vendredi 17 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2300876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés le 16 février 2023, M. C B, représenté par Me Laspalles, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 février 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de renouveler son titre de séjour sollicité dans le délai de trente jours suivant la notification du jugement à intervenir, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et en tout état de cause, réexaminer sa situation à l'aune de la motivation du jugement à intervenir dans le délai de trente jours suivant la notification du jugement à intervenir, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de procéder à la suppression de son inscription dans le système d'information Schengen sans délai ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès ainsi que la somme de 2 000 euros à son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :
- elle ne répond pas à l'exigence de motivation imposée par l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet n'a pas respecté la procédure contradictoire prévue aux articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et/ou d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il remplit les conditions pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour mention " vie privée et familiale " ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation s'agissant des conséquences qu'elle comporte sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations des dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle porte à son droit au respect de sa vie familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été édictée ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle ne répond pas à l'exigence de motivation imposée par l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet n'a pas respecté la procédure contradictoire prévue aux articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation s'agissant des conséquences qu'elle comporte sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle porte à son droit au respect de sa vie familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été édictée ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait ;
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, le préfet s'étant placé à tort dans un cas de compétence liée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :
- elle ne répond pas à l'exigence de motivation imposée par l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle n'a pas été précédée de la procédure contradictoire ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle emporte sur sa situation personnelle des conséquences d'une exceptionnelle gravité.
Par des pièces enregistrées le 16 février 2023 et un mémoire en défense enregistré le 17 février 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable du fait de sa tardiveté et, à titre subsidiaire, que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et au titre de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Laspalles, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que le procédé de placer un requérant en rétention après que le délai de recours de l'obligation de quitter le territoire français soit expiré, que la requête n'est pas tardive, que les voies de recours sont extrêmement mal dirigées puisqu'elles présentent les voies de recours hiérarchiques avant les voies de recours contentieuses, que la mention de pouvoir déposer un recours auprès du greffe de l'établissement ne figure pas dans la partie consacrées aux " voies et délais de recours " mais dans celle consacrée aux droits, qui ne concerne pas les voies de recours, que la loyauté de l'information exigeait que cette information figure dans le chapitre " voies et délais de recours ", qu'on ignore si la décision lui a été traduite en intégralité, qu'on peut considérer à tout le moins que le délai de recours commence une fois que l'étranger est placé en rétention, que, sur le fond, le requérant est ghanéen, qu'il justifie d'une durée de séjour de presque dix ans, qu'il est père d'une petite fille âgée de six ans, que cet enfant est de nationalité française, que M. B va obtenir un titre pendant quatre ans, qu'il va en solliciter le renouvellement, que la préfecture évoque une mise en demeure de produire des pièces complémentaires, qu'on peut cependant penser qu'il n'a pas été destinataire de cette pièce, que le requérant s'est toujours occupé de sa fille, que le couple s'est séparé en 2018, mais il continue d'entretenir des liens réguliers ainsi que le prouve une attestation circonstanciée de la mère, que le requérant paie régulièrement une pension alimentaire en l'absence même de jugement du juge aux affaires familiales, que le requérant a été condamné quatre fois, sans pour autant qu'il s'agisse d'une menace à l'ordre public, qu'il convient de constater l'illégalité de la décision de refus de séjour, puisqu'il pourvoit à l'éducation de sa fille, que le requérant est sorti de l'établissement pénitentiaire dans le cadre d'une libération sous contrainte, que le requérant est en possession d'un passeport, que l'actualité de la menace n'est pas démontrée par l'administration, que le requérant verse l'attestation d'un masseur-kinésithérapeute et d'amis,
- les observations de M. B, assisté de Mme E, interprète en anglais, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 6 septembre 1988 à Kumasi (Ghana), est entré sur le territoire français le 23 septembre 2013, il a obtenu une carte de séjour temporaire d'un an, valable du 17 octobre 2018 au 16 octobre 2019, régulièrement renouvelée jusqu'au 30 août 2022, en tant que parent d'enfant français. Le renouvellement de sa carte lui ait refusé le 5 août 2022 et par un arrêté du 3 février 2023, le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé son admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par sa présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / (). ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 614-6 de ce code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. ".
3. D'autre part, l'article R. 776-2 du code de justice administrative énonce que : " () II. -Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. ". L'article R. 776-5 du même code énonce pour sa part que : " () II.- Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation ".
4. Il ressort des mentions de l'arrêté attaqué, portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français, que ce dernier a été notifié à M. B par voie administrative le 6 février 2023. Cet arrêté comportait la mention des voies et délais de recours et informait l'intéressé qu'il pouvait remettre ce recours au greffe du centre pénitentiaire dans lequel il était alors incarcéré. Par suite, la demande présentée devant le tribunal administratif de Toulouse, enregistrée au greffe du tribunal le 16 février 2023, soit postérieurement à l'expiration de ce délai, était tardive. La requête de M. B est donc manifestement irrecevable et doit être rejetée comme telle.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Laspalles et au préfet de la Haute-Garonne.
Lu en audience publique le 17 février 2023.
Le magistrat désigné,
F. A Le greffier,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026