mercredi 20 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2302409 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | OUDDIZ-NAKACHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrés les 25 avril, 1er mai, 28 août 2023, 15, 26 et 30 juillet, 11, 13, 14, 20, 21, 25 et 30 septembre et 1er, 4 et 7 octobre 2024, M. A demande l'annulation de la décision prise en appel auprès de la commission d'appel régionale de discipline du 5 avril 2023 portant exclusion définitive de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de Figeac.
Il fait valoir que :
- la décision a été prise en méconnaissance du principe d'impartialité et en méconnaissance du principe du contradictoire et qu'elle s'inscrit dans le contexte plus large de harcèlement et de discriminations sur fond de représailles politiques ;
- la décision est disproportionnée au regard de son état de santé et de sa situation personnelle car il est chômeur de longue durée et en reconversion professionnelle;
- la décision a été prise en méconnaissance du code du travail car il était en arrêt de travail pour raison de santé à la date de la décision.
Par un mémoire enregistré le 19 mai 2023, le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire conclut qu'il appartient au directeur régional de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de défendre à l'instance.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 août 2023, le directeur régional de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt d'Occitanie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à M. A par une décision du 6 juin 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viseur-Ferré, présidente-rapporteure,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public
- et les observations de Me Ouddiz-Nakache, avocate, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A était inscrit en formation certification de qualification professionnelle (CQP), mention Ouvrier qualifié de l'exploitation viticole, au sein de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA) de Figeac pour une durée de six mois courant du 9 décembre 2022 au 24 mai 2023 sur la base d'une convention bilatérale. A la suite de faits s'étant déroulés le 8 février 2023, M. A a fait l'objet d'une procédure disciplinaire ayant conduit à une décision d'exclusion définitive de l'établissement. Par la décision attaquée du 5 avril 2023 la commission d'appel régionale de discipline a confirmé cette exclusion définitive.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, M. A soutient que la décision a été prise en méconnaissance du principe d'impartialité et en méconnaissance du principe du contradictoire et qu'elle s'inscrit dans le contexte plus large de harcèlement et de discriminations sur fond de représailles politiques. Toutefois, à l'appui de ces dernières allégations de harcèlement et de discriminations sur fond de représailles politiques, M. A se borne à faire état des décisions individuelles défavorables, prises par diverses administrations sans lien les unes avec les autres. Au surplus il ne démontre pas, par les éléments qu'il produit que ces décisions seraient dénuées de fondement. En outre, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la commission d'appel régionale de discipline aurait manqué d'impartialité dans l'examen de son dossier. Enfin, il ressort des pièces du dossier que l'ensemble des membres de la commission, comme M. A ont été convoqués le 16 mars 2023 pour participer à la séance de la commission chargée d'examiner le recours de M. A le 5 avril 2023, ce courrier ayant été réceptionné par le requérant le 24 mars 2023. La convocation précisait la sanction contestée et les faits reprochés, la date, l'heure et le lieu précis de la commission, la possibilité pour M. A de consulter son dossier à compter du 20 mars 2023 en prenant rendez-vous par mail (deux adresses mails transmises ainsi que le nom de deux correspondants), la possibilité de se faire accompagner d'une ou plusieurs personnes de son choix et la possibilité de formuler des observations écrites. Toutefois la veille de la séance, M. A a adressé un mail à l'adresse indiquée pour consulter son dossier en indiquant qu'il était en arrêt de travail depuis le 10 février 2023 mais sans solliciter le report de la commission. La commission, qui s'est tenue après vérification des règles de quorum et après avoir entendu la directrice de l'EPLEFPA, a examiné les pièces transmises par M. A dans son courriel de la veille. Il ressort également du compte-rendu de la commission que ses membres ont débattu puis se sont prononcés à bulletin secret et à l'unanimité pour l'exclusion définitive de M. A. Dès lors, le principe du contradictoire n'a pas non plus été méconnu et le moyen doit être rejeté en toutes ses branches.
3. En deuxième lieu, dès le début de la formation de six mois, mentionnée au point 1, M. A a manifesté un comportement irrespectueux des règles de l'établissement, trente-trois retards étant relevés entre le 12 décembre 2022 et le 9 février 2023. Rappelé à l'ordre M. A non seulement ne prendra pas la mesure des perturbations générées par ses retards, mais maintiendra une attitude désinvolte et surtout répliquera de façon agressive aux enseignants mais également aux autres stagiaires déplorant son manque d'implication dans cette formation. Enfin, le 8 février 2023, M. A à l'occasion du déjeuner dans le restaurant de l'établissement a invectivé le personnel de restauration, leur reprochant leur statut de fonctionnaires et en indiquant que les fonctionnaires sont " des privilégiés, [] tous fainéants, des fonctionnaires gauchistes, extrémistes ", et exprimant sa détestation des fonctionnaires, de façon à être largement entendu dans le local. M. A a ensuite refusé de suivre le secrétaire général de l'établissement qui lui demandait de le suivre dans son bureau et l'a insulté, toujours dans le local de restauration. Ces faits ressortent tant des pièces du dossier que des écritures du requérant qui assume et revendique pleinement son comportement et ses propos. Dès lors, bien que M. A indique être au chômage depuis de nombreuses années, être tributaire des minima sociaux et être engagé dans une reconversion professionnelle, ces éléments ne permettent pas d'établir que la décision d'exclusion serait disproportionnée au regard de la gravité des faits reprochés à M. A.
4. En dernier lieu, il ne résulte d'aucun texte législatif, ni réglementaire, l'interdiction de prononcer l'exclusion définitive d'un stagiaire de formation adulte de l'établissement d'enseignement au sein duquel il suit une formation au motif qu'il serait placé en situation d'arrêt de travail, sous réserve que cette décision ne soit pas entachée d'une discrimination liée à l'état de santé de l'intéressé. Au cas présent, il résulte de ce qui a été exposé au point précédent que ce n'est pas l'état de santé de M. A qui a fondé la décision d'exclusion définitive du 5 avril 2023, mais les différents comportements fautifs de M. A. Le moyen tiré de la méconnaissance du code du travail ne peut donc qu'être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision prise en appel auprès de la commission d'appel régionale de discipline du 5 avril 2023 portant exclusion définitive de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole de Figeac.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur régional de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt d'Occitanie.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Viseur-Ferré, présidente,
Mme Péan, conseillère,
Mme Préaud, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2024.
L'assesseure la plus ancienne,
C. PÉANLa présidente-rapporteure,
C. VISEUR-FERRÉ
La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026