mercredi 12 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2301275 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C |
| Formation | Président, magistrat désigné R.778-3 |
| Avocat requérant | DURAND |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2203266 du 21 juillet 2022, le tribunal a enjoint au préfet de la Haute-Garonne d'attribuer à Mme A C un hébergement adapté à ses besoins dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 40 (quarante) euros par jour de retard et mis à la charge de l'Etat, au titre de l'article 3 de ce jugement, une somme de 1 200 euros, à verser à Me Durand, conseil de Mme C, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Durand renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle.
Ce jugement a été notifié le 21 juillet 2022.
Par une lettre enregistrée le 8 septembre 2022, Madame A C a saisi le tribunal administratif de Toulouse d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement n° 2203266 du 21 juillet 2022.
Par lettres en date des 19 septembre 2022 et 16 janvier 2023, le tribunal a demandé au préfet de la Haute-Garonne de communiquer tous éléments utiles d'information permettant de constater l'exécution du jugement du 21 juillet 2022.
Par une ordonnance n° 2301275 du 9 mars 2023, la présidente du tribunal a ouvert une procédure d'exécution de ce jugement.
Par lettres du 9 mars 2023, les parties ont été invitées à présenter leurs observations.
Par un mémoire, enregistré le 1er juillet 2023, Mme C, représentée par Me Durand, demande au tribunal :
1) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2) d'assortir la condamnation de l'Etat à régler à son conseil la somme de 1 200 euros prononcée dans le jugement n° 2203266 du 21 juillet 2022 au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et, dans l'hypothèse où Mme C ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, à lui verser sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle bénéficie d'une place en foyer transition depuis la fin du mois de mars 2023 ;
- seule la condamnation au titre des frais non compris dans les dépens n'a pas été exécutée.
Le préfet de la Haute-Garonne n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code monétaire et financier ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Carthé Mazères, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique du 6 juillet 2023.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience en application de l'article R. 778-5 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Par ailleurs, en application des dispositions de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, notamment lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé ou en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. Elle est accordée de plein droit au demandeur et au défendeur lorsque la procédure concerne la délivrance d'une ordonnance de protection. / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
2. Il ressort de ses écritures portant la mention " demande d'aide juridictionnelle en cours " que Mme C a présenté une demande d'aide juridictionnelle et que cette demande n'a pas encore été examinée. Il y a lieu, par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur l'exécution du jugement n° 2203266 du 21 juillet 2022 :
3. Aux termes de l'article 1231-7 du code civil : " En toute matière, la condamnation à une indemnité emporte intérêts au taux légal même en l'absence de demande ou de disposition spéciale du jugement. Sauf disposition contraire de la loi, ces intérêts courent à compter du prononcé du jugement à moins que le juge n'en décide autrement. / En cas de confirmation pure et simple par le juge d'appel d'une décision allouant une indemnité en réparation d'un dommage, celle-ci porte de plein droit intérêt au taux légal à compter du jugement de première instance. Dans les autres cas, l'indemnité allouée en appel porte intérêt à compter de la décision d'appel. Le juge d'appel peut toujours déroger aux dispositions du présent alinéa ". Selon l'article L. 313-3 du code monétaire et financier : " En cas de condamnation pécuniaire par décision de justice, le taux de l'intérêt légal est majoré de cinq points à l'expiration d'un délai de deux mois à compter du jour où la décision de justice est devenue exécutoire, fût-ce par provision. Cet effet est attaché de plein droit au jugement d'adjudication sur saisie immobilière, quatre mois après son prononcé ". Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. () ".
4. Il résulte de l'instruction qu'à la date du présent jugement l'injonction au préfet de la Haute-Garonne d'attribuer à Mme C un hébergement adapté à ses besoins, prononcée dans le jugement n° 2203266 du 21 juillet 2022 qui a un caractère définitif, est exécutée. Seul l'article 3 de ce jugement qui porte sur les frais exposés non compris dans les dépens n'a pas été exécuté en dépit des diligences effectuées par Me Durand. Il y a lieu par suite, et dès lors que Mme C a bénéficié de l'aide juridictionnelle totale définitive par décision du 25 janvier 2023 pour cette instance ayant donné lieu au jugement n° 2203266 du 21 juillet 2022 et que Me Durand renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de cette aide juridictionnelle, d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de verser à Me Durand la somme de 1 200 euros majorée des intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-7 du code civil dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 30 euros par jour de retard.
Sur les frais liés au litige :
5. Ainsi qu'il vient d'être dit, l'injonction d'attribuer un hébergement à Mme C prononcée sous astreinte dans le jugement n° 2203266 du 21 juillet 2022 est exécutée. Et l'injonction, prononcée par le présent jugement, de verser à Me Durand la somme de 1 200 euros majorée des intérêts moratoires dans un délai de quinze jours sous astreinte ne porte que sur les frais non compris dans les dépens, décidés à hauteur de cette somme dans le jugement n° 2203266 du 21 juillet 2022, lesquels sont dus à Me Durand, conseil de Mme C, et non à cette dernière. Dès lors il n'y a pas lieu, dans ces circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Mme C présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 deuxième alinéa de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de verser la somme de 1 200 euros à Me Durand majorée des intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-7 du code civil dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 30 euros par jours de retard.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Clémence Durand et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse le 12 juillet 2023.
La présidente du tribunal,
I. CARTHE MAZERESLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
1
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026