jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2303599 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PERROT |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2303599, enregistrée le 23 juin 2023, et une pièce complémentaire enregistrée le 4 août 2023, Mme A B, représentée par Me Perrot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 34 et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour Me Perrot de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- la compétence du signataire de l'acte attaqué n'est pas établie ;
- cette décision est insuffisamment motivée au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux, d'une erreur de fait et elle méconnaît les stipulations de l'article 9 de la convention franco-centrafricaine du 26 septembre 1994 ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle doit être annulée du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité du refus de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle doit être annulée du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
- la compétence du signataire de l'acte attaqué n'est pas établie ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2023, le préfet de Maine-et-Loire sollicite une jonction des requêtes n° 2303599 et n° 2303840 et conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il sollicite une substitution de motifs et invoque le motif tiré de ce que la formation de la requérante ne nécessitant pas sa présence en France, elle n'entre pas dans le champ d'application de l'article 9 de la convention franco-centrafricaine du 26 septembre 1994 et qu'il aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif ;
- pour le surplus, les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 11 septembre 2023, Mme B conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que sa requête. Elle demande, en outre, au tribunal de prononcer un non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 mai 2023 du préfet de Maine-et-Loire en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixe le pays de destination et de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens.
Elle soutient, en outre, que :
- le préfet de la Haute-Garonne lui a délivré une autorisation provisoire de séjour le 1er août 2023, valable jusqu'au 31 octobre 2023 ;
- la substitution de motifs doit être écartée dès lors qu'elle la prive de garantie et que le préfet ne dispose pas du même pouvoir d'appréciation pour appliquer ce nouveau fondement ;
- en tout état de cause, elle démontre la poursuite d'une formation au sens de l'article 9 de la convention franco-centrafricaine du 26 septembre 1994.
Par une décision du 11 septembre 2023, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II. Par une requête n° 2303840, enregistrée le 3 juillet 2023, et une pièce complémentaire enregistrée le 4 août 2023, Mme A B, représentée par Me Perrot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 juin 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de procéder à la suppression immédiate de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen, de réexaminer sa situation et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'État le paiement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 34 et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour Me Perrot de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire de l'acte attaqué n'est pas établie ;
- cette décision est illégale par voie d'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux, d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation, et porte une atteinte disproportionnée au droit de mener une vie privée et familiale normale au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2023, le préfet de Maine-et-Loire sollicite une jonction des requêtes n° 2303599 et n° 2303840 et conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées le 13 septembre 2023, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré du non-lieu à statuer sur la requête dès lors que le préfet de la Haute-Garonne a délivré à Mme B, le 1er août 2023, une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 31 octobre 2023.
Vu :
- l'ordonnance n° 2303602 du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse en date du 10 juillet 2023 ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République centrafricaine relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Bangui le 26 septembre 1994 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Carotenuto a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, de nationalité centrafricaine, a étudié au Maroc de novembre 2018 à octobre 2021. Elle est entrée en France le 7 octobre 2021 munie d'un visa de long séjour valant titre de séjour, valable du 27 septembre 2021 au 27 septembre 2022, pour poursuivre ses études. Elle a tout d'abord été inscrite en 3ème année de formation de bachelor en informatique et réseaux à l'école d'ingénieurs ESAIP La Salle à Saint-Barthélemy-d'Anjou, qu'elle a validée. Elle s'est ensuite inscrite à l'école Passerelle des métiers du numérique à Nanterre, en formation mastère " Chef de projet cybersécurité ", cursus qui se déroule sur deux ans et a sollicité le renouvellement de son autorisation de séjour en France. Par un arrêté du 3 mai 2023, dont la requérante demande l'annulation par sa requête n°2303599, le préfet de Maine-et-Loire a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et par un arrêté du 14 juin 2023, dont la requérante demande l'annulation par sa requête n°2303840, le préfet de Maine-et-Loire lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois. Par une ordonnance n° 2303602 du 10 juillet 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a suspendu l'exécution de la décision du 3 mai 2023 portant refus de séjour, a enjoint au préfet de Maine-et-Loire de réexaminer la situation de Mme B et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant le temps de cet examen. Le 1er août 2023, le préfet de la Haute-Garonne a délivré à la requérante une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 31 octobre 2023.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2303599 et n° 2303840, présentées par Mme B présentant à juger les mêmes questions et ayant fait l'objet d'une instruction commune, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
4. D'une part, dans l'instance n° 2303599, Mme B ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 septembre 2023, ses conclusions tendant à son admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
5. D'autre part, dans l'instance n° 2303840, en raison de l'urgence et alors qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.
