vendredi 7 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2300996 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AARPI CESAM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 février 2023 et un mémoire enregistré le 29 mars 2023, M. C B, représenté par Me Cloris, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2023 par lequel la préfète de Tarn-et-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de compétence ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- le risque de fuite n'est pas établi ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est fondée sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire, elles-mêmes illégales ;
- elle n'est pas justifiée ni proportionnée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La préfète de Tarn-et-Garonne a produit un mémoire en production de pièces enregistré le 28 mars 2023.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant sri-lankais, né le 30 juillet 1984 à Kovilkulam (Sri-Lanka), déclare être entré sur le territoire français le 15 décembre 2010. Il a sollicité son admission au bénéfice de l'asile le 3 juin 2011. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande par une décision du 30 novembre 2011 confirmée par une décision de rejet le 19 juin 2015, par la Cour nationale du droit d'asile. Il a fait l'objet d'un premier arrêté du préfet de Seine-Saint-Denis le 16 novembre 2015 portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de renvoi. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2023 par lequel la préfète de Tarn-et-Garonne l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté du 29 janvier 2021 publié le même jour au recueil administratif spécial n° 82-2021-015, la préfète de Tarn-et-Garonne a donné délégation à Mme Catherine Fourcherot, secrétaire générale de la préfecture de Tarn-et-Garonne, à l'effet de signer tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
4. Le requérant justifie de son maintien habituel sur le territoire français depuis son entrée en France en 2011. Toutefois, il a indiqué à l'occasion de son audition par les services de police le 19 janvier 2023, être célibataire et sans enfant. S'il produit le titre de séjour de son frère, il n'établit pas entretenir de liens intenses et stables avec ce dernier. De plus, il ne justifie pas d'une particulière intégration professionnelle sur le territoire français, par ces deux seules années d'activité professionnelle en tant que cuisinier alors qu'il est présent depuis treize ans sur le territoire. M. B a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement édictée par la préfecture de la Seine-Saint-Denis en date du 16 novembre 2015, à laquelle il s'est délibérément soustrait. Par ailleurs, s'il allègue avoir entamé des démarches pour effectuer une demande de titre de séjour concomitamment à l'édiction de la décision en litige, il ne le démontre pas. Enfin, tous les membres de sa famille, à la seule exception de son frère, se trouvent dans son pays d'origine, le Sri-Lanka. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. B au respect de sa vie privée tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précitées. Pour les mêmes motifs, la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
5. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".
7. En l'espèce, lors de son audition par les services de police le 19 janvier 2023, l'intéressé, invité à formuler des observations sur une éventuelle mesure d'éloignement, a déclaré souhaiter rester en France et ne pas vouloir retourner dans son pays. Il est constant qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement de la préfecture de la Seine-Saint-Denis le 16 novembre 2015, à laquelle il s'est délibérément soustrait. Dans ces conditions, malgré la présentation de son passeport en cours de validité, le requérant, qui ne justifie d'aucune circonstance particulière, n'est pas fondé à soutenir qu'il n'existe pas un risque de soustraction à la décision portant obligation de quitter le territoire français.
8. En troisième et dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 et 5 du présent jugement, que la préfète de Tarn-et-Garonne en édictant la mesure en litige n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait illégale en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction prévue à l'article L. 612-11 ".
11. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que M. B est entré au cours de l'année 2010 sur le territoire français mais ne justifie pas de liens d'une particulière intensité sur le territoire français. De plus, il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement par la préfecture de la Seine-Saint-Denis le 16 novembre 2015. Dans ces conditions, en l'absence même d'un comportement troublant l'ordre public, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure litigieuse ne serait ni justifiée ni proportionnée et ces moyens doivent être écartés.
12. En troisième et dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 et 5 du présent jugement, que la préfète en édictant la mesure en litige n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et ce moyen doit être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète de Tarn-et-Garonne en date du 20 janvier 2023.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Cloris, avocat du requérant, la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète de Tarn-et-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.
Le magistrat désigné,
F. A Le greffier,
M. POUPART
La République mande et ordonne à la préfète de Tarn-et-Garonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2300996
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026