Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 avril 2023 et 1er mars 2024, M. A... B..., représenté par Me Labro, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 24 mars 2023 du directeur général de l’agence régionale de santé (ARS) Occitanie portant suspension immédiate du droit d’exercice de sa profession de médecin spécialiste pour une durée de cinq mois ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat les entiers dépens et la somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée, en méconnaissance de l’article R. 4113-111 du code de la santé publique, s’agissant de l’urgence à prendre la décision et de l’existence d’un danger grave pour les patients ;
- elle est entachée d’un vice de procédure à défaut pour l’ARS Occitanie d’avoir respecté la procédure contradictoire prévue par les articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen sérieux et attentif de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d’erreur de droit dès lors que ni l’état pathologique d’un médecin, ni son insuffisance professionnelle ne peuvent être appréciés dans le cadre de la procédure prévue à l’article R. 4124-3 du code de la santé publique et non de l’article L. 4113-14 de ce code ; le directeur de l’ARS Occitanie ne disposait pas des expertises nécessaires ; l’ARS ne pouvait pas motiver la mesure de suspension sur une insuffisance professionnelle ou un état pathologique incompatible avec l’exercice de la profession ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation dès lors qu’il n’est pas démontré que son retard dans ses analyses et ses agissements caractériseraient l’existence d’un danger grave pour les patients au sens de l’article L. 4113-14 du code de la santé publique en ce que ses difficultés à organiser son temps de travail sont dues à la dégradation de ses conditions de travail depuis la réorganisation de l’entreprise et que les mains-courantes et accusations de consommation de cocaïne dont il a fait l’objet doivent être appréciées au regard du contexte de conflit au travail entre les associés ; il démontre ses connaissances, compétences et son aptitude aux fonctions ; les mains-courantes n’ont donné lieu à aucune poursuite pénale ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation dès lors qu’aucun élément autre que les dires de ses associés et des échantillons prélevés par C... elle-même ne corroborent les accusations de consommation de cocaïne sur le lieu de travail ; il justifie de bilans toxicologiques négatifs ; par décision du 6 juin 2023, le CNOM, se fondant sur un rapport d’expertise, a décidé de ne pas suspendre son droit d’exercer au motif qu’aucun élément ne caractérisait un état pathologique incompatible ;
- le 9 mai 2023, il s’est soumis à un examen de ses connaissances théoriques et pratiques ; il a été entendu par le CROM d’Occitanie sur le rapport d’expertise ; par décision du 23 mai 2023, le CROM a exclu l’insuffisance professionnelle et a décidé de ne pas suspendre son droit d’exercer pour ce motif ; par décision du 6 juin 2023, le CNOM, auquel la procédure fondée sur l’article R. 4124-3 du code de la santé publique a été transférée à l’expiration d’un délai de deux mois, n’a pas retenu l’état pathologique incompatible et a décidé de ne pas prononcer la suspension ;
- la décision de l’ARS n’est fondée sur aucun élément probant ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation sur l’existence d’une situation d’urgence à prononcer la mesure litigieuse dès lors qu’à la date de la décision attaquée, il était en congés depuis le 10 février 2023 et ne présentait donc aucun danger direct et immédiat pour la patientèle et que le SELAS Médipath s’est portée acquéreur de ses actions afin qu’il n’exerce plus au sein de cette entreprise ; les analyses en retard qui lui sont imputées ont été réparties sur les cinq autres associés du site toulousain ; il n’est pas démontré qu’il y aurait eu un impact sur la santé d’un patient.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 février 2024, l’agence régionale de santé d’Occitanie conclut, d’une part, au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête et, d’autre part, au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la décision contestée a cessé de produire effet à compter du 28 août 2023 de sorte que le litige a perdu son objet et qu’il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête ;
- l’urgence à prendre la mesure de suspension contestée est constituée dès lors que les délais de réalisation de l’expertise diligentée par le conseil régional de l’ordre des médecins d’Occitanie dans le cadre de la procédure de l’article R. 4124-3 du code de la santé publique sont incompatibles avec la situation en cause ;
- la mise en œuvre de l’article L. 4113-14 du code de la santé publique ne se substitue pas à la procédure distincte de l’article R. 4124-3 du même code ;
- il y avait urgence à prendre la décision litigieuse dès lors que M. B... pouvait mettre fin à tout moment à ses congés, la durée de la suspension dépassant d’ailleurs la durée de ceux-ci, dès lors que la pratique de M. B... est non-conforme au code de déontologie médicale et met en évidence une insuffisance professionnelle dans un contexte de possible état pathologique ; à supposer même que les éléments relatifs à cet état pathologique de M. B... soient écartés, son comportement au travail exposait la patientèle à un risque et à une perte de chance injustifiés, en particulier pour les patients susceptibles d’être porteurs de maladies graves oncologiques ;
