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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2303999

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2303999

vendredi 15 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2303999
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSADEK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 juillet 2023 et un mémoire enregistré le 20 septembre 2023, M. D E, représenté par Me Sadek, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 mars 2023 par lequel le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", " entrepreneur/profession libérale " ou " salarié " sous astreinte de 200 euros par jour de retard, à défaut, de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le refus de titre de séjour a été pris par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen réel de sa situation ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- il est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est contraire à l'article 3 de l'accord franco-marocain et à l'article R.5221-17 du code du travail ;

- il méconnaît l'intérêt supérieur de ses trois enfants mineurs protégé par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- l'obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- cette décision est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de renvoi est insuffisamment motivée ;

- la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours est insuffisamment motivée.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 août 82023, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par une décision du 26 septembre 2023, M. E a été admis à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume de B en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- la loi n° 91-947 du 10 juillet 1991 ;

- la circulaire du 28 novembre relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cade des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant marocain né le 10 août 1979, est entré en France pour la dernière fois le 18 mai 2021 sous couvert d'un visa court séjour pour rejoindre son épouse et leurs trois enfants mineurs. Il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 8 novembre 2022. Par arrêté du 21 mars 2023, le préfet du Tarn a rejeté sa demande et a l'obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi. M. E demande à titre principal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Fabien Chollet, secrétaire général de la préfecture du Tarn, qui disposait d'une délégation accordée par le préfet de ce département par un arrêté du 2 janvier 2023 à l'effet de signer toutes les décisions prises en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment les refus de titre de séjour et les mesures d'éloignement. Cette délégation, qui liste de manière suffisamment précise les actes concernés, n'est pas conditionnée à une absence ou un empêchement du préfet. Par ailleurs, l'arrêté a été régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 81-2023-007. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ".

4. L'arrêté contesté mentionne les textes dont il fait application, notamment les articles 3 et 9 de l'accord franco-marocain et les articles L. 421-5, L. 412-1, L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la convention internationale des droits de l'enfant. Il retrace le parcours du requérant ainsi que les principaux éléments de sa situation familiale et professionnelle et expose les raisons pour lesquelles le préfet a considéré qu'il ne remplissait pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour. Le refus de titre de séjour opposé à M. E est ainsi suffisamment motivé en droit et en fait. Par suite, l'obligation de quitter le territoire, qui en l'espèce, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle des décisions relatives au séjour, est également suffisamment motivée. Enfin, la décision fixant le délai de départ volontaire, qui indique que le requérant n'a fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai supérieur à trente jours lui soit accordé, et la décision fixant le pays de renvoi, qui rappelle sa nationalité et précise qu'il n'établit pas être exposé à des risques personnels en cas de retour dans son pays d'origine, sont suffisamment motivées. Le moyen tiré du défaut de motivation de ces décisions doit ainsi être écarté.

5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment pas des termes de l'arrêté contesté, que le préfet du Tarn aurait omis de procéder à un examen réel et sérieux de la situation de M. E avant de refuser son admission exceptionnelle au séjour et de l'obliger à quitter le territoire français. Si le préfet fait référence à la situation administrative de l'épouse du requérant, il ne s'en déduit pas que les décisions contestées ont été prises sans examen individualisé des situations personnelles respectives des époux. Le moyen tiré du défaut d'examen doit ainsi être écarté.

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

6. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles. ". En vertu du premier alinéa de l'article 9 de ce même accord : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord. " Aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Aux termes de l'article L. 421-1 du même code : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail () ".

7. L'accord franco-marocain susvisé renvoie, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre. Il en va notamment ainsi, pour le titre de séjour " salarié " mentionné à l'article 3 de l'accord cité ci-dessus. Il en résulte que la délivrance à un ressortissant marocain du titre de séjour portant la mention " salarié " prévue à l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 est notamment subordonnée, en vertu de l'article 9 de cet accord, à la production par l'intéressé du visa de long séjour mentionné à l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est pas contesté que M. E est entré en France sans être muni d'un visa long séjour. Par suite, le préfet pouvait légalement refuser de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salarié.

8. D'autre part, aux termes de l'article R.5221-1 du code du travail : " Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail () : 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse () ". En vertu de l'article R.5221-11 de ce code : " La demande d'autorisation de travail () est faite par l'employeur (). " Aux termes de l'article R. 5221-15 du même code : " Lorsque l'étranger est déjà présent sur le territoire national, la demande d'autorisation de travail mentionnée à l'article R. 5221-11 est adressée au préfet de son département de résidence. ". Enfin, l'article R. 5221-17 du même code prévoit que " La décision relative à la demande d'autorisation de travail mentionnée à l'article R. 5221-11 est prise par le préfet. () ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au préfet, lorsqu'il est saisi par un étranger résidant en France, d'une demande de délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié accompagnée d'une demande d'autorisation de travail dûment complétée et signée par son futur employeur, de statuer sur cette double demande.

