lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2301581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MERCIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 mars et le 19 avril 2023,
Mme A D, représentée par Me Mercier, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire en fixant le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à tout le moins, procéder au réexamen de sa demande dans le même délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme D soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
- les décisions attaquées sont signées par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision portant refus de la délivrance d'un titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est à tort estimé lié par l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration rendu le 19 janvier 2023 ;
- à défaut de communication par le préfet de la Haute-Garonne de l'avis émis par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, la procédure doit être considérée comme irrégulière ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle remplissait l'ensemble des conditions pour se voir délivrer une carte de séjour temporaire valable un an ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la prise en compte de son état de santé et de sa prise en charge médicale en cas de retour dans son pays d'origine ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle ;
- elle viole les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
- elle viole les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Biscarel, conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Mercier, représentant Mme D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que les pièces produites par le préfet sont difficilement exploitables et n'indiquent pas les prix des médicaments dans ces conditions, il aurait dû communiquer les éléments relatifs au coût du traitement prescrit à Mme D, la prise en charge financière par l'Etat géorgien du coût du traitement ne couvrirait qu'un mois, à défaut de prise de son traitement les crises d'épilepsie peuvent être mortelles, il ressort des pièces versées par le préfet qu'un des médicaments, à supposer qu'il puisse être substituer à celui prescrit à Mme D, n'est plus disponible, le VIMPAT, médicament à spectre restreint, n'est ni substituable ni disponible en Géorgie, dans ces conditions les dispositions de l'article L. 425-9 du code de justice administrative sont méconnues,
- les observations de Mme D, assistée par Mme Jorjik'ia, interprète en langue géorgienne, qui répond aux questions de la magistrate désignée,
- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent, ni représenté.
Une note en délibéré pour Mme D a été enregistrée le 20 avril 2023 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, de nationalité géorgienne, née le 7 décembre 1979 déclare être entrée en France le 2 avril 2019. Ella a sollicité le bénéfice de l'asile le 23 avril 2019. L'office français pour les réfugiés et les apatrides a rejeté une première fois sa demande d'asile le
16 septembre 2019 puis en raison d'un renvoi de l'examen de sa demande d'asile devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par la Cour nationale du droit d'asile, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a de nouveau rejeté sa demande d'asile le 4 septembre 2020. La requérante a demandé le réexamen de sa demande d'asile le 27 juin 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris, le 28 décembre 2022, une décision de clôture. Le 27 septembre 2022, Mme D a sollicité son admission au séjour pour motif humanitaire en raison de son état de santé. Le 24 février 2023, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de délivrer le titre de séjour à Mme D et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi. Par sa requête, Mme D demande l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 24 février 2023.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. () / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ".
4. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous les éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, la possibilité de bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressée peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. Pour refuser d'admettre Mme D au séjour, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur un avis du 19 janvier 2022, émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indiquant que son état de santé, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'elle pourra bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Pour contester cet avis, Mme D produit, à l'appui de ses écritures, un certificat médical du docteur B, daté du 22 mars 2023, révélant un état antérieur à la décision attaquée, dont il ressort tout d'abord qu'elle présente une pathologie complexe nécessitant un traitement continu composé de plusieurs médicaments ainsi qu'un suivi spécialisé et qu'en l'absence d'une telle prise en charge, des complications pourraient survenir dont certaines pourraient avoir des conséquences d'une extrême gravité telles que des crises d'épilepsie engageant son pronostic vital. A cet égard, la requérante produit un compte rendu de passage aux urgences, datant du 28 mars 2023, attestant de la nécessité de la prise de " VIMPAT " dès lors que l'absence d'une seule prise le matin a provoqué, le 27 mars 2023, trois crises convulsives généralisées sans retour à la conscience. Ensuite, il ressort du certificat médical du docteur B que la prise en charge nécessaire à la requérante est impossible en Géorgie dès lors que certaines molécules sont inaccessibles et que l'accès aux soins y est insuffisant. Ces éléments sont corroborés par des rapports, notamment de l'organisation mondiale de la santé et de l'organisation suisse d'aide aux réfugiés concernant l'accès aux soins et traitement médicaux en Géorgie. Mme D produit également des extraits de bases de données indiquant que le VIMPAT, traitement indispensable à son état de santé, n'est ni substituable ni disponible en Géorgie ainsi que des courriels du 17 avril 2023 émanant des laboratoires commercialisant le " Canderstan ", le " Alprazolam " et le " Captoril ", médicaments prescrits pour son hypertension, attestant de l'absence de leue commercialisation en Géorgie. Le préfet de la Haute-Garonne n'apporte aucun élément qui permettrait d'établir que le " VIMPAT " serait disponible en Géorgie. Dans ces conditions, ces éléments sont de nature à remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, l'autorité préfectorale n'apportant pas d'éléments en sens contraire, à démontrer que Mme D doit bénéficier d'une prise en charge médicale spécialisée dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par conséquent, le préfet de la Haute-Garonne, en refusant l'admission au séjour de la requérante, a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que le moyen invoqué à cet égard doit être accueilli et que la décision portant refus de séjour doit être annulée pour ce motif.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. Dans la mesure où un refus de titre de séjour n'est pas le fondement d'une obligation de quitter le territoire français, l'éventuelle annulation du refus de titre de séjour ne conduit pas, par elle-même, à l'annulation par voie de conséquence de l'obligation de quitter le territoire français, qui aurait pu être légalement prise en l'absence du refus de titre de séjour et n'est pas intervenue en raison de ce refus.
7. Il en va ainsi, en principe, pour les obligations de quitter le territoire français prises sur le fondement du 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, dans le cas où serait contesté à l'occasion d'un recours dirigé contre une telle obligation un refus de titre de séjour pris concomitamment, si le juge administratif annule le refus de titre de séjour, il lui appartient, s'il est saisi d'un moyen en ce sens, d'apprécier, eu égard au motif qu'il retient, si l'illégalité du refus de titre de séjour justifie l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français. Tel est le cas notamment lorsque le motif de l'annulation implique le droit de l'intéressé à séjourner en France.
8. Il résulte des motifs explicités au point 5 du présent jugement que le motif d'annulation du refus d'admission au séjour sollicité par la requérante en raison de son état de santé implique le droit au séjour de l'intéressée. Il s'ensuit que l'illégalité du refus d'admission au séjour qui lui a été opposée justifie l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre, quand bien même elle est également fondée sur les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision contestée par Mme D en raison de l'illégalité du refus de séjour doit être accueilli.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision portant refus d'admission au séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français, et par voie de conséquence, des décisions lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours et fixant le pays de renvoi. Il en résulte que l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 24 février 2023 doit être annulé dans l'ensemble de ses dispositions.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. L'annulation prononcée par le présent jugement implique que le préfet de la Haute-Garonne délivre un titre de séjour en qualité d'étranger malade à Mme D dans le délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement, et qu'il la munisse d'une autorisation provisoire de séjour dans cette attente. En l'état, il n'apparaît pas nécessaire d'assortir cette injonction de l'astreinte sollicitée.
Sur les frais liés au litige :
11. Sous réserve de l'admission définitive de la requérante à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Mercier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Mercier la somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à la requérante par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à la requérante.
D E C I D E :
Article 1er : Mme D est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 24 février 2023 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de délivrer à Mme D un titre de séjour en qualité d'étranger malade dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de la munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme D à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Mercier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Mercier la somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à la requérante par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à Mme D.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à Me Mercier et au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.
La magistrate désignée,
B. C La greffière,
V. BRIDET
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière en chef :
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026