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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2301871

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2301871

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2301871
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBEHECHTI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 avril 2023, M. C A B, représenté par Me Behechti, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 17 mars 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a prononcé son transfert aux autorités autrichiennes ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans le délai de vingt-quatre heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa demande ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le versement de cette même somme sur le seul fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;

- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- il est entaché d'une erreur de droit, car le préfet s'est estimé lié par la circonstance que sa demande semblait relever de la compétence des autorités autrichiennes ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ses conséquences sur sa situation ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions des articles 17.1 et 17.2 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 avril 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013,

- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E,

- les observations de Me Bachelet, substituant Me Behechti représentant M. A B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et invoque un nouveau moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles 25 et 26 du règlement (UE) n° 604/2013, car le préfet n'établit pas avoir saisi les autorités autrichiennes dans les délais et avoir obtenu un accord de leur part en ne produisant pas le courriel justifiant l'envoi de sa requête aux fins de reprise en charge et en ne produisant pas la preuve qu'il a transmis le constat d'accord implicite aux autorités autrichiennes,

- les observations de M. A B, assisté de M. D, interprète en langue arabe, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent, ni représenté.

Une note en délibéré présentée pour M. A B a été enregistrée le 13 avril 2023 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien, né le 31 mars 1994 à Menzei (Tunisie), déclare être entré sur le territoire français le 5 novembre 2022. Il s'est présenté le 20 décembre 2022 auprès de la préfecture de la Haute-Garonne pour y formuler une demande d'asile. Lors de l'enregistrement de son dossier, le relevé de ses empreintes décadactylaires a révélé qu'il avait introduit une demande similaire en Autriche le 29 octobre 2022. Par un arrêté du 17 janvier 2023, le préfet de la Haute-Garonne a décidé de transférer l'intéressé aux autorités autrichiennes. Par un jugement n° 2300548 du 14 février 2023, le tribunal administratif de Toulouse a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer la situation de M. A B dans un délai de quinze jours à compter de sa notification et de le munir dans l'attente d'une attestation de demande d'asile. Par un arrêté du 17 mars 2023, le préfet de la Haute-Garonne a prononcé le transfert de l'intéressé aux autorités autrichiennes. Par la présente requête, M. A B sollicite l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. En vertu du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, l'arrêté contesté vise le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, mentionne les raisons pour lesquelles l'Autriche a été identifiée comme l'Etat responsable de la demande d'asile du requérant et examine les effets de la mesure au regard de sa situation personnelle. Par suite, l'arrêté contesté, qui comporte l'énoncé de l'ensemble des considérations de droit et de fait qui le fondent, est suffisamment motivé.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / () ".

5. Il ressort des pièces produites par le préfet que M. A B s'est bien vu remettre par les services de la préfecture de la Haute-Garonne le 20 décembre 2022 l'ensemble des fascicules d'information composant la brochure commune instituée à l'article 4 précité, rédigés en langue arabe, qu'il a déclaré comprendre et savoir lire lors de l'entretien individuel du même jour. Le requérant a d'ailleurs attesté de la remise effective de ces documents en apposant sa signature le jour même sur les pages de garde de chacun d'entre eux. M. A B a bénéficié en temps utile d'une information complète sur les modalités d'application du règlement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel () est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. A B a été reçu en entretien individuel le 20 décembre 2022 au sein de la préfecture de la Haute-Garonne. Il a été mis à même de présenter, lors de cet entretien, toutes les observations pertinentes sur son itinéraire et sa situation personnelle. Le résumé de l'entretien mentionne que celui-ci a été mené avec l'aide d'une interprète en langue arabe, par un agent qualifié de la préfecture de la Haute-Garonne, lequel doit être regardé comme " personne qualifiée en vertu du droit national " pour mener l'entretien prévu à l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article ne peut qu'être écarté.

8. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant ou qu'il se serait estimé lié par la circonstance que la demande d'asile relevait des autorités autrichiennes. Les moyens d'erreur de droit soulevés sur ces points doivent être écartés.

9. En cinquième lieu, d'une part, il résulte de l'article 23 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride que, lorsque l'autorité administrative saisie d'une demande de protection internationale estime, au vu de la consultation du fichier Eurodac prévue par le règlement (UE) n° 603/2013 relatif à la création d'Eurodac, que l'examen de cette demande ne relève pas de la France, il lui appartient de saisir le ou les Etats qu'elle estime responsable de cet examen dans un délai maximum de deux mois à compter de la réception du résultat de cette consultation. À défaut de saisine dans ce délai, la France devient responsable de cette demande. Selon l'article 25 du même règlement, l'Etat requis dispose, dans cette hypothèse, d'un délai de deux semaines au-delà duquel, à défaut de réponse explicite à la saisine, il est réputé avoir accepté la reprise en charge du demandeur.