Sur l'étendue du litige :
6. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
7. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement aux arrêtés litigieux, une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 31 octobre 2023 autorisant Mme B à travailler lui a été délivrée le 1er aout 2023, par le préfet de la Haute-Garonne. Cette autorisation provisoire de séjour a implicitement abrogé les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement et interdisant à Mme B le retour sur le territoire français pour une durée de six mois. Par suite, l'abrogation implicite de ces décisions devant être regardée comme devenue définitive et ces décisions n'ayant reçu aucune exécution pendant la période où elles étaient en vigueur, les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions sont devenues sans objet et il n'y a donc plus lieu d'y statuer. En revanche, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 3 mai 2023 portant refus de titre de séjour conservent leur objet, car cette décision n'a été ni retirée ni abrogée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour :
8. Aux termes des stipulations de l'article 9 de la convention franco-centrafricaine du 26 septembre 1994 : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre État doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou de stage et de la possession de moyens d'existence suffisants. () ".
9. Pour l'application des stipulations de l'article 9 de la convention franco-centrafricaine précité, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si le demandeur peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement en France des études.
10. Pour refuser le renouvellement du titre de séjour " étudiant " à Mme B, le préfet de Maine-et-Loire s'est fondé sur ce qu'elle ne justifiait pas de la poursuite effective de ses études et de sa formation, en ce qu'elle n'établissait pas avoir conclu un contrat d'apprentissage, élément indispensable à la poursuite de sa formation, ni être inscrite à l'école Passerelle des métiers du numérique à Nanterre pour suivre une autre formation en rapport avec son cursus. Il est constant que la requérante est entrée sur le territoire français le 7 octobre 2021, munie d'un visa de long séjour valant titre de séjour, valable jusqu'au 27 septembre 2022, qu'elle était inscrite au titre de l'année scolaire 2021/2022 à l'école d'ingénieurs ESAIP La Salle à Saint Barthélémy d'Anjou, et a obtenu une troisième année de bachelor en " informatique et réseaux ". Il est également constant qu'au titre de l'année scolaire 2022/2023, l'intéressée s'est inscrite à l'école Passerelle des métiers du numérique à Nanterre, pour y suivre, en alternance, la formation de mastère " Chef de projet cybersécurité ", certification professionnelle de niveau 7, qui s'acquiert en deux ans et a bénéficié de plusieurs attestations de prolongation d'instruction d'une demande de renouvellement de titre de séjour, afin de couvrir sa période de recherche d'alternance, son visa arrivant à expiration. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des courriels en date des 13 et 14 février 2023, que Mme B a informé à plusieurs reprises les services de la préfecture de ses difficultés à conclure un contrat d'apprentissage avec une entreprise, la conclusion d'un tel contrat conditionnant le suivi d'un cursus en alternance, et produit de nombreux échanges de courriels avec des entreprises, qui témoignent de son investissement dans la recherche d'une alternance du mois d'octobre 2022 au mois de mai 2023. La requérante verse également à l'instance un courriel en date du 26 février 2023, antérieur à l'édiction de la décision contestée, par lequel elle informe le préfet de Maine-et-Loire de son choix de retourner en formation initiale pour la poursuite de ses études, faute d'avoir pu conclure un contrat d'apprentissage, et fait état de ce qu'elle y a procédé en produisant via le site internet de l'Anef un certificat de scolarité établi par cette école attestant de son inscription pour poursuivre cette formation " en initiale ", ce qu'elle justifie par une capture d'écran de ce dépôt sur le site internet le 16 février 2023. Elle produit, en tout état de cause, deux certificats de scolarité dont le dernier établi le 25 mai 2023 indique qu'elle est inscrite en formation initiale au sein de l'établissement pour la période du 6 octobre 2022 au 30 août 2024. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que la formation en cause peut être dispensée en " présentiel ou en Visio Formation ", cette circonstance est sans incidence dès lors que les stipulations de l'article 9 de la convention franco-centrafricaine ne s'opposent pas au suivi d'une formation à distance. Par suite, Mme B est fondée à soutenir que le préfet de Maine-et-Loire a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en considérant, pour refuser de renouveler son titre de séjour, qu'elle ne justifiait pas de la poursuite effective de ses études et de sa formation, et la substitution de motifs sollicitée par le préfet, tenant au suivi de la formation à distance, qui n'est pas de nature à fonder légalement la décision contestée, ne peut donc être accueillie.
11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 3 mai 2023 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Eu égard au motif d'annulation, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le préfet de Maine-et-Loire délivre à Mme B un titre de séjour portant la mention " étudiant ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés aux instances :
13. D'une part, Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Perrot, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Perrot d'une somme totale de 2 000 euros, au titre des deux instances.
14. D'autre part, l'instance n° 2303599 n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire dans l'instance n°2303840.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2303599 tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur celles tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 mai 2023 du préfet de Maine-et-Loire en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination, et sur les conclusions de la requête n° 2303840 tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 juin 2023 prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois.
Article 3 : L'arrêté du 3 mai 2023 du préfet de Maine-et-Loire est annulé en tant qu'il refuse à Mme B le titre de séjour sollicité.
Article 4 : Il est enjoint au préfet de Maine-et-Loire de délivrer à Mme B un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 5 : L'Etat versera, au titre des deux instances, à Me Perrot une somme totale de 2 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Perrot renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2303599 est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Perrot et au préfet de Maine-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
La présidente,
S. CAROTENUTO
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
S. HECHT
La greffière,
S. SORABELLA
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
N°s 2303599, 2303840
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026