vendredi 15 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2303997 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SADEK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juillet 2023 et un mémoire enregistré le 20 septembre 2023, Mme D B épouse F, représentée par Me Sadek, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 mars 2023 par lequel le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " sous astreinte de 200 euros par jour de retard, à défaut, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le refus de titre de séjour est entaché d'un défaut d'examen individualisé de sa situation ;
- cette décision a été signée d'une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- elle est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est contraire à l'article 3 de l'accord franco-marocain et à l'article R.5221-7 du code du travail ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur de ses trois enfants mineurs protégé par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- cette décision est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la fixation du pays de renvoi n'est pas suffisamment motivée ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 août 2023, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Par une décision du 26 septembre 2023, Mme B épouse F a été admise à l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume de C en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-947 du 10 juillet 1991 ;
- la circulaire du 28 novembre relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cade des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport G E a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B épouse F, ressortissante marocaine née le 1er janvier 1990, est entrée en France le 29 novembre 2019 sous couvert d'un visa de court séjour, accompagnée de ses trois enfants mineurs. Elle a sollicité le 6 octobre 2022 son admission exceptionnelle au séjour. Par arrêté du 21 mars 2023, le préfet du Tarn a rejeté sa demande et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi. Mme F demande à titre principal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Fabien Chollet, secrétaire général de la préfecture du Tarn, qui disposait d'une délégation accordée par le préfet de ce département par un arrêté du 2 janvier 2023 à l'effet de signer toutes les décisions prises en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment les refus de titre de séjour et les mesures d'éloignement. Cette délégation, qui liste de manière suffisamment précise les actes concernés, n'est pas conditionnée à une absence ou un empêchement du préfet. Par ailleurs, l'arrêté a été régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 81-2023-007. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ".
4. L'arrêté contesté mentionne les textes dont il fait application, notamment les articles 3 et 9 de l'accord franco-marocain et les articles L. 421-5, L. 412-1, L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la convention internationale des droits de l'enfant. Il retrace le parcours de la requérante ainsi que les principaux éléments de sa situation familiale et professionnelle et expose les raisons pour lesquelles le préfet a considéré qu'elle ne remplissait pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour. Le refus de titre de séjour opposé à Mme F est ainsi suffisamment motivé en droit et en fait. Par suite, l'obligation de quitter le territoire, qui en l'espèce, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle des décisions relatives au séjour, est également suffisamment motivée. Enfin, la décision fixant le pays de renvoi, qui rappelle sa nationalité et précise qu'elle n'établit pas être exposée à des risques personnels en cas de retour dans son pays d'origine, est suffisamment motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation de ces décisions doit ainsi être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment pas des termes de l'arrêté contesté, que le préfet du Tarn aurait omis de procéder à un examen réel et sérieux de la situation G F avant de refuser son admission exceptionnelle au séjour et de l'obliger à quitter le territoire français. Si le préfet fait référence à la situation administrative de l'époux de la requérante, il ne s'en déduit pas que les décisions contestées ont été prises sans examen individualisé de sa situation personnelle. Le moyen tiré du défaut d'examen doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
6. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles. ". En vertu du premier alinéa de l'article 9 de ce même accord : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord. " Aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Aux termes de l'article L. 421-1 du même code : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail () ".
7. L'accord franco-marocain susvisé renvoie, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre. Il en va notamment ainsi, pour le titre de séjour " salarié " mentionné à l'article 3 de l'accord cité ci-dessus. Il en résulte que la délivrance à un ressortissant marocain du titre de séjour portant la mention " salarié " prévue à l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 est notamment subordonnée, en vertu de l'article 9 de cet accord, à la production par l'intéressé du visa de long séjour mentionné à l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est pas contesté que Mme F est entrée en France sans être munie d'un visa long séjour. Par suite, le préfet pouvait légalement refuser de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salariée.
8. D'autre part, aux termes de l'article R.5221-1 du code du travail : " Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail () : 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse () ". En vertu de l'article R.5221-11 de ce code : " La demande d'autorisation de travail () est faite par l'employeur (). " Aux termes de l'article R. 5221-15 du même code : " Lorsque l'étranger est déjà présent sur le territoire national, la demande d'autorisation de travail mentionnée à l'article R. 5221-11 est adressée au préfet de son département de résidence. ". Enfin, l'article R. 5221-17 du même code prévoit que " La décision relative à la demande d'autorisation de travail mentionnée à l'article R. 5221-11 est prise par le préfet. () ". Les dispositions précitées du code du travail prévoient que la demande d'autorisation de travail présentée par un étranger déjà présent sur le territoire national doit être adressée au préfet par l'employeur. Le préfet saisi d'une telle demande est tenu de la faire instruire et ne peut refuser l'admission au séjour de l'intéressée au motif que ce dernier ne produit pas d'autorisation de travail ou de contrat de travail visé par l'autorité compétente. Toutefois, aucune stipulation de l'accord franco-marocain ni aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet, saisi par un étranger déjà présent sur le territoire national et qui ne dispose pas d'un visa de long séjour, d'examiner la demande d'autorisation de travail ou de la faire instruire par les services compétents du ministère du travail, préalablement à ce qu'il soit statué sur la délivrance du certificat de résidence.
