mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2302444 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LASPALLES |
Vu les procédures suivantes :
I. J une requête enregistrée sous le n° 2302444 le 28 avril 2023, M. H I, représenté J Me Laspalles, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 avril 2023 J lequel le préfet de la Haute-Garonne a prononcé son transfert aux autorités italiennes ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué définitivement sur sa demande d'asile dans le délai de soixante-douze heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros J jour de retard, en application des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- cet arrêté est entaché d'une incompétence de son signataire ;
- cet arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;
- il n'a pas été informé de ce qu'il pouvait se rendre J ses propres moyens en Italie en méconnaissance de l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il n'a pas été informé du délai de transfert et des conséquences d'une inexécution du transfert dans le délai imparti quant à la détermination de l'Etat membre responsable du traitement de sa demande d'asile ;
- les pièces du dossier ne permettent pas de vérifier qu'il a bénéficié d'un entretien individuel avec une personne qualifiée en vertu du droit national, en méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- il est impossible de s'assurer qu'il aurait reçu toute l'information requise sur la procédure Dublin en temps utile en méconnaissance de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- l'autorité préfectorale n'établit pas que les informations exigées J l'article 29 paragraphe 1er du règlement (UE) n° 603/2013 lui ont été fournies ;
- l'autorité préfectorale n'établit pas que la comparaison entre les empreintes digitales relevées en France et en Italie a fait l'objet d'une vérification J un expert en empreintes digitales, en méconnaissance de l'article 25 § 4 du règlement (UE) n° 603/2013 ;
- le préfet a édicté sa décision sans prendre en considération ses observations et sans se fonder sur des éléments objectifs ;
- il n'a pas été mis en mesure de quitter volontairement le territoire national ;
- les raisons pour lesquelles le transfert d'office a été décidé ne sont pas expliquées ;
- le préfet n'établit pas que l'Italie aurait été saisie d'une demande de prise en charge en application de l'article 13.1 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- le préfet n'a pas explicité les raisons pour lesquelles il considérait qu'il n'y a pas lieu de mettre en œuvre la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- cet arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 et de l'article L. 742-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'Italie connaît des défaillances systémiques dans les conditions d'accueil des demandeurs d'asile ;
- cet arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 17, 17.1 et 17.2 du règlement (UE) n° 604/2013 et de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
J un mémoire en défense enregistré le 5 mai 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II. J une requête enregistrée sous le n°2302445 le 28 avril 2023, Mme E B, représentée J Me Laspalles, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 avril 2023 J lequel le préfet de la Haute-Garonne a prononcé son transfert aux autorités italiennes ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué définitivement sur sa demande d'asile dans le délai de soixante-douze heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros J jour de retard, en application des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- cet arrêté est entaché d'une incompétence de son signataire ;
- cet arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;
- elle n'a pas été informé de ce qu'il pouvait se rendre J ses propres moyens en Italie en méconnaissance de l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- elle n'a pas été informée du délai de transfert et des conséquences d'une inexécution du transfert dans le délai imparti quant à la détermination de l'Etat membre responsable du traitement de sa demande d'asile ;
- les pièces du dossier ne permettent pas de vérifier qu'elle a bénéficié d'un entretien individuel avec une personne qualifiée en vertu du droit national, en méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- il est impossible de s'assurer qu'elle aurait reçu toute l'information requise sur la procédure Dublin en temps utile en méconnaissance de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- l'autorité préfectorale n'établit pas que les informations exigées J l'article 29 paragraphe 1er du règlement (UE) n° 603/2013 lui ont été fournies ;
- l'autorité préfectorale n'établit pas que la comparaison entre les empreintes digitales relevées en France et en Italie a fait l'objet d'une vérification J un expert en empreintes digitales, en méconnaissance de l'article 25 § 4 du règlement (UE) n° 603/2013 ;
- le préfet a édicté sa décision sans prendre en considération ses observations et sans se fonder sur des éléments objectifs ;
- elle n'a pas été mise en mesure de quitter volontairement le territoire national ;
