vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2302232 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ZANIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 avril 2023, Mme B A, représentée par Me Zanin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 février 2023 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dès la notification du jugement à intervenir, ou, à tout le moins, une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé un délai d'un mois après la notification de ce jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 17 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 août suivant.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Dans cette affaire, la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Frindel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne, déclare être entrée en France le 21 mars 2017. Le 21 avril 2022, elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale et en qualité de salariée. Après avoir examiné sa demande sur le fondement du 5° de l'article 6 et du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, le préfet de la Haute-Garonne, par une décision du 21 février 2023, a refusé de l'admettre au séjour, que ce soit de droit ou de manière discrétionnaire. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. En premier lieu, par un arrêté du 30 janvier 2023 publié le même jour au recueil administratif spécial n° 31-2023-01-30-00015, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration, pour signer notamment les décisions portant refus d'admission au séjour. La circonstance que cette délégation de signature n'est pas visée dans la décision contestée est sans incidence sur sa légalité. Par suite, et alors que la requérante n'établit pas que le préfet de la Haute-Garonne n'était pas absent ou empêché, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :/ 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En application des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. La décision attaquée vise les stipulations du 5° de l'article 6 et celles du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié précité, et précise que si l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas applicable aux ressortissants algériens, il appartient toutefois au préfet d'apprécier l'opportunité d'une mesure de régularisation à titre dérogatoire. La décision attaquée mentionne par ailleurs l'état civil de la requérante, précise ses conditions d'entrée en France et expose les raisons pour lesquelles le préfet a considéré que celle-ci ne remplissait pas les conditions pour obtenir le titre de séjour sollicité. En particulier, il a relevé que la présence en France de membres de sa famille en situation régulière ne conférait à l'intéressée aucun droit au séjour, qu'elle ne démontrait pas avoir créé sur le territoire national des liens personnels et familiaux suffisants pour justifier sa régularisation et qu'elle n'établissait pas être dépourvue d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine. Il a en outre relevé que, si Mme A produisait une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée à temps plein, elle ne détenait pas de visa de long séjour, et qu'elle ne démontrait pas que son employeur serait dans l'impossibilité de mettre en œuvre la procédure légale d'introduction d'un salarié étranger depuis l'Algérie. Dans ces conditions, et alors qu'il n'avait pas à faire état de tous les éléments de la situation de la requérante, le préfet a suffisamment exposé les considérations de droit et de fait fondant sa décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision contestée doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de Mme A.
6. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Il ressort des pièces du dossier que si Mme A déclare être entrée en France le 2 mars 2017 et se prévaut de plus de cinq années de résidence habituelle sur le territoire national à la date de la décision attaquée, les trois fiches de paie et l'attestation d'hébergement produites au dossier permettent seulement d'établir sa présence pour la période allant du 1er septembre au 30 novembre 2018, et depuis le mois de mars 2022. En outre, il ressort des pièces du dossier que la requérante est célibataire et sans charge de famille, et qu'elle a vécu la majorité de sa vie en Algérie, pays qu'elle a quitté, selon ses déclarations, à l'âge de 28 ans. Si elle se prévaut de la présence sur le territoire français de ses parents en situation régulière, elle ne démontre pas la nécessité de résider auprès d'eux. En outre, elle ne produit aucun élément de nature à établir l'intensité des liens qui l'unissent à ses frères et sœurs présents en France et ne saurait en tout état de cause pas utilement se prévaloir de la présence de son frère en situation irrégulière. Par ailleurs, elle ne justifie pas d'une intégration professionnelle particulière en France par la seule production d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée pour un emploi d'agent d'entretien. Enfin, à supposer que Mme A entende se prévaloir de son état de santé, elle ne produit aucun certificat médical au soutien de ses déclarations. Dans ces circonstances, la décision contestée n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par Mme A doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Zanin et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.
Le rapporteur,
T. FRINDEL
La présidente,
V. POUPINEAULa greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026