pendant le temps où le ressortissant étranger subit en France une peine d'emprisonnement ferme ; 2° Lorsque l'étranger fait l'objet d'une décision d'assignation à résidence prise en application des articles L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5. ". Aux termes de l'article 131-30 du code pénal : " Lorsqu'elle est prévue par la loi, la peine d'interdiction du territoire français peut être prononcée, à titre définitif ou pour une durée de dix ans au plus, à l'encontre de tout étranger coupable d'un crime ou d'un délit. / L'interdiction du territoire entraîne de plein droit la reconduite du condamné à la frontière, le cas échéant, à l'expiration de sa peine d'emprisonnement ou de réclusion. / Lorsque l'interdiction du territoire accompagne une peine privative de liberté sans sursis, son application est suspendue pendant le délai d'exécution de la peine. Elle reprend, pour la durée fixée par la décision de condamnation, à compter du jour où la privation de liberté a pris fin. / () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une décision de mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, d'une interdiction de circulation sur le territoire français, d'une décision d'expulsion, d'une peine d'interdiction du territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire français. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible.
/ Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
7. Il résulte de ces dispositions qu'aussi longtemps que la personne condamnée n'a pas obtenu de la juridiction qui a prononcé la condamnation pénale le relèvement de sa peine d'interdiction du territoire, l'autorité administrative est tenue de pourvoir à son exécution en édictant à son encontre une décision motivée fixant son pays de destination, sous réserve qu'une telle décision n'expose pas l'intéressé à être éloigné à destination d'un pays dans lequel sa vie ou sa liberté serait menacée, ou d'un pays où il serait exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La désignation du pays de renvoi, qui n'est pas prise pour l'exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, a le caractère d'une mesure de police soumise notamment aux dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et devant être motivée en application du 1° de l'article L. 211-2 de ce même code.
8. En premier lieu, par un arrêté du 6 avril 2022 publié au recueil administratif le même jour, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme E, directrice des migrations et de l'intégration, et, en cas d'absence ou d'empêchement, à Mme C, son adjointe, pour signer notamment les décisions d'éloignement ainsi que les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision fixant le pays de renvoi doit être écarté comme manquant en fait.
9. En deuxième lieu, l'arrêté contesté énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde avec un degré de précision suffisant pour mettre M. F en mesure de discuter utilement les motifs de la décision contestée. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
10. En troisième lieu, il est constant que l'illégalité d'un acte administratif, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale.
11. En l'espèce, si par la voie de l'exception M. F invoque l'illégalité de la décision portant retrait du titre du titre de séjour, la décision portant fixation du pays de renvoi en litige n'est pas fondée sur ce retrait, mais, ainsi que le rappelle le principe cité au point 7 du présent jugement, a été légalement prise en exécution de l'interdiction judiciaire du territoire français prononcée à son encontre pour une durée de trois ans par un jugement du tribunal correctionnel de Toulouse du 12 avril 2021. Par suite, M. F ne peut utilement invoquer les diverses illégalités dont serait entachée la décision portant retrait du titre de séjour. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la décision querellée ne peut être prononcée sans qu'une décision portant obligation de quitter le territoire français soit édictée en amont doit être écarté.
12. En quatrième et dernier lieu, il est constant que les conséquences d'un éloignement du territoire français sur la vie privée et familiale de M. F résultent en l'espèce, non pas de l'arrêté en litige, mais de l'interdiction judiciaire du territoire dont il a été l'objet. Par suite et alors que le requérant n'établit pas, ni même n'allègue avoir été relevé de la peine complémentaire ainsi prononcée à son encontre par le juge pénal, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés comme inopérants. Pour les mêmes motifs, le requérant ne peut utilement soutenir qu'il est protégé contre l'éloignement en sa qualité de membre de famille d'un ressortissant européen et que la décision contestée serait entachée d'une erreur d'appréciation en raison de ce qu'il n'est pas démontré que son comportement constituerait une menace pour l'ordre public.
13. Il résulte de ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi contenue dans l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 27 juillet 2022.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. F n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté l'assignant à résidence est illégal en raison de l'illégalité des décisions contenues dans l'arrêté en date du 27 juillet 2022. Par suite, les moyens invoqués à cet égard ne peuvent qu'être écartés.
15. En deuxième lieu, par un arrêté du 30 janvier 2023 publié le même jour au recueil administratif spécial, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme E, directrice des migrations et de l'intégration, en matière de police des étrangers et notamment pour signer les mesures d'éloignement, les décisions les assortissant et la mise à exécution de ces décisions. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de compétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
16. En troisième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il a fait application, notamment les articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il fait référence à la peine d'interdiction de territoire français pendant trois ans prononcée par le tribunal correctionnel de Toulouse le 12 avril 2021 et à l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 27 juillet 2022 contenant la décision portant fixation du pays de renvoi. Il indique notamment que le requérant ne peut quitter immédiatement le territoire français, mais que son d'éloignement demeure une perspective raisonnable et qu'il justifie résider chez sa compagne à Toulouse dans le département de la Haute-Garonne. Dans ces conditions, l'arrêté en litige est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
17. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : () / 7° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une peine d'interdiction judiciaire du territoire prononcée en application du deuxième alinéa de l'article 131-30 du code pénal ; "
18. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que M. F fait l'objet d'une interdiction de territoire français prononcé par le tribunal correctionnel de Toulouse par un jugement du 12 avril 2021 ainsi que d'un arrêté du 27 juillet 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a fixé le pays de renvoi en exécution de cette peine. Ainsi, le préfet pouvait assigner M. F à résidence en se fondant sur les dispositions citées au point précédent. La circonstance qu'une telle mesure intervienne six mois après l'édiction de la décision fixant le pays de renvoi est sans incidence sur la légalité de l'assignation à résidence. Enfin si le requérant soutient qu'il présente des garanties de représentation, de tels éléments ne font pas obstacle à ce qu'il soit assigné à résidence. Par suite, les moyens tirés du défaut de base légale, ainsi que du caractère non nécessaire et injustifié de la décision portant assignation à résidence doivent être écartés.
19. En cinquième et dernier lieu, le requérant n'invoque aucune circonstance particulière de nature à faire obstacle au respect des obligations prescrites par l'arrêté. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux est disproportionné dans sa durée et dans ses modalités.
20. Il résulte de ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 8 février 2023 portant assignation à résidence.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
21. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Sadek, la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. F est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les conclusions aux fins d'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a retiré le titre de séjour de M. F, ainsi que les conclusions accessoires dont elles sont assorties, sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A F, à Me Sadek et au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2023.
Le magistrat désigné,
B. G La greffière,
A. BACH
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2300713, 2300744
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026