- les raisons pour lesquelles le transfert d'office a été décidé ne sont pas expliquées ;
- le préfet n'établit pas que l'Italie aurait été saisie d'une demande de prise en charge en application de l'article 13.1 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- le préfet n'a pas explicité les raisons pour lesquelles il considérait qu'il n'y a pas lieu de mettre en œuvre la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- cet arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 et de l'article L. 742-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'Italie connaît des défaillances systémiques dans les conditions d'accueil des demandeurs d'asile ;
- cet arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 17, 17.1 et 17.2 du règlement (UE) n° 604/2013 et de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
J un mémoire en défense enregistré le 5 mai 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jorda, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués J l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les observations de Me Bourqueney substituant Me Laspalles, représentant
M. I et Mme B, absents, qui conclut aux mêmes fins J les mêmes moyens et précise que, au regard des pièces produites J le préfet, un doute sérieux existe sur la capacité de M. I et Mme B à lire en français, et en l'absence de la mention de la durée de l'entretien individuel, rien ne permet de s'assurer de leur bonne compréhension des informations transmises, que, en l'absence d'accord de prise en charge explicite de la part des autorités italiennes et au regard des défaillances systémiques en Italie, d'ailleurs, constatées dans un discours du ministre de l'Intérieur la veille, il invoque une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles 3 et 17 du règlement Dublin, que le préfet sait lui-même qu'il sera difficile de mettre en œuvre les transferts vers l'Italie et que, pour cette raison, il n'a pas assorti ces décisions d'une mesure d'assignation à résidence,
- les observations de Mme D représentant le préfet de la Haute-Garonne qui conclut aux mêmes fins J les mêmes moyens et précise que les deux requérants parlent français, que, au regard de cette circonstance, les brochures leur ont été remis en français, que la durée moyenne d'un entretien est comprise entre 20 et 30 minutes conformément à l'article 5 du règlement Dublin, que l'accord exprès des autorités italiennes n'est pas obligatoire, que l'Italie aurait pu s'opposer aux demandes de transferts, que la situation politique de l'Italie n'est pas systémique mais ponctuelle, qu'elle n'a pas vocation à mettre à mal le système des demandes d'asile mis en place J le règlement Dublin, que des prémices à la politique actuelle existaient en 2019, sans que cela n'ait empêché l'Italie de recevoir les transferts, que le délai d'exécution d'un transfert est de minimum six mois, que, pendant cette période, les requérants peuvent bénéficier des droits auxquels ils peuvent prétendre et qu'à l'issue de ce délai, les autorités françaises seront chargées d'étudier la demande d'asile, si les arrêtés n'ont pas pu être exécutés.
Considérant ce qui suit :
1. M. I et Mme B, ressortissants ivoiriens, respectivement nés les 14 août 1997 à Abobo (Côte d'Ivoire) et 1er avril 1985 à Man (Côte d'Ivoire), ont déclaré être entrés sur le territoire français le 22 décembre 2022 et se sont présentés, respectivement à la préfecture de Cergy Pontoise et à la préfecture du Val-d'Oise, le 5 janvier 2023, pour y formuler une demande d'asile. Lors de l'enregistrement de leur dossier complet le même jour, les relevés de leurs empreintes décadactylaires ont révélé que des relevés d'empreintes avaient été effectués J les autorités italiennes le 22 octobre 2022. J deux arrêtés du 18 avril 2023, le préfet de la Haute-Garonne a décidé du transfert des intéressés aux autorités italiennes. J leurs présentes requêtes, M. I et Mme B demandent au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur la jonction
2. Les requêtes n° 2302444 et n° 2302445 concernent deux membres d'une même famille, présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. J suite, il y a lieu de joindre ces requêtes pour y statuer J un jugement commun.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit J le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit J la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes des intéressés, de prononcer leur admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, J un arrêté du 13 mars 2023 publié le 15 mars 2023 au recueil administratif spécial, le préfet de la Haute-Garonne a donné à Mme G C, adjointe à la directrice des migrations et de l'intégration, délégation pour signer, en l'absence ou en cas d'empêchement de la directrice, les arrêtés portant transfert d'un étranger dans le cadre de l'Union européenne. J suite, le moyen tiré du défaut de compétence de la signataire des arrêtés attaqués doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise J l'autorité administrative () ". Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement du 26 juin 2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère de détermination dont il est fait application.
