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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2304254

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2304254

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2304254
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantTOUBOUL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 juillet 2023 et le 21 mars 2024, M. A C, représenté par Me Touboul, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2022 par lequel le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le refus de titre de séjour est entaché d'une erreur de droit dans l'application des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'obligation de quitter le territoire est privée de base légale ;

- cette décision est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistrés le 23 août 2023, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Par une décision du 5 juillet 2023, M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les observations de Me Touboul, représentant M. C, présent.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant géorgien né le 18 février 1995, est entré en France le 8 août 2021 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 15 avril 2022. Le 18 novembre 2022, il a sollicité son admission au séjour au titre de la vie privée et familiale afin d'assister son père gravement malade en France. Par arrêté du 15 février 2023, le préfet du Tarn a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours. M. C demande l'annulation de ces décisions et la délivrance du titre de séjour sollicité.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui n'est entré en France que 17 mois avant la décision contestée, est célibataire sans charge de famille et que si son père réside en France sous couvert d'un titre de séjour pour raison de santé, sa mère et sa sœur résident en Géorgie, où lui-même a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans. S'il ressort des pièces du dossier que le père du requérant a besoin, compte tenu de son état de santé et de sa vulnérabilité, d'une aide quotidienne, il n'est pas établi qu'il ne pourrait recevoir une telle assistance d'un service médico-social spécialisé. La circonstance que le préfet se soit fondé, à tort, mais de manière surabondante, sur le fait que le titre de séjour du père du requérant a un caractère provisoire, est sans incidence sur la légalité de la décision contestée. Ainsi, le moyen tiré de ce que le refus de titre de séjour serait entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions précitées doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :" L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412 1 () ".

5. Ainsi qu'il a été dit, le requérant n'établit pas que sa présence est indispensable à son père alors qu'il ressort du certificat médical du médecin traitant de celui-ci et de la psychologue clinicienne qui a pris en charge le père et le fils que celui-ci a besoin d'une aide dans la gestion administrative et la gestion de son domicile, de ses courses et de ses repas, qui pourrait être assurée par un service spécialisé. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit, M. C ne fait valoir aucun autre motif exceptionnel de régularisation au titre de la vie privée et familiale ou au titre de l'insertion professionnelle. Dès lors, c'est sans erreur dans l'application des dispositions précitées que le préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur ce fondement.

6. En troisième lieu, pour les mêmes motifs qu'exposé aux points 3 et 5 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

7. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant ne peut exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'appui de sa contestation de l'obligation de quitter le territoire.

8. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs qu'exposé au point 3 du présent jugement, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire serait contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au préfet du Tarn et à Me Touboul.

Délibéré après l'audience du 26 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Coutier, président,

Mme B, magistrate honoraire,

Mme Michel, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.

La rapporteure,

C. B

Le président,

B. COUTIER

Le greffier,

B. ROETS

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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