vendredi 12 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2304270 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 juillet et le 15 novembre 2023, M. A C, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2023 2023 par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner en France pour une durée de deux ans ;
2°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le cas échéant, au seul visa de cet article.
Il soutient que :
En ce qui concerne la légalité externe :
- les décisions contestées ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles méconnaissent le droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'obligation de quitter le territoire n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
En ce qui concerne la légalité interne