6. Les deux arrêtés attaqués du 18 avril 2023 prononçant le transfert de M. I et Mme B aux autorités italiennes visent le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, relèvent le caractère irrégulier de leur entrée en France, indiquent qu'ils se sont présentés, respectivement devant les services de la préfecture de Cergy Pontoise et du Val-d'Oise, le
5 janvier 2023 pour y formuler une demande d'asile, et précise que la consultation du système Eurodac a révélé que des relevés d'empreintes avaient été effectués J les autorités italiennes le 22 octobre 2022. Les arrêtés indiquent J ailleurs que les autorités italiennes, saisies le
1er février 2023 pour M. I et le 9 janvier 2023 pour Mme B, sur le fondement de l'article 13.1 de ce règlement, ont donné leur accord implicite à la prise en charge des requérants, respectivement les 3 avril 2023 et 10 mars 2023 et mentionnent que la volonté des intéressés de se maintenir en France est motivée, pour ce qui est de M. I J le fait qu'il aurait des problèmes familiaux et serait menacé de mort et pour Mme B J le fait qu'elle n'ait pas de logement en Italie et aurait du mal à communiquer. Dans ces conditions, les arrêtés attaqués comportent les considérations de droit et de fait sur lesquelles ils se fondent. J suite, les moyens tirés du défaut de motivation des arrêtés attaqués manquent en fait et doivent, J suite, être écartés.
7. En troisième lieu, contrairement à ce que soutiennent M. I et Mme B, les dispositions de l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 ne faisaient pas obligation au préfet de la Haute-Garonne de les informer de la possibilité qu'ils avaient de se rendre en Italie J leurs propres moyens. J ailleurs, aucune disposition du règlement (UE) n° 604/2013 ne faisait obligation au préfet de la Haute-Garonne d'informer les intéressés de ce que les autorités françaises deviendraient responsables de l'examen de leur demande d'asile en cas d'inexécution dans un délai de six mois de la décision de transfert. Les moyens tirés des vices de procédure invoqués en ce sens doivent donc être écartés.
8. En quatrième lieu, l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 prévoit que le demandeur d'asile doit se voir remettre une information complète sur ses droits, J écrit et dans une langue qu'il comprend, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application dudit règlement, et, en tout état de cause, avant la décision J laquelle l'autorité administrative refuse l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature de cette information, la remise de la brochure commune prévue J les dispositions précitées constitue une garantie pour le demandeur d'asile.
9. Si l'avocat des requérants soutient à l'audience, alors que les requérants sont absents, que, à la lecture du mémoire en défense transmis J le préfet, il existe un doute sérieux sur leur capacité à lire le français et qu'ainsi, en l'absence de la mention de la durée de l'entretien individuel, rien ne permet de s'assurer de leur bonne compréhension des informations transmises, cette déclaration ne saurait être vue comme une contestation sérieuse de leur capacité à lire le français. En outre, il ressort des pièces des dossiers que le français est la langue avec laquelle s'expriment les requérants et qu'ils ont déclaré comprendre lors de leur entretien individuel. Il ressort également des pièces produites en défense que les requérants se sont vus remettre, le 5 janvier 2023, jour de l'enregistrement de leur demande, la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et la brochure B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", tous rédigés en français. Ces deux brochures constituent la brochure commune prévue J les dispositions de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013. J suite, les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions doivent être écartés.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel () est mené J une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies J le demandeur lors de l'entretien. () L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".
11. Les requérants soutiennent que les éléments du dossier ne permettent pas de vérifier qu'ils ont bénéficié d'un entretien individuel au sens des dispositions précitées ainsi que des garanties afférentes. Toutefois, il ressort des pièces des dossiers, et comme indiqué au point 9, que le français est la langue avec laquelle s'expriment les requérants et qu'ils ont déclaré comprendre lors de leur entretien individuel, qui a été conduit J un agent qualifié de la préfecture sans interprète, le 5 janvier 2023. En outre, le préfet fait valoir, sans être utilement contredit, que la durée moyenne d'un entretien est comprise entre 20 et 30 minutes conformément à l'article 5 du règlement Dublin. Ainsi, aucun élément du dossier ne laisse supposer que les entretiens ne se seraient pas tenus dans le respect des prescriptions susvisées ou que les requérants n'auraient pas été mis à même de présenter toutes les observations utiles sur leur situation personnelle. Dès lors, les moyens tirés d'une méconnaissance de l'article 5 précité doivent être également écartés.
12. En sixième lieu, la méconnaissance de l'obligation d'information prévue J l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 susvisé, qui a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, ne peut être utilement invoquée à l'encontre d'une décision de transfert.
