vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2303568 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MOURA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 22 juin 2023, le 23 juin 2023 et le 4 décembre 2023, M. A F B, représenté par Me Moura, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner en France pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, en le munissant dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de retirer son inscription dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la légalité externe
- les décisions contestées ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles méconnaissent son droit à être entendu au préalable ;
- les décisions contestées sont insuffisamment motivées ;
Sur la légalité interne :
En ce qui concerne le refus de titre :
- le refus de titre de séjour est entaché d'erreurs de fait ;
- cette décision est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ses conséquences sur sa situation ;
- elle est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
- cette décision est entachée de plusieurs erreurs de fait ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ses conséquences sur sa situation ;
- elle est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
- cette décision est privée de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur de fait
- elle est disproportionnée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est privée de base légale ;
- elle est entachée d'erreur de droit au regard des articles L.612-6 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est privée de base légale ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ses conséquences sur sa situation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 7 aout 2023 et le 18 décembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention du 1er août 1995 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes ;
- l'accord du 23 septembre 2006 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relatif à la gestion concertée des flux migratoires et l'avenant à cet accord signé le 25 février 2008 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Moura, représentant M. B, présent.
Considérant ce qui suit :
1. M. A F B, ressortissant sénégalais, né le 26 février 1980, est entré en France selon ses déclarations le 23 octobre 2022. Le 28 mai 2023, il a sollicité un titre de séjour en qualité de citoyen de l'Union européenne exerçant une activité salariée. Par arrêté du 20 juin 2023, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner en France pour une durée d'un an. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs :
2. En premier lieu, par un arrêté du 13 mars 2023 publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Haute-Garonne (n° 31-2023-099) le 15 mars suivant, le préfet de ce département a consenti une délégation à Mme E C, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer, notamment, les décisions prises en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions contestées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, le droit d'être entendu au sens de la jurisprudence de la Cour de justice fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient donc aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
4. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français et les décisions fixant le délai de départ volontaire ainsi que le pays de destination qui sont prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour. Le moyen tiré de ce que le droit de M. B à être entendu avant l'édiction des décisions contestées aurait été méconnu doit ainsi être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ".
6. L'arrêté contesté vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il retrace les principaux éléments de la situation administrative et familiale du requérant en indiquant les raisons pour lesquelles le préfet a considéré qu'il ne remplissait pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour et devait être éloignée du territoire. Le refus de titre de séjour comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde et est par suite suffisamment motivé. L'obligation de quitter le territoire, qui en l'espèce, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour, est également suffisamment motivée. Par ailleurs, l'arrêté vise les articles L. 612-2 et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en motivant le refus d'octroyer un délai de départ volontaire par le fait que le comportement de M. B constitue une menace pour l'ordre public. Enfin, la décision fixant le pays de renvoi, qui rappelle la nationalité du requérant et précise qu'il n'établit pas être exposé à des risques en cas de retour au Sénégal, est également suffisamment motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation de ces décisions doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a sollicité le 28 mai 2023 un titre de séjour en qualité de citoyen de l'Union européenne exerçant une activité salariée, en produisant une fausse carte d'identité belge. Le préfet de la Haute-Garonne a motivé son refus de délivrance du titre de séjour sollicité, de droit ou de manière discrétionnaire par la circonstance que M. B n'est pas citoyen de l'Union européenne, d'une part, par le fait que son comportement constitue une menace pour l'ordre public, d'autre part. Il ressort de la motivation de l'arrêté contesté que le préfet n'a pas examiné la demande de titre de séjour de M. B sur un autre fondement que celui de citoyen de l'Union européenne. Si le préfet a mentionné à tort une date d'entrée en France en 2022 au lieu de 2021 et n'a pas indiqué que M. B vit en couple avec une ressortissante française, ces informations n'étaient pas de nature à modifier le sens de la décision contestée. Dès lors, la circonstance que le préfet ne les a pas prises en compte est sans incidence sur la légalité du refus de titre de séjour. Le moyen tiré de l'erreur de fait doit ainsi être écarté.
