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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2301295

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2301295

mardi 14 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2301295
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantJOUBIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et deux mémoires en production de pièces enregistrés les 9 et 13 mars 2023, M. E C, représenté par Me Joubin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 7 mars 2023 par lequel la préfète de Tarn-et-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) d'enjoindre à la préfète de Tarn-et-Garonne de lui délivrer, sous huit jours à compter du rendu du jugement à intervenir, un certificat de résidence " vie privée et familiale " d'un an ou tout autre titre qui lui serait plus favorable, et ce sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 500 euros à son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi de 1991 sur l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, de lui verser cette même somme au seul visa de l'article L. 761- 1.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnait son droit d'être entendu tel que fixé par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article 6.4 de l'accord franco-algérien en ce qu'il est protégé contre une mesure d'éloignement et qu'il peut bénéficier de plein droit d'un certificat de résidence " vie privée et familiale " en sa qualité d'ascendant d'enfant français exerçant l'autorité parentale ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que le couple n'est pas divorcé contrairement à ce que retient la préfète ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est justifiée par la décision du même jour portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'autorité préfectorale a méconnu l'étendue de sa compétence ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- elle méconnait l'impératif de proportionnalité ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est justifiée par la décision du même jour portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait ;

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est justifiée par la décision du même jour portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Par une pièce et un mémoire en défense enregistrés les 10 et 13 mars 2023, la préfète de Tarn-et-Garonne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les observations de Me Joubin, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que le requérant est arrivé en France il y a huit ans, que la décision attaquée n'a pas pris en compte l'accord franco-algérien et notamment son article 6, que le requérant n'avais pas à reconnaître son enfant car l'enfant est né pendant le mariage et que le mariage n'est pas dissous, que l'enfant est scolarisé à Castres, que la préfète doit délivrer au requérant un certificat de résidence de plein droit, que la préfète a commis une erreur de fait s'agissant du divorce, que le mariage existe et n'a pas été dissous, que l'interdiction de retour sur le territoire français, compte tenu de la nationalité de l'épouse et de l'enfant, est disproportionnée,

- les observations de M. C, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- la préfète de Tarn-et-Garonne n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, né le 2 septembre 1993 à Mostaganem (Algérie), de nationalité algérienne, déclare être entré en France en 2015. Il a bénéficié d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français du 18 septembre 2019 au 17 septembre 2020. Il a fait l'objet d'un arrêté du 20 janvier 2022 par lequel la préfète de Tarn-et-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal de céans en date du 10 novembre 2022. Par un arrêté du 7 mars 2023, la préfète de Tarn-et-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par sa présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

3. Par un arrêté du 29 janvier 2021 publié le même jour au recueil administratif spécial n° 82-2021-015, la préfète de Tarn-et-Garonne a donné délégation à Mme Catherine Fourcherot, secrétaire générale de la préfecture de Tarn-et-Garonne, à l'effet de signer tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

5. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Le paragraphe 1 de l'article 51 de la charte précise que : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union () ".

6. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un État membre est donc inopérant. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il n'implique toutefois pas systématiquement l'obligation pour l'administration d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, l'étranger soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision faisant grief que si la procédure administrative aurait pu, en fonction des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, aboutir à un résultat différent du fait des observations et éléments que l'étranger a été privé de faire valoir.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été entendu par les services de police le 6 mars 2023, préalablement à l'édiction de la décision contestée et a été informé à cette occasion de ce qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement. En tout état de cause, l'intéressé ne justifie pas d'éléments pertinents susceptibles d'influer sur le sens de la décision et dont il n'aurait pu se prévaloir auprès de la préfète. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit :/ () 4. Au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français, mineur résident en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins () ". Ces stipulations ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.