10. D'autre part, le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014, a notamment créé un réseau de transmissions électroniques entre les Etats membres de l'Union européenne ainsi que l'Islande et la Norvège, dénommé " Dublinet ", afin de faciliter les échanges d'information entre les Etats, en particulier pour le traitement des requêtes de prise en charge ou de reprise en charge des demandeurs d'asile. Selon l'article 19 de ce règlement, chaque Etat dispose d'un unique " point d'accès national ", responsable pour ce pays du traitement des données entrantes et de la transmission des données sortantes et qui délivre un accusé de réception à l'émetteur pour toute transmission entrante. Selon l'article 15 de ce règlement : " Les requêtes et les réponses, ainsi que toutes les correspondances écrites entre Etats membres visant à l'application du règlement (UE) n° 604/2013, sont, autant que possible, transmises via le réseau de communication électronique " DubliNet " établi au titre II du présent règlement (). / 2. Toute requête, réponse ou correspondance émanant d'un point d'accès national () est réputée authentique. / 3. L'accusé de réception émis par le système fait foi de la transmission et de la date et de l'heure de réception de la requête ou de la réponse ". Le 1 de l'article 5 du même règlement précise que : " 1. Lorsque, après vérification, l'État membre requis estime que les éléments soumis ne permettent pas de conclure à sa responsabilité, la réponse négative qu'il envoie à l'État membre requérant est pleinement motivée et explique en détail les raisons du refus. ".

11. Il ressort des pièces du dossier que M. A B s'est présenté le 20 décembre 2022 auprès des services de la préfecture de la Haute-Garonne afin d'y solliciter l'asile. L'autorité préfectorale a été informée par le ministère de l'intérieur le même jour de ce que le relevé de ses empreintes avait révélé que M. A B avait déposé une demande d'asile en Autriche le 29 octobre 2022. Le préfet de la Haute-Garonne soutient que les autorités autrichiennes ont été saisies le 26 décembre 2022, soit dans le délai de deux mois à compter de la réception du résultat positif Eurodac prévu par les dispositions de l'article 23 du règlement n° 604/2013, d'une demande de reprise en charge. Pour en justifier, il verse à l'instance un formulaire type de détermination de l'État membre responsable établi au nom de M. A B sous la référence " 9930666223-310 " et un accusé de réception correspondant à cette référence émis le 26 décembre 2022 à 11 heures 20 par le point d'accès national autrichien via le réseau de communication " DubliNet ". Le requérant soutient que l'absence de production par le préfet du courriel adressé par les autorités françaises aux autorités autrichiennes ne permet pas d'établir l'envoi régulier de la requête. Cependant, d'une part, il résulte des dispositions précitées de l'article 15 du règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 que l'accusé de réception émis via le réseau " DubliNet ", produit par le préfet, fait foi de la transmission aux autorités autrichiennes de la requête aux fins de reprise en charge de M. A B. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette transmission aurait été incomplète, alors que les autorités autrichiennes n'ont pas fait usage de la possibilité qu'elles tenaient pourtant de l'article 5 de ce même règlement de rejeter la demande des autorités françaises en raison de l'incomplétude des éléments qui leur étaient soumis. Il ressort par ailleurs du document intitulé " constat d'un accord implicite et confirmation de reconnaissance de la responsabilité " que les autorités autrichiennes n'ont donné aucune réponse à la demande de reprise en charge dans le délai de deux semaines mentionné à l'article 25 précité du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 et qu'ainsi, en vertu du paragraphe 2 de ce même article, elles doivent être regardées comme ayant tacitement donné leur accord à l'expiration de ce délai. Contrairement à ce qui est soutenu par l'intéressé, la circonstance que le préfet ne produise pas la preuve que ce document a été notifié aux autorités autrichiennes est sans incidence sur la légalité de la décision contestée. Dans ces conditions, M. A B n'est pas fondé à soutenir que les autorités autrichiennes n'ont pas été saisies d'une demande de reprise en charge dans les délais requis ni que ces autorités n'ont pas accepté de le reprendre en charge.

12. En sixième et dernier lieu, en vertu de l'article 17 de ce règlement : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () 2. L'Etat membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'Etat membre responsable, ou l'Etat membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre Etat membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre Etat membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. () ". Si la mise en œuvre, par les autorités françaises, des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 doit être assurée à la lumière des exigences définies par les dispositions du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, en vertu desquelles les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif, la faculté laissée à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile. Enfin, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

13. En l'espèce, si M. A B soutient avoir été contraint de déposer une demande d'asile par les autorités autrichiennes et avoir subi des violences de la part des militaires autrichiens, il ne produit aucun élément de nature à étayer ses allégations. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant présenterait des circonstances particulières qui justifieraient l'examen de sa demande d'asile en France. Par suite les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions des articles 17.1 et 17.2 du règlement (UE) n° 604/2013 doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant et des conséquences que l'arrêté litigieux emporte sur sa situation personnelle et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent également être écartés.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 mars 2023 par lequel le préfet de la Haute Garonne a prononcé son transfert aux autorités autrichiennes.

Sur les conclusions accessoires :

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction sous astreintes et aux frais non compris dans les dépens doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B, à Me Behechti et au préfet de la Haute-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.

Le magistrat désigné,

B. ELa greffière,

V. BRIDET

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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