8. En deuxième lieu, M. B fait valoir que le préfet, en ne prenant pas en considération son intégration sociale et professionnelle ainsi que sa relation sentimentale avec une ressortissante française depuis mai 2022, a commis une erreur de droit. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, ces éléments sont sans incidence sur la légalité du refus de titre de séjour qui est fondé sur l'absence, non contestée, de la qualité de citoyen de l'Union européenne de M. B. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant n'a demandé de titre de séjour qu'en qualité de citoyen de l'Union européenne et non sur le fondement de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 modifié, et que le préfet n'a pas non plus examiné sa situation sur ce fondement. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur de droit doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " " . Lorsque l'administration oppose le motif de la menace pour l'ordre public pour refuser de faire droit à une demande de titre ou de renouvellement de titre de séjour, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
10. Il ressort des pièces du dossier que M. B a présenté une fausse carte d'identité belge à l'appui de sa demande de titre de séjour en qualité de citoyen de l'Union européenne. Toutefois, M. B n'a aucun antécédent judiciaire et les pièces du dossier montrent qu'il est intégré en France où il travaille à la satisfaction de son employeur, dispose d'un logement, d'un compte bancaire et s'acquitte de ses impôts. Eu égard à leur nature et quoique graves, les faits reprochés, qui n'ont donné lieu à aucune poursuite pénale, ne pouvaient ainsi, à eux seuls, justifier que le préfet fonde sa décision sur les dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, le préfet s'est aussi et principalement fondé sur la circonstance que le requérant ne remplit pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour en qualité de citoyen de l'Union européenne. Le moyen doit par suite être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. Il ressort des pièces du dossier, notamment du bail commun et du compte bancaire joint que M. B vit depuis avril 2023 avec une ressortissante française et qu'ils ont un projet d'enfant ensemble. M. B établit également par les nombreuses pièces versées qu'il travaille depuis octobre 2021 comme réceptionniste dans des hôtels toulousains, à la satisfaction de ses employeurs et collègues. Toutefois, M. B n'est arrivé que très récemment en France, moins de deux ans à la date de l'arrêté contesté, son insertion professionnelle est ainsi relativement récente, tout comme la vie commune avec sa compagne qui ne date que de quelques mois, alors qu'il n'est pas contesté que le requérant n'est pas isolé au Sénégal où résident ses parents et où lui-même a vécu jusqu'à l'âge de 41 ans. Dans ces conditions, la décision contestée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté. Pour les mêmes raisons, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle doit également être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
13. En premier lieu, alors que M. B n'est pas marié et n'a pas d'enfant, le préfet ne s'est pas fondé sur des faits matériellement inexacts en considérant que le requérant était célibataire sans charge de famille. Par ailleurs, l'erreur sur la date d'entrée en France de l'intéressée est sans incidence, dès lors que le préfet aurait pris la même décision s'il avait pris en compte une ancienneté de séjour de deux ans et non d'un an.
14. En deuxième lieu, M. B soutient sans le démontrer qu'il pourrait prétendre à un titre de séjour sur le fondement de l'accord franco-sénégalais. Alors qu'il n'a pas présenté sa demande de titre de séjour sur ce fondement, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur de droit en l'obligeant à quitter le territoire doit être écarté.
15. En troisième lieu, pour les mêmes motifs qu'exposé au point 12 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences de la mesure d'éloignement sur sa situation personnelle doivent être écartés.
En ce qui concerne la fixation de délai de départ volontaire :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant ne peut exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire à l'appui de sa contestation de la décision refusant le délai de départ volontaire.
17. En second lieu, les moyens tirés de ce que la décision contestée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ne sont pas assortis des précisions permettant au juge d'en apprécier la portée. Ils doivent par suite être écartés.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
19. Alors, ainsi qu'il a été dit au point 10 du présent jugement, que le comportement de M. B ne peut être regardé comme constituant une menace pour l'ordre public, il ressort des pièces du dossier que si M. B réside depuis moins de deux ans en France, il y a noué des attaches significatives puisqu'il est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée, d'un bail, qu'il vit avec une ressortissante de nationalité française et que le couple poursuit le projet d'avoir un enfant. Dans ces conditions, l'interdiction faite à M. B de retourner en France de manière régulière avant un an est entachée d'une erreur d'appréciation. Elle doit par suite être annulée, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
20. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant ne peut exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire à l'appui de sa contestation de la décision fixant le pays de renvoi.
21. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de M. B ni de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur les autres conclusions :
22. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 20 juin 2023 doit être annulé en tant qu'il interdit à M. B de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. L'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet de la Haute-Garonne retire le signalement de M. B du fichier d'information Schengen. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mis à compter de la notification du présent jugement.
23. L'Etat n'étant pas partie perdante pour l'essentiel dans cette instance, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme que demande le requérant au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 20 juin 2023 est annulé en tant qu'il interdit à M. B de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne d'effacer le signalement de M. B du fichier d'information Schengen dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A F B et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 26 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coutier, président,
Mme D, magistrate honoraire,
Mme Michel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
La rapporteure,
C. D
Le président,
B. COUTIER
Le greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026