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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2301073

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2301073

vendredi 9 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2301073
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantBENHAMIDA

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 février 2023 et 3 juillet 2023, sous le n° 2301073, M. B G, représenté par Me Benhamida, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente pour ce faire ;

- la décision de refus de titre de séjour a été prise en méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision de refus de titre de séjour ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions du 9 de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er juin 2023 et 28 juillet 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 avril 2023.

Par une ordonnance du 17 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 août 2023.

II. Par une requête enregistrée le 24 février 2023, sous le n° 2301074, Mme A D, représentée par Me Benhamida, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de huit jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente pour ce faire ;

- il a été pris en méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 avril 2023.

Par une ordonnance du 21 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 novembre 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Dans ces affaires, la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Poupineau a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. G, ressortissant géorgien, est entré en France au cours de l'année 2014 et a bénéficié, à compter du 24 janvier 2016, d'une autorisation provisoire de séjour en qualité d'étranger malade, puis d'un titre de séjour, sur le même fondement, renouvelé jusqu'au 29 janvier 2022. Le 11 janvier 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa compagne, Mme D, également de nationalité géorgienne, est présente en France depuis le 13 septembre 2018. Elle a été admise au séjour, à compter du 5 août 2021, en raison de l'état de santé de son compagnon. Le 27 juin 2022, elle a demandé le renouvellement de sa carte de séjour temporaire, qui expirait le 4 août 2022. Par des arrêtés du 6 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté leurs demandes, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé leur pays de destination. Par deux requêtes distinctes, M. G et Mme D demandent l'annulation de l'arrêté qui les concerne. Ces deux requêtes présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les demandes d'admission, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle :

2. Par des décisions du 5 avril 2023, M. G et Mme D ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, leurs demandes d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Dès lors, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur la légalité des arrêtés pris dans leur ensemble :

3. Par un arrêté du 6 avril 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 31-2022-137 de la préfecture de la Haute-Garonne, le préfet de ce département a donné délégation à Mme F C, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer les décisions de refus de titre de séjour, les mesures d'éloignement et les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés attaqués doit être écarté.

Sur la légalité des décisions de refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () "

5. S'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

6. Pour refuser la délivrance du titre de séjour sollicité par M. G, le préfet de la Haute-Garonne s'est notamment fondé sur l'avis du 8 juin 2022 du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui a estimé que, si l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, la Géorgie, vers lequel il pouvait voyager sans risque. Il ressort du seul certificat médical produit par les requérants, qui a été établi le 23 janvier 2023 par un médecin généraliste de la Case de Santé, que M. G, atteint d'un hépatocarcinome consécutif à une cirrhose post hépatites, a bénéficié d'une greffe hépatique en mai 2018, puis en mars 2019. Le même certificat médical mentionne, qu'à la date de la décision attaquée, l'état de santé de M. G semblait stabilisé mais qu'il nécessitait encore la prise d'un traitement médicamenteux composé de plusieurs spécialités, un suivi pluridisciplinaire régulier ainsi que des examens complémentaires notamment sanguins et radiologiques. Les requérants font valoir que certains médicaments ne sont pas commercialisés en Géorgie. Toutefois, ils ne précisent pas quelles spécialités ne seraient ainsi pas disponibles dans ce pays et n'en justifient pas par la seule production du certificat médical précité, qui indique seulement " qu'à l'évidence, il existe un risque significatif qu'il ne puisse bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine " et que les " données OMS, OSAR " sans plus de précisions, le parcours initial de M. G en Géorgie et les informations de son épouse, " montrent l'absence d'accessibilité à une prise en charge adéquate en Géorgie ". De même, l'attestation du 27 septembre 2022 par laquelle le directeur de l'hôpital central de Kutaïssi certifie que cet établissement ne dispose pas de service de transplantation hépatique et ne peut assurer " de soins postopératoires, de traitement et de réadaptation liés à ce service ", n'implique pas que M. G ne pourrait bénéficier du suivi pluridisciplinaire qui lui a été prescrit dans une autre ville du pays, et notamment à Tiblissi. Si les requérants font également valoir que M. G, qui est en situation de handicap, ne pourra pas y exercer d'activité professionnelle et financer ses traitements et que ses frais médicaux ne seront pas couverts par le système d'assurance-maladie géorgien, les documents dont il se prévaut ne permettent pas d'établir une impossibilité de bénéficier effectivement dans son pays des soins et suivis dont il a besoin. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de la Haute-Garonne a refusé de procéder au renouvellement du titre de séjour de M. G en qualité d'étranger malade.

7. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. M. G et Mme D, qui sont entrés en France respectivement en 2014 et 2018, se prévalent de la durée de leur séjour, de leurs attaches familiales et de leur intégration. Toutefois, leur demande de titre de séjour a été rejetée par deux arrêtés du même jour du préfet de la Haute-Garonne, qui leur a également enjoint de quitter le territoire. Ils ne justifient pas avoir noué durant leur séjour en France des attaches personnelles d'une particulière intensité. Ainsi qu'il a été dit au point 6 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. G ne pourrait bénéficier en Géorgie du traitement médicamenteux et du suivi requis par son état de santé. Les requérants n'allèguent par ailleurs aucune autre circonstance s'opposant à la reconstitution de la cellule familiale, composée d'eux-mêmes et de leur enfant mineur, dans ce pays où ils ont vécu l'essentiel de leur existence et où résidaient, à la date de la décision contestée, les parents de Mme D. Enfin, ils ne justifient pas d'une intégration particulière par la seule circonstance que Mme D suit des cours d'apprentissage de la langue française. Dans ces circonstances, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale des requérants une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté attaqué a été pris et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si les requérants font également valoir que Mme D occupe, depuis le 30 novembre 2021, un emploi d'assistante ménagère, eu égard à ce qui a été dit précédemment, cette seule circonstance ne permet pas de considérer que le préfet de la Haute-Garonne a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur la situation personnelle des intéressés.

Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède qu'en l'absence d'illégalité des décisions de refus de titre de séjour opposées aux requérants, ceux-ci ne sont pas fondés à invoquer cette illégalité, par voie d'exception, à l'appui de leurs conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français.

10. En deuxième lieu, le moyen soulevé par M. G et tiré de la méconnaissance des dispositions du 9 de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6.

11. En troisième et dernier lieu, les moyens tirés de ce que les arrêtés attaqués ont été édictés en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de ce qu'ils sont entachés d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur la situation personnelle des intéressés doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du présent jugement.

Sur la légalité des décisions fixant le pays de destination :

12. En premier lieu, les décisions contestées visent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. De plus, elles rappellent la nationalité des requérants et mentionnent qu'ils n'établissent pas être exposés à des peines ou traitements prohibés par l'article 3 de la convention. Ces décisions comportent, ainsi, les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles sont fondées. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces décisions doit être écarté.

13. En deuxième lieu, le moyen soulevé par M. G et tiré de ce que la décision fixant le pays de destination est entachée d'une erreur de fait n'est pas assorti des précisions permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.

14. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de cette convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

15. Ainsi qu'il a été dit au point 6 du présent jugement, M. G pourra bénéficier en Géorgie des traitements et du suivi requis par son état de santé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées en l'absence de soins et de prise en charge adaptés à la pathologie de M. G dans son pays d'origine, doit être écarté comme non fondé.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. G et Mme D à fin d'annulation des arrêtés attaqués, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte et les demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentées par M. G et Mme D.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B G, à Mme A D, à Me Benhamida et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme Rousseau, conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2024.

La présidente-rapporteure,

V. POUPINEAU

L'assesseure la plus ancienne,

M. ROUSSEAULa greffière,

M. E

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

NOS 2301073, 2301074

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