- le comportement de M. B... est de nature à détériorer la qualité de son propre travail et à faire obstacle au bon accomplissement de leurs missions par ses confrères et, partant, à porter préjudice à la patientèle de C... ;
- la méconnaissance de ses obligations déontologiques par M. B... est caractérisée et fait courir un risque de retards de diagnostics et de prise en charge efficace des patients ; M. B... ne met pas en pratique ses compétences ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 1er février 2024, la clôture de l’instruction a été fixée au 8 mars 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Lejeune,
- et les conclusions de M. Déderen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
M. B..., médecin spécialiste en anatomie et cytologie pathologiques, exerçait au sein de C..., à Toulouse, lorsque, par décision du 24 juin 2023, le directeur général de l’ARS Occitanie a prononcé à son encontre une suspension immédiate du droit d’exercice professionnel pour une durée de cinq mois. M. B... conteste cette décision devant le présent tribunal.
Sur l’exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
La circonstance que la décision portant suspension immédiate du droit d’exercice professionnel d’une durée de cinq mois a produit tous ses effets postérieurement à l’introduction de la requête à fin d’annulation de cette décision n’a pas pour effet de priver d’objet le litige. Dès lors, l’exception de non-lieu à statuer opposée par l’ARS Occitanie est écartée.
Sur les conclusions de la requête :
En ce qui concerne le cadre juridique du litige :
Aux termes de l’article L. 4113-14 du code de la santé publique : « En cas d'urgence, lorsque la poursuite de son exercice par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme expose ses patients à un danger grave, le directeur général de l'agence régionale de santé dont relève le lieu d'exercice du professionnel prononce la suspension immédiate du droit d'exercer pour une durée maximale de cinq mois. Il entend l'intéressé au plus tard dans un délai de trois jours suivant la décision de suspension. / Le directeur général de l'agence régionale de santé dont relève le lieu d'exercice du professionnel informe immédiatement de sa décision le président du conseil départemental compétent et saisit sans délai le conseil régional ou interrégional lorsque le danger est lié à une infirmité, un état pathologique ou l'insuffisance professionnelle du praticien, ou la chambre disciplinaire de première instance dans les autres cas. Le conseil régional ou interrégional ou la chambre disciplinaire de première instance statue dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. En l'absence de décision dans ce délai, l'affaire est portée devant le Conseil national ou la Chambre disciplinaire nationale, qui statue dans un délai de deux mois. A défaut de décision dans ce délai, la mesure de suspension prend fin automatiquement. / Le directeur général de l'agence régionale de santé dont relève le lieu d'exercice du professionnel informe également les organismes d'assurance maladie dont dépend le professionnel concerné par sa décision et le représentant de l'Etat dans le département. / Le directeur général de l'agence régionale de santé dont relève le lieu d'exercice du professionnel peut à tout moment mettre fin à la suspension qu'il a prononcée lorsqu'il constate la cessation du danger. Il en informe le conseil départemental et le conseil régional ou interrégional compétents et, le cas échéant, la chambre disciplinaire compétente, ainsi que les organismes d'assurance maladie et le représentant de l'Etat dans le département. / Le médecin, le chirurgien-dentiste ou la sage-femme dont le droit d'exercer a été suspendu selon la procédure prévue au présent article peut exercer un recours contre la décision du directeur général de l'agence régionale de santé dont relève le lieu d'exercice du professionnel devant le tribunal administratif, qui statue en référé dans un délai de quarante-huit heures. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat. / Le présent article n'est pas applicable aux médecins, chirurgiens-dentistes et sages-femmes qui relèvent des dispositions de l'article L. 4138-2 du code de la défense. » Aux termes de l’article R. 4113-11 de ce code : « La décision de suspension prononcée en application de l'article L. 4113-14 est notifiée au médecin, au chirurgien-dentiste ou à la sage-femme par l'autorité administrative compétente par lettre remise en mains propres contre émargement. La décision précise la date à laquelle l'audition de l'intéressé prévue à ce même article a lieu. La décision est motivée. / La mesure de suspension prend fin de plein droit lorsque la décision de l'instance ordinale est intervenue en application du deuxième alinéa de l'article L. 4113-14, ou lorsqu'il n'a pas été procédé à l'audition du médecin, du chirurgien-dentiste ou de la sage-femme dans le délai prévu à ce même article, sauf si l'absence de cette formalité est le fait de l'intéressé lui-même. »
En ce qui concerne la légalité externe de la décision attaquée :
D’une part, la décision contestée se réfère aux dispositions applicables du code de la santé publique. Ses motifs résument la situation de M. B... et précise les éléments qui la fondent. Dès lors, la décision attaquée est suffisamment motivée, conformément à l’article R. 4113-11 précité du code de la santé publique.
D’autre part, aux termes de l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. » Aux termes de l’article L. 121-2 de ce code : « Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / (…) 3° Aux décisions pour lesquelles des dispositions législatives ont instauré une procédure contradictoire particulière ». Aux termes de l’article L. 122-1 même code : « Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique. » Aux termes de l’article L. 211-2 de ce code : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. »
En prévoyant que la procédure contradictoire peut n’être organisée qu’après le prononcé de la mesure de suspension provisoire d’une sage-femme, sous réserve que l’intéressée soit convoquée dans un délai n’excédant pas trois jours à compter de cette décision pour faire valoir ses observations, l’article L. 4113-14 du code de la santé publique a entendu instaurer une procédure contradictoire particulière au sens du 3° de l’article L. 121-2 du code des relations entre le public et l’administration. Par ailleurs, la décision par laquelle le directeur général d’une agence régionale de santé suspend le droit d’exercice professionnel d’un médecin en vertu de l’article L. 4113-14 ne fait pas partie des décisions mentionnées à l’article L. 122-1 du code des relations entre le public et l’administration.
Il résulte de ce qui précède que M. B... n’est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée de vice de procédure dès lors que l’ARS Occitanie n’a pas diligenté de procédure contradictoire préalable.
En ce qui concerne la légalité interne :
En premier lieu, aux termes de l’article R. 4124-3 du code de la santé publique : « I.-Dans le cas d'infirmité ou d'état pathologique rendant dangereux l'exercice de la profession, la suspension temporaire du droit d'exercer est prononcée par le conseil régional ou interrégional pour une période déterminée, qui peut, s'il y a lieu, être renouvelée. / Le conseil est saisi à cet effet soit par le directeur général de l'agence régionale de santé soit par une délibération du conseil départemental ou du conseil national. Ces saisines ne sont pas susceptibles de recours. / (…) ».
Il résulte de ces dispositions, combinées avec celles de l’alinéa 2 l’article L. 4113-1 précité du code de la santé publique, que le directeur général de l’ARS peut considérer qu’un danger grave, au sens de l’alinéa 1er du même article, est lié à une infirmité, à un état pathologique ou à l’insuffisance professionnelle du praticien, auquel cas il en informe immédiatement le conseil départemental de l’ordre concerné et saisit sans délai le conseil régional ou interrégional de l’ordre compétent. Il suit de là que le directeur général de l’ARS Occitanie a pu, sans commettre d’erreur de droit, estimer que le danger grave et immédiat à laquelle la patientèle de M. B... était exposée était liée à un état pathologique ou l’insuffisance professionnelle de ce praticien. Dès lors, ce moyen est écarté.
En deuxième lieu, le requérant ne saurait utilement soutenir qu’à la date d’édiction de la décision attaquée il était placé en congés depuis le 10 février 2023, que par ailleurs C... se serait portée acquéreur de ses actions afin de l’évincer et que ses analyses en retard ont finalement été confiées aux autres médecins du laboratoire pour démontrer l’absence d’urgence à prendre la mesure contestée.
En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le comportement au travail de M. B... a fait l’objet de plusieurs signalements de la part de ses collègues. Le 26 septembre 2022, une des six associés de M. B... a déposé une main-courante près la gendarmerie de Portet-sur-Garonne, expliquant que M. B... entre dans leurs bureaux en leur absence, y laisse des détritus, a une attitude agressive et consomme de l’alcool et des cigarettes au travail. Le même jour, deux autres associés ont également déposé une main-courante, relatant les insultes et le comportement désagréable voire virulent de M. B... à leur égard, sur le lieu de travail, et expliquant qu’un tel comportement entravait le bon fonctionnement du laboratoire. Le 28 novembre 2022, une autre des associés de M. B... a déposé une main-courante dénonçant les insultes dont elle faisait l’objet de la part de l’intéressé, sur le lieu de travail. Pour sa part, M. B... se borne à soutenir que son comportement doit être qualifié au regard d’un contexte de mal-être au travail, conséquence de la restructuration de l’entreprise à compter du 1er juillet 2021. Toutefois, sans nier les difficultés que M. B... a pu éprouver pour s’habituer à la nouvelle organisation au travail, un tel contexte ne justifie pas le comportement ainsi relaté par ses collègues et non sérieusement contesté par le requérant. Par ailleurs, M. B... ne conteste pas qu’au mois de février 2023, il accumulait 950 examens anatomo-pathologiques en retard. Il ressort d’un procès-verbal de constat d’huissier du 10 février 2023, mandaté par le représentant légal de C... en raison d’un important retard de M. B... dans la lecture des prélèvements anatomo-pathologiques, que C... a reçu des courriels de la part des médecins prescripteurs des analyses lui demandant de confier les analyses prescrites aux associés de M. B.... Enfin, par courrier du 22 février 2023, le président du conseil départemental de l’ordre des médecins de la Haute-Garonne a signalé ce retard important dans l’exécution de ses tâches au directeur général de l’ARS Occitanie comme constituant une « véritable entrave à une prise en charge optimale des patients en leur faisant courir un risque injustifié pouvant induire un retard de prise en charge et de diagnostic précoce de maladies graves ». M. B..., en se bornant à soutenir que les analyses en retard ont finalement été confiées à ses collègues et qu’une expertise diligentée par le CROM Occitanie, réalisée le 9 mai 2023, a conclu qu’il disposait des connaissances et compétences pour exercer sa profession, ne conteste pas sérieusement l’existence de ses nombreux retards et le risque qu’ils faisaient courir à la patientèle. L’ensemble de ces éléments suffit à caractériser le danger grave que le comportement délétère de M. B... au travail faisait courir à sa patientèle particulière.
En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier et en particulier d’un procès-verbal de constat d’huissier du 23 décembre 2022 que, ce jour-là, le représentant légal de C... a confié à l’huissier de justice un « sachet plastique contenant deux rouleaux de papier, l’un de couleur verte, l’autre de couleur blanche » qui ont ainsi été placés sous scellées. Si un document, intitulé « vie professionnelle avec le DR B..., novembre décembre 2021 », produit dans le cadre de la présente instance, précise qu’une analyse pratiquée par un huissier de justice se serait révélée positive à la cocaïne, aucun élément du dossier ne permet de rattacher cette analyse aux rouleaux de papiers confiés à l’huissier de justice le 23 décembre 2022, ni à établir que ces rouleaux appartenaient effectivement à M. B.... De même, aucun élément du dossier ne corrobore l’affirmation selon laquelle des traces de poudre blanche, révélées positives à la cocaïne, ont été trouvées au sein du laboratoire et seraient présentes du fait de M. B.... Enfin, la circonstance que, le 23 janvier 2023, M. B... a refusé de se soumettre à un test toxicologique n’est pas à elle seule suffisante pour avérer une consommation de cocaïne par le requérant sur son lieu de travail et être retenue à son encontre pour fonder la décision litigieuse.
Toutefois, ainsi qu’il a été dit au point 11 du présent jugement, le comportement agressif et délétère de M. B... au travail et l’important retard qu’il a accumulé dans l’accomplissement de ses travaux d’analyses suffisent à caractériser l’existence d’un danger grave et immédiat pour la patientèle et fonder la décision litigieuse. Dès lors, le moyen tiré d’une erreur d’appréciation de l’existence d’une situation de danger grave est écarté.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B... à fin d’annulation de la décision litigieuses sont rejetées.
Sur les frais de l’instance :
L’Etat n’étant pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance, il n’y a pas lieu de mettre une somme à sa charge au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. En l’absence de dépens, les conclusions présentées par M. B... sur le fondement de l’article R. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au directeur de l’agence régionale de santé Occitanie.
Délibéré après l'audience du 26 février 2026, à laquelle siégeaient :
M. Clen, président,
Mme Cuny, conseillère,
Mme Lejeune, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2026.
La rapporteure,
A. LEJEUNE
Le président,
CLEN
La greffière,
F. SOLANA
La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,