9. Il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est d'ailleurs pas soutenu que M. E aurait saisi le préfet du Tarn d'une demande d'autorisation de travail émanant de sa société en tant qu'employeur à l'appui de sa demande de titre de séjour en qualité de salarié de cette entreprise. Dès lors, le requérant ne peut se prévaloir des dispositions précitées du code du travail. En tout état de cause, ces dispositions n'imposent pas au préfet d'instruire la demande d'autorisation de travail d'un étranger dépourvu de visa long séjour avant de statuer sur sa demande de titre de séjour. Le préfet du Tarn pouvait donc légalement refuser au requérant, qui ne détient pas de visa long séjour, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié pour ce seul motif. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R.2221-17 du code du travail doit donc être écarté.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité non salariée, économiquement viable et dont il tire des moyens d'existence suffisants, dans le respect de la législation en vigueur, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " entrepreneur / profession libérale" d'une durée maximale d'un an ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".

11. Il résulte de la combinaison de ces dispositions, auxquelles les stipulations de l'accord franco-marocain du 9 mars 1987 ne dérogent pas, que la première délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " entrepreneur / profession libérale " est subordonnée, notamment, à la production d'un visa long séjour délivré par les autorités françaises. Ainsi qu'il a été dit, le requérant est dépourvu de visa long séjour. Le préfet du Tarn pouvait donc légalement, et pour ce seul motif, refuser de lui délivrer un titre de séjour en tant qu'entrepreneur.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

13. Il ressort des pièces du dossier que M. E, dont l'épouse est entrée en France en novembre 2019, a signé un bail pour un local professionnel en France en janvier 2020 et qu'il réside sur le territoire français depuis 2021, ses liens avec la France datant ainsi de moins de trois ans à la date de la décision contestée. Alors que le requérant a vécu jusqu'à l'âge de 42 ans au B où il avait une activité professionnelle, aucune pièce du dossier n'établit qu'il aurait des relations stables et fortes en France à l'exception de son épouse, également en situation irrégulière et de leurs trois enfants mineurs. La circonstance que son entreprise de restauration rapide, installée à Carmaux, est prospère et appréciée par ses clients ne suffit pas à établir que l'intéressé a fixé le centre de ses intérêts personnels et familiaux en France. Dès lors, la décision contestée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la violation des stipulations et dispositions précitées doit donc être écarté.

14. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

15. Il ressort des pièces du dossier que les trois enfants mineurs de M. E, âgés de 12, 8 et 6 ans, sont scolarisés en France depuis novembre 2019, soit depuis trois ans et demi à la date de la décision contestée, qu'ils participent aux activités culturelles et sportives périscolaires et bénéficient d'un suivi pluridisciplinaire de l'équipe éducative. Si les bulletins scolaires et les attestations des enseignants témoignent de l'intégration et de la progression des trois enfants pendant la période, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils ne pourraient poursuivre leur scolarité au B ni que la jeune A ne pourrait y continuer son suivi orthophonique. Le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaît l'intérêt supérieur des enfants de M. E doit par suite être écarté.

16. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. E exerce une activité professionnelle dans le domaine de la restauration rapide à Carmaux depuis 2021, qu'il réside en France avec son épouse et leurs trois enfants mineurs, scolarisés depuis trois ans et demi à la date de la décision contestée, que son épouse travaille à temps partiel et que la famille s'est bien intégrée à la société française. Toutefois, alors que rien ne s'oppose à la poursuite de la scolarisation des enfants au B, que l'épouse de l'intéressé est également en situation irrégulière, que le couple ne fait pas état de liens forts en France et n'établit pas être dépourvu de toute attache au B où le requérant a vécu jusqu'à l'âge de 42 ans en y dirigeant une entreprise, ces circonstances ne constituent pas des motifs exceptionnels ou humanitaires de régularisation tant au titre de l'insertion professionnelle qu'au titre de la vie privée et familiale. Le moyen tiré de ce que le préfet du Tarn aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande de M. E doit par suite être rejeté.

17. En sixième lieu, M. E ne peut utilement se prévaloir des dispositions de la circulaire du 28 novembre 2012 susvisée relatives notamment à la régularisation des parents d'enfants scolarisés en France dès lors que cette circulaire n'a pas de caractère normatif.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

18. Pour les mêmes motifs qu'exposé au point 13 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement contestée serait contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Sur les autres conclusions :

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 mars 2023 doivent être rejetées. Par suite, les conclusions présentées à fin d'injonction comme celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E, au préfet du Tarn et à Me Sadek.

Délibéré après l'audience du 1er mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Coutier, président,

Mme C, magistrate honoraire,

Mme Michel, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2024.

La rapporteure,

C. C

Le président,

B. COUTIER

Le greffier,

B. ROETS

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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