13. En septième lieu, aux termes de l'article 25 du règlement n° 603/2013 du
26 juin 2013 relatif à la création d'Eurodac pour la comparaison des empreintes digitales : " Exécution de la comparaison et transmission des résultats () 4. Le résultat de la comparaison est immédiatement vérifié dans l'État membre de réception J un expert en empreintes digitales () ". Ainsi que l'énonce le point 21 de l'exposé des motifs de ce règlement, ces dispositions ont pour objet de garantir la détermination exacte de l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile. Il résulte de l'article 25 précité que cette vérification constitue pour les Etats membres une obligation.
14. Au cas d'espèce, M. I et Mme B se bornent à soutenir que la comparaison entre leurs empreintes digitales relevées en France et celles enregistrées dans la base de données centrale du système " Eurodac " n'auraient pas été vérifiées J un expert compétent à cette fin. Ils ne contestent toutefois aucune des informations issues de la comparaison de leurs empreintes digitales avec les données contenues dans cette base de données, qui sont concordantes avec leurs propres déclarations. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 25 du règlement n° 603/2013 du 26 juin 2013 n'est ainsi pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit, J suite, être écarté.
15. En huitième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions contestées ni des autres pièces des dossiers que le préfet n'aurait pas tenu compte des observations formulées J les intéressés ni qu'il n'aurait pas fondé sa décision sur des éléments objectifs.
16. En neuvième lieu, le paragraphe 1 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2103 prévoit que le transfert du demandeur d'asile s'effectue conformément au droit national de l'Etat membre requérant. Il résulte des dispositions de l'article L. 572-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le demandeur peut faire l'objet d'un transfert à l'Etat membre responsable de sa demande d'asile, pouvant être exécuté d'office sous réserve du respect de son droit de recours. Ainsi, le préfet de la Haute-Garonne pouvait, en application de ces dernières dispositions, décider de transférer M. I et Mme B aux autorités italiennes sans les mettre auparavant en mesure de quitter volontairement le territoire national et sans préciser les raisons pour lesquelles le transfert d'office a été décidé.
17. En dixième lieu, il ressort des pièces des dossiers que l'administration a adressé, le
1er février 2023 pour M. I, et le 9 janvier 2023 pour Mme B, une demande de prise en charge aux autorités italiennes via le réseau de communication " DubliNet ". Le préfet établit, en outre, que les autorités italiennes ont fait connaître leur accord à la prise en charge des intéressés, respectivement les 3 avril 2023 et 10 mars 2023. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet n'apporte pas la preuve de la saisine des autorités italiennes aux fins de prise en charge, ni de leur accord.
18. En onzième lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le préfet n'est pas tenu de justifier, dans les arrêtés en litige, des raisons pour lesquelles il décide de ne pas faire application de la clause dérogatoire prévue à l'article 17 du règlement du 26 juin 2013. En tout état de cause, ces moyens manquent en fait et doivent, J suite, être écartés.
19. En douzième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions contestées ni des autres pièces des dossiers que le préfet n'aurait pas procédé à un examen suffisant des situations de M. I et Mme B.
20. En treizième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée J un ressortissant de pays tiers ou J un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée J un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / 2. Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III (), l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable. ". D'autre part, aux termes de l'article L. 742-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La procédure de transfert vers l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile ne peut être engagée dans le cas de défaillances systémiques dans l'Etat considéré mentionné au 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres J un ressortissant de pays tiers ou un apatride. "
21. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat membre autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et dans les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, J tout moyen, la preuve contraire.
22. Les requérants font valoir qu'il existerait des défaillances systémiques dans l'accès à la procédure d'asile et aux informations fournies à la suite de l'exécution d'une décision de transfert, et dans les conditions d'accueil des demandeurs en Italie, tant en ce qui concerne l'accès à l'hébergement et à la santé, que la réduction des garanties procédurales et le risque de détention prolongée ou de renvoi forcé et de mauvais traitements. Cependant, en se bornant à se prévaloir de rapports d'organisations non gouvernementales, d'articles de presse et de décisions de justice isolées, pour la plupart datés des années 2016 à 2019, les requérants ne démontrent pas qu'à la date des arrêtés attaqués, les autorités italiennes, qui ont implicitement accepté leur prise en charge, ne seraient pas en mesure de traiter leur demande de protection dans des conditions conformes aux garanties exigées J le droit d'asile ou qu'ils y seraient exposés à un risque d'être soumis à des traitements inhumains ou dégradants. Même en prenant en compte les difficultés rencontrées J les autorités italiennes face à l'afflux de migrants et de demandes d'asile, il n'est pas établi que la prise en charge des demandeurs serait caractérisée J des carences structurelles d'une ampleur telle qu'il y aurait lieu de retenir l'existence de risques réels pour l'ensemble des intéressés, indépendamment de leur situation personnelle. J conséquent, le préfet n'a pas entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 3 du règlement (UE) n° 604/2013 et L. 742-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précités.
23. En dernier lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. J dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée J un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. () ". En outre, aux termes de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, il est procédé à l'enregistrement de la demande selon les modalités prévues au chapitre I du titre II. Une attestation de demande d'asile est délivrée au demandeur selon les modalités prévues à l'article L. 521-7. Elle mentionne la procédure dont il fait l'objet. Elle est renouvelable durant la procédure de détermination de l'Etat responsable et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat. Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'Etat d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre Etat ". Il résulte de ces dispositions que si le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 prévoit en principe qu'une demande d'asile est examinée J un seul Etat membre et que cet Etat est déterminé J application des critères fixés J son chapitre III, dans l'ordre énoncé J ce chapitre, l'application des critères d'examen des demandes d'asile est toutefois écartée en cas de mise en œuvre, soit de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement J un Etat membre, soit de la clause humanitaire définie J le paragraphe 2 de ce même article 17 du règlement. Cette faculté laissée à chaque Etat membre J l'article 17 de ce règlement est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
24. En se bornant à soutenir que leur situation relève des dérogations prévues J les articles 17.1 et 17.2 du règlement (UE) n° 604/2013 car ils ont fait l'objet de traitements inappropriés au cours de leur séjour en Italie, qu'ils sont vulnérables, que leur état de santé est altéré et que, pour cette raison, l'Italie ne serait pas en capacité de les accueillir, sans apporter de preuves au soutien de leurs allégations, M. I et Mme B ne justifient d'aucune circonstance particulière leur ouvrant le bénéfice des dispositions précitées. En outre, l'Italie est membre de l'Union Européenne et partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée J le protocole de New York, qu'à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit alors être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet Etat membre est conforme aux exigences de la convention de Genève ainsi qu'à celles de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Si les rapports cités J les requérants font état d'une politique plus restrictive dans l'accueil des migrants et demandeurs d'asile, et s'il mentionne le fait que la Première ex-Ministre italienne, Giorgia MELONI, avait annoncé le 05 décembre 2022 une suspension des transferts vers l'Italie pour des raisons techniques, ces éléments ne suffisent pas à caractériser l'existence, dans ce pays, de défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile. Il ne ressort pas, en particulier, de ces éléments, que les conditions matérielles d'accueil seraient caractérisées J des carences structurelles d'une ampleur telle qu'il y aurait lieu de conclure d'emblée, et quelles que soient les circonstances, à l'existence de risques suffisamment réels et concrets, pour l'ensemble des demandeurs de protection internationale, indépendamment de leur situation personnelle, d'être systématiquement exposés à une situation de dénuement matériel extrême qui porterait atteinte à leur santé physique ou mentale ou les mettrait dans un état de dégradation incompatible avec la dignité humaine, prohibé J l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. J ailleurs, si les requérants allèguent qu'ils ont fait l'objet de traitements inappropriés au cours de leur séjour en Italie et qu'ils ne pourront pas y bénéficier de bonnes conditions matérielles d'accueil, il ne ressort d'aucune pièce des dossiers qu'ils seraient exposés personnellement à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de transfert vers l'Italie. Enfin, il ne ressort pas des pièces des dossiers que les intéressés seraient dans une situation de particulière vulnérabilité imposant d'instruire leur demande d'asile en France. J suite les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 17, 17.1 et 17.2 du règlement (UE) n° 604/2013 et de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
25. Il résulte de ce qui précède que M. I et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 18 avril 2023 J lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé leur transfert aux autorités italiennes.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
26. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Laspalles la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. I et Mme B sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. H I et Mme E B, à Me Laspalles et au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public J mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
La magistrate désignée,
V. A Le greffier,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Nos 2302444, 2302445
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026