9. Mme F soutient avoir présenté à l'appui de sa demande de titre de séjour une demande d'autorisation de travail et un contrat à durée indéterminée à temps partiel sur un poste d'agent d'entretien. Toutefois, il est constant qu'elle ne dispose pas du visa de long séjour requis par l'article 9 de l'accord franco-marocain. Dans ces conditions, le préfet pouvait, sans méconnaître les dispositions précitées du code du travail, refuser de délivrer à Mme F un titre de séjour en qualité de salariée pour ce seul motif et sans avoir statué sur sa demande d'autorisation de travail.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
11. Il ressort des pièces du dossier que Mme F réside en France avec ses trois enfants mineurs qui y sont scolarisés depuis novembre 2019, soit un peu plus de trois ans à la date de l'arrêté contesté et qu'elle a été rejointe par son époux en mai 2021. Toutefois, Mme F ne fait état d'aucun lien personnel ou familial ancien et fort sur le territoire français en dehors du noyau familial, alors que son époux est, comme elle, en situation irrégulière et fait également l'objet d'une mesure d'éloignement. Si elle fait valoir qu'elle exerce une activité salariée à temps partiel depuis juillet 2022 et qu'elle s'est bien intégrée en France, de même que ses trois enfants mineurs, ces circonstances ne suffisent pas à établir qu'elle y a fixé le centre de ses intérêts personnels et familiaux, alors qu'elle a vécu jusqu'à l'âge de 29 ans au C, où son époux dirigeait une entreprise. Dès lors, la décision contestée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la violation des stipulations et dispositions précitées doit donc être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
13. Il ressort des pièces du dossier que les trois enfants mineurs G Mme F, âgés de 12, 8 et 6 ans, sont scolarisés en France depuis novembre 2019, soit depuis trois ans et demi à la date de la décision contestée, qu'ils participent aux activités culturelles et sportives périscolaires et bénéficient d'un suivi pluridisciplinaire de l'équipe éducative. Si les bulletins scolaires et les attestations des enseignants témoignent de l'intégration et de la progression des trois enfants pendant la période, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils ne pourraient poursuivre leur scolarité au C ni que la jeune A ne pourrait y continuer son suivi orthophonique. Le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaît l'intérêt supérieur des enfants G F doit par suite être écarté.
14. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme F exerce une activité salariée à temps partiel comme agent d'entretien pour laquelle son employeur a déposé une demande d'autorisation de travail en juillet 2022, qu'elle réside avec son époux et leurs trois enfants mineurs, scolarisés en France depuis trois ans et demi à la date de la décision contestée, que son époux exploite avec succès un restaurant et que la famille s'est bien intégrée à la société française. Toutefois, alors que rien ne s'oppose à la poursuite de la scolarisation des enfants au C, que l'époux de l'intéressée est également en situation irrégulière, que le couple ne fait pas état de liens forts en France et n'établit pas être dépourvu de toute attache au C, ces circonstances ne constituent pas des motifs exceptionnels ou humanitaires de régularisation tant au titre de l'insertion professionnelle qu'au titre de la vie privée et familiale. Le moyen tiré de ce que le préfet du Tarn aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande G F doit par suite être rejeté.
15. En cinquième lieu, Mme F ne peut utilement se prévaloir des dispositions de la circulaire du 28 novembre 2012 susvisée relatives notamment à la régularisation des parents d'enfants scolarisés en France dès lors que cette circulaire n'a pas de caractère normatif.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
16. Pour les mêmes motifs qu'exposé au point 11 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement contestée serait contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
17. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". Il résulte de ces dispositions que lorsque l'autorité administrative prévoit qu'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement dispose du délai de départ volontaire de trente jours, qui est le délai normalement applicable, ou d'un délai supérieur, elle n'a pas à motiver spécifiquement sa décision. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation du délai de départ volontaire fixé par la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.
18. En second lieu, dès lors que le délai de trente jours constitue le délai de départ de droit commun pour l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français et que Mme F ne se prévaut pas de motifs particuliers qui auraient pu justifier l'octroi d'un délai de départ supérieur, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
Sur les autres conclusions :
19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 mars 2023 doivent être rejetées. Par suite, les conclusions présentées à fin d'injonction comme celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice.
D E C I D E :
Article 1er : La requête G F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B F, au préfet du Tarn et à Me Sadek.
Délibéré après l'audience du 1er mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coutier, président,
Mme E, magistrate honoraire,
Mme Michel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2024.
La rapporteure,
C. E
Le président,
B. COUTIER
Le greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026