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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2301560

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2301560

lundi 19 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2301560
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantFRITSCH VINCENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 mars et 11 mai 2023, la société d'économie mixte Themelia, représentée par la SCP Albarède et associés, demande au juge des référés :

1°) de condamner, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la société Beiser Environnement, à lui payer une somme de 22 564,20 euros, augmentée des intérêts légaux, eux-mêmes capitalisés ;

2°) de mettre à la charge de la société Beiser Environnement une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commune de Montdragon lui a confié par mandat de maîtrise d'ouvrage du 14 décembre 2018, sur le fondement des articles 3 et suivants de la loi MOP du 12 juillet 1958, la maîtrise d'ouvrage pour la construction d'une nouvelle école ;

- dans ce cadre elle a signé le 11 février 2021 avec la SAS Beiser Environnement un devis pour la fourniture d'une station de récupération d'eau de pluie pour un montant de 22 564,20 euros TTC ;

- elle a payé la somme de 22 564,20 euros le 23 février 2021 ;

- le délai d'exécution était " à réception du présent marché " ;

- par courrier électronique du 25 novembre 2021, elle a demandé la livraison de la station de récupération d'eau de pluie ;

- par courrier du 7 décembre 2021, la société Beiser Environnement a subordonné la livraison de la station de récupération d'eau au versement d'une somme supplémentaire de 12 000 euros HT ;

- cette augmentation de prix est disproportionnée ;

- la théorie de l'imprévision est inopérante ;

- par courrier du 20 décembre 2021, elle a mis en demeure la société de respecter le marché n° 21-013 et de livrer la station de récupération d'eau de pluie ; cette mise en demeure est restée sans effet ;

- la société Beiser n'a pas restitué la somme de 22 564,20 euros ;

- les litiges entre le sous-traitant et le mandataire de maîtrise d'ouvrage relèvent de la compétence du juge administratif ;

- elle demande donc la condamnation de la société Beiser au versement d'une somme provisionnelle de 22 564,20 euros outre les intérêts légaux ;

- les conclusions reconventionnelles de la société Beiser Environnement sont irrecevables.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 26 avril et 9 juin 2023, ce dernier non communiqué, la SAS Beiser Environnement, représentée par Me Fritsch, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à titre reconventionnel à la condamnation de la société Themelia à lui payer une somme provisionnelle de 14 400 euros à valoir sur ses dommages et intérêts ;

3°) à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Themelia sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le litige ne ressortit pas à la compétence de la juridiction administrative ;

- le contrat de vente d'une station de récupération d'eau de pluie n'est pas un contrat administratif ;

- la requête de la société Themelia qui n'expose pas son fondement, est irrecevable ;

- une absence de livraison ne saurait se traduire par l'allocation d'une provision correspondant, en pratique, au montant du devis alors que le contrat est toujours en vigueur ;

- après avoir signé la commande et payé le montant du devis, la société Themelia a discuté pendant un an la validité du contrat ;

- sa demande à la société Themelia de payer une somme supplémentaire était légitime au regard de l'augmentation des prix, du retard de livraison imputable à la société Themelia, de l'immobilisation du matériel depuis la validation de la commande par la société, de l'application de ses conditions générales de vente ;

- il y a lieu de faire application de la théorie de l'imprévision ;

- elle a subi un préjudice.

Vu les autres pièces du dossier.

Par ordonnance en date du 11 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au

19 mai 2023.

La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. La société d'économie mixte Themelia, agissant dans le cadre de la maitrise d'ouvrage que la commune de Montdragon lui avait déléguée pour la construction d'une école, a commandé, dans le cadre d'une procédure sans publicité ni mise en concurrence, et payé le 11 février 2021, une cuve de récupération d'eau de pluie à la société Beiser Environnement, pour un prix de 22 564,20 euros TTC. Puis, au motif que la commune de Montdragon aurait, le 29 janvier 2021, soit juste avant la commande du 11 février 2021, écarté l'offre de la société Beiser Environnement, la société Themelia a tenté, sans succès, de remettre en cause le contrat. En définitive, après plusieurs mois, la société Themelia a demandé à la société Beiser Environnement de livrer le matériel, mais la société Beiser Environnement a, alors, exigé un complément de prix de 12 000 euros. La société Themelia demande au juge des référés de condamner la société Beiser Environnement à lui payer à titre provisionnel une somme de 22 564,20 euros TTC. A titre reconventionnel, la société Beiser Environnement demande la condamnation de la société Themelia à lui payer une indemnité provisionnelle de 14 400 euros.

Sur la compétence du juge administrative :

2. La société Themelia a commandé à la société Beiser Environnement une cuve de récupération d'eau de pluie à enterrer, dans le cadre de la maîtrise d'ouvrage que lui avait déléguée la commune de Montdragon pour la construction d'une école. Le présent litige trouve son origine dans l'exécution d'un marché de travaux publics. L'exception d'incompétence de la juridiction administrative soulevée par la société Beiser Environnement doit dès lors être écartée.

Sur la recevabilité de la requête :

3. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge () ".

4. En l'espèce, si la société Themelia expose les faits, ainsi que les conclusions qu'elle soumet au juge, sa requête n'énonce pas le fondement juridique sur la base duquel elle demande que la société Beiser Environnement soit condamnée à lui payer une somme provisionnelle de 22 564,20 euros. Par suite, ladite requête est irrecevable.

Sur les conclusions reconventionnelles :

5. La recevabilité des conclusions reconventionnelles est conditionnée à la recevabilité de la requête en réponse à laquelle elles ont été présentées. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Themelia est irrecevable. Par suite, les conclusions reconventionnelles présentées dans la même instance par la société Beiser Environnement doivent également être rejetées.

Sur les frais du litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par chacune des parties sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société d'économie mixte Themelia est rejetée.

Article 2 : Les conclusions reconventionnelles présentées par la SAS Beiser Environnement ainsi que ses conclusions fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société d'économie mixte Themelia et à la SAS Beiser Environnement.

Fait à Toulouse, le 19 juin 2023.

La juge des référés,

A. Wolf

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation la greffière,

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