LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2304048

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2304048

jeudi 21 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2304048
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBOUIX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 juillet et 24 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Bouix, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant ", l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement et, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble de l'arrêté attaqué

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation commise dans l'application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité qui affecte la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces stipulations.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juin 2023.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de la justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Pétri.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant haïtien né le 31 janvier 1998, est entré sur le territoire français muni d'un passeport revêtu d'un visa long séjour " étudiant " valable du 4 septembre 2017 au 4 septembre 2018. Il a bénéficié d'une carte de séjour d'un an portant la mention " étudiant " valable du 12 septembre 2018 au 11 septembre 2019, puis d'une carte de séjour pluriannuelle portant la même mention, renouvelée régulièrement jusqu'au 11 novembre 2022. Il a sollicité, le 6 novembre 2022, le renouvellement de son titre de séjour en faisant valoir le motif de ses études. Par un arrêté du 17 janvier 2023 dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

En ce qui concerne l'ensemble de l'arrêté :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police. ". Aux termes de l'article R. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

3. L'arrêté litigieux vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il fait également état d'éléments circonstanciés relatifs à la situation de M. A, en particulier son parcours universitaire depuis son entrée sur le territoire français et sa vie privée et familiale. Dès lors que l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait sur lesquels il se fonde, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

4. En second lieu, M. A soutient qu'en refusant de renouveler son titre de séjour alors qu'il résidait en France depuis quatre ans et qu'il était suivi dans le cadre d'un traitement par chimiothérapie, le préfet de la Haute-Garonne a entaché sa décision d'un défaut d'examen sérieux de sa situation. Si l'arrêté attaqué se borne en effet à faire état des échecs universitaires de M. A au titre des années 2019-2020, 2020-2021 et 2021-2022 sans évoquer son état de santé, il ne ressort pas des pièces du dossier que la pathologie de l'intéressé aurait été connu des services préfectoraux avant le 9 novembre 2022, date à laquelle un médecin de l'oncopole de Toulouse a rédigé un certificat médical faisant état de la prise en charge du requérant pour une pathologie hématologique. Dès lors que le préfet de la Haute-Garonne s'est prononcé au vu des seuls éléments connus pour les années universitaires 2019-2020, 2020-2021 et 2021-2022 et que le requérant n'établit pas que sa pathologie l'a empêché de suivre normalement ses études avant le début de l'année universitaire 2022-2023, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux ne peut qu'être écarté, étant rappelé, ainsi que cela a été dit au point précédent, que la décision attaquée fait état de plusieurs éléments précis et circonstanciés relatifs à la situation de M. A.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

5. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. ".

6. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a validé une première année de licence de chimie à l'Université Toulouse III Paul Sabatier et qu'il a ensuite été ajourné à trois reprises en deuxième année de licence. Aussi, il est constant que M. A n'a validé qu'une seule année d'étude en quatre ans et qu'il n'a validé aucun diplôme. Dans ces conditions, il ne saurait être regardé comme démontrant le caractère sérieux de ses études depuis 2019 ainsi qu'une progression notable. S'il est en outre constant qu'un lymphome lui a été diagnostiqué au mois d'août 2022 et qu'une telle maladie a nécessairement un impact sur la poursuite d'études, il n'est pas établi par les pièces du dossier que l'état de santé de M. A aurait impacté sa scolarité avant cette date. Si l'intéressé se prévaut de ce que la maladie évoluait depuis plusieurs mois avant cette même date, cette circonstance n'est toutefois pas suffisamment précise et, en tout état de cause, n'est pas de nature à expliquer ses trois échecs en deuxième année de licence à compter de l'année 2019-2020. Également, si l'un de ses professeurs fait état, dans une attestation en date du 12 juillet 2023, du caractère volontaire, assidu et attentif de M. A, cet élément n'est pas non plus de nature à démontrer le caractère sérieux de ses études. Enfin, si M. A justifie occuper un emploi depuis le mois de mai 2019 afin de financer ses études et être investi dans le fonctionnement d'un club d'échec ainsi que dans une paroisse, ces circonstances sont toutefois sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Il résulte de ce qui vient d'être dit que le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de renouveler le titre de séjour " étudiant " de M. A.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

8. En deuxième lieu, aux termes du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale ont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ". Lorsqu'elle envisage de prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger, l'autorité préfectorale n'est tenue, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de recueillir préalablement l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration que si elle dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir que l'intéressé présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une telle mesure d'éloignement.

9. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne disposait, à la date de la décision attaquée, d'informations lui permettant de considérer que l'état de santé de M. A était susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. En particulier, si l'intéressé dispose d'un certificat médical établi le 9 novembre 2022 relatif à sa prise en charge à l'oncopole de Toulouse en raison d'une pathologie hématologique, il ne justifie pas avoir informé l'autorité préfectorale de sa situation médicale. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 8 ne peut qu'être écarté.

10. En troisième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prévoit que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

11. En l'espèce, il est constant que M. A s'est investi de manière importante dans un club d'échec ainsi que dans une paroisse et qu'il occupe un emploi afin de financer ses études depuis le mois de mai 2019. Toutefois, ces circonstances ne sont pas suffisantes pour caractériser une atteinte aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, étant précisé que l'intéressé, qui a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 24 ans, n'établit pas y être dépourvu d'attaches familiales. Par suite et en l'absence de tout autre élément pertinent, le moyen doit être écarté.

12. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise l'autorité préfectorale au regard de l'application de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M.Br A, à Me Bouix et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 30 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Carotenuto, présidente,

M. Leymarie, conseiller,

Mme Pétri, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.

La rapporteure,

M. PETRI

La présidente,

S. CAROTENUTO La greffière,

F. LE GUIELLAN

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions