jeudi 20 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2301082 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 24 février 2023, et un mémoire, enregistré le 24 mai 2023, le préfet de la Haute-Garonne demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2022 par lequel le maire de la commune du Fousseret a accordé un permis de construire à la société par actions simplifiée Eco Wash en vue de la réhabilitation d'une ancienne station de lavage sur une parcelle cadastrée section AC n°0304.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune du Fousseret dès lors que le projet litigieux n'est pas de ceux limitativement autorisés par ces dispositions en zones Ap et A ;
- le dossier de demande de permis de construire ne comporte ni l'avis du gestionnaire du réseau d'assainissement, en méconnaissance de l'article L. 1331-10 du code de la santé publique, ni l'autorisation par le département de la Haute-Garonne de rejeter des eaux résiduaires dans le fossé qui lui appartient ; en outre, le dossier de demande n'indique pas si l'activité projetée relève de la nomenclature des installations classées pour l'environnement (ICPE) ;
- la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement aurait dû être consultée dès lors que le projet relève de la nomenclature ICPE au titre de la rubrique 2930 ;
- le projet méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en l'absence d'éléments sur l'impact environnemental potentiel.
Par mémoires en défense, enregistrés le 12 avril 2023 et le 23 août 2023, la commune du Fousseret, représentée par Me Magrini, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à défaut de production de la notification du recours contentieux dans les délais prévus à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, la requête doit être regardée comme irrecevable ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, la société Eco Wash, représentée par Me Tesseyre, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par ordonnance du 22 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Meunier-Garner,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,
- les observations de Me Ouattara, substituant Me Magrini, représentant la commune du Fousseret,
- et les observations de Me Tesseyre, représentant la société Eco Wash.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 19 septembre 2022, le maire de la commune du Fousseret a accordé à la société Eco Wash un permis de construire visant à la réhabilitation d'une ancienne station de lavage sur une parcelle cadastrée section AC n°0304. Par la présente instance, le préfet de la Haute-Garonne, dont la demande de retrait de cet arrêté qu'il avait adressée au maire du Fousseret par lettre du 3 novembre 2022 a été implicitement rejetée, sollicite l'annulation dudit arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune du Fousseret :
2. Selon l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le présent déféré, enregistré le 24 févier 2023, a été dûment notifié, par lettres recommandées avec accusé de réception, à la société Eco Wash et à la commune du Fousseret, par courriers datés du 22 février 2023, reçus respectivement les 25 et 27 février 2023, soit dans le délai de quinze jours suivant son enregistrement prévu par les dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée par la commune du Fousseret et tirée du défaut d'accomplissement de la formalité de notification prévue par ces dispositions ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes des dispositions de l'article A-1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune du Fousseret : " () / Dans le secteur A : / toutes les occupations et utilisations du sol non mentionnées à l'article A2 sont interdites. / Dans le secteur Ap : / toutes les constructions et installations nouvelles, à l'exception de celles autorisées sous conditions dans l'article 2. ". Aux termes des dispositions de l'article A-2 de ce même règlement : " () Dans les zones concernées par l'aléa inondation faible à moyen : / Sont autorisées sous conditions : / - Les nouvelles constructions, les changements de destination et les extensions des constructions existantes nécessaires à l'exploitation agricole, / - Les constructions et installations nécessaires au fonctionnement des services publics, / - Les extensions des constructions existantes, dans la limite de 30% de la surface de plancher, / - Les extensions des bâtiments de sports et de loisirs, / - Les changements de destination des bâtiments identifiés au règlement graphique, dès lors que ce changement de destination ne compromet pas l'activité agricole ou la qualité paysagère du site, / - Les extensions, sous réserve que la surface de plancher (bâtiment existant + extension) n'excède pas 200 m², / - Les annexes et les piscines, à condition qu'elles soient implantées dans un rayon de 30 mètres par rapport à tout point de la construction principale. () Dans le secteur Ap uniquement : / En zone inondable, en aléa fort, sont autorisées : - les serres tunnels () - les extensions des constructions existantes à usage d'habitation () - Les constructions et installations nécessaires au fonctionnement des services publics. / Les constructions autorisées ci-dessus le sont sous réserve de respecter les conditions suivantes : / - Pour les locaux dont le premier plancher ne peut être situé au-dessus des PHEC (impossibilité fonctionnelle, locaux techniques, garages), les équipements sensibles doivent être surélevés au-dessus de la cote de référence ou protégés par des dispositifs étanches. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle d'assiette du projet litigieux, lequel vise, selon le dossier de demande, à réhabiliter une ancienne station de lavage, avec remise aux normes et en service de cette dernière, mise en place de deux lances haute pression sous un hangar existant, réalisation d'un local technique, pose d'un nouveau rouleau de lavage auto, mise en place d'une zone d'aspiration et de gonflage véhicule, drainage et filtrations des eaux usées avant rejet et remise en état du parking existant, se situe, pour partie, en zone agricole concernée par un risque d'inondation d'aléa faible à moyen et, pour une autre partie, en zone agricole protégée concernée par un risque d'inondation à aléa fort. Or, il ne ressort pas des dispositions précitées de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune du Fousseret qu'un tel projet, qu'il soit constitutif d'une simple réhabilitation ou doive être regardé comme une construction nouvelle, serait de ceux autorisés en zone A concernée par un aléa inondation faible à moyen ni en zone Ap concernée par un risque d'inondation d'aléa fort. Dans ces conditions, et sans qu'importent les circonstances, à les supposer établies, que le projet litigieux ne ferait pas obstacle au bon écoulement des eaux en cas de crues de la rivière de la Louge et qu'il s'intégrerait dans l'environnement naturel du site, le maire de la commune du Fousseret ne pouvait, sans méconnaitre les dispositions du plan local d'urbanisme citées au point précédent, délivrer le permis attaqué.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de l'arrêté contesté.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et dès lors que le vice retenu au point 5 n'est pas régularisable, que le préfet de la Haute-Garonne est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 septembre 2022 par lequel le maire de la commune du Fousseret a accordé un permis de construire à la société Eco Wash.
Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de cet article font obstacle à ce que soient mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes demandées, à ce titre, par la commune du Fousseret et la société Eco Wash.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté attaqué du 19 septembre 2022 est annulé.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Fousseret et la société Eco Wash au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Haute-Garonne, à la commune du Fousseret et à la SAS Eco Wash.
Délibéré après l'audience du 7 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Meunier-Garner, présidente,
Mme Bouisset, première conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2025.
La présidente-rapporteure,
M-O. MEUNIER-GARNER
L'assesseure la plus ancienne,
K. BOUISSET
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026