9. M. C fait valoir qu'il est le père d'un enfant né le 2 avril 2019 issu de son mariage, le 30 juin 2018, avec Mme D, ressortissante française. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a été condamné par un jugement du tribunal correctionnel de Toulouse en date du 17 novembre 2022 à une peine de quatre ans d'emprisonnement délictuel dont un an avec sursis pour des faits de violences aggravées par trois circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, recel de biens provenant d'un vol, mise en danger d'autrui par violation manifestement délibérée d'une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence. La préfète a donc pu considérer que M. C constituait une menace pour l'ordre public qui s'opposait à ce que lui soit délivré, de plein droit, un certificat de résidence sur le fondement des stipulations du 4 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par suite, la préfète de Tarn-et-Garonne a pu, sans méconnaitre ces stipulations, obliger le requérant à quitter le territoire français.

10. En quatrième lieu, si M. C fait valoir que la préfète a retenu à tort qu'il était divorcé depuis le 4 septembre 2020 alors qu'il ressort des pièces versées par le requérant que ce dernier est toujours marié avec Mme D, il résulte de l'instruction et notamment de ce qui a été dit au point précédent du présent jugement, que la préfète aurait pris la même décision si elle n'avait pas commis cette erreur. Par suite, ce moyen doit être écarté.

11. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

12. M. C, entré sur le territoire français durant l'année 2015. Il s'est marié avec Mme D, ressortissante française, depuis le 30 juin 2018. Le couple a eu un enfant, né le 2 avril 2019 et scolarisé en France. Cependant, M. C ne démontre pas la stabilité de sa relation avec son épouse alors qu'il ressort de l'attestation de cette dernière qu'il est incarcéré depuis le mois de novembre 2020 et que la communauté de vie entre les époux a donc été rompue. Il n'établit pas davantage contribuer à l'éducation et l'entretien de son enfant. Le requérant ne justifie pas d'une intégration particulière sur le territoire français alors qu'il a été condamné à une peine d'emprisonnement ferme de trois ans par un jugement du tribunal correctionnel de Toulouse du 17 novembre 2022. Par ailleurs, s'il fait valoir qu'il n'a pas pu renouveler son titre de séjour suite à une annulation du rendez-vous par la préfecture, cette circonstance ne faisait pas obstacle à ce que la préfète édicte une mesure d'éloignement à son encontre. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. C au respect de sa vie privée tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précitées. Pour les mêmes motifs, la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant et des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

14. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté contesté que la préfète aurait méconnu l'étendue de sa compétence avant d'édicter la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

15. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

16. Le requérant, dont le comportement constitue une menace pour l'ordre public, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour et n'établit pas en avoir demandé le renouvellement. Lors de son audition par les services de police le 6 mars 2023, l'intéressé, invité à formuler des observations sur une éventuelle mesure d'éloignement, a déclaré vouloir rester en France. Il ne démontre pas détenir des documents d'identité ou de voyage en cours de validité. Dans ces conditions, le requérant, qui ne justifie d'aucune circonstance particulière, n'est donc pas fondé à soutenir que la préfète aurait commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire ni qu'elle aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'impératif de proportionnalité doit également être écarté.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

17. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que compte tenu de l'entrée en France récente du requérant, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, d'une précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet et de son comportement troublant l'ordre public, une interdiction de retour de trois ans ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au regard de sa vie privée et familiale. Par suite, elle est suffisamment motivée.

19. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire.

20. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction prévue à l'article L. 612-11 ".

21. Bien que M. C soit entré sur le territoire français en 2015 et qu'il soit marié et ait un enfant, sa présence en France représente une menace pour l'ordre public. Il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Toulouse en date du 10 novembre 2022. M. C ne fait état d'aucune circonstance humanitaire de nature à faire obstacle à ce que soit prononcée à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Dans ces conditions, la préfète n'a pas commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées, ni davantage une erreur d'appréciation de sa situation personnelle en prononçant une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de trois ans. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète de Tarn-et-Garonne en date du 8 mars 2023.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Joubin la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

25. Enfin, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. C sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à Me Joubin et à la préfète de Tarn-et-Garonne.

Lu en audience publique le 14 mars 2023.

Le magistrat désigné,

F. A Le greffier,

M. B

La République mande et ordonne à la préfète de Tarn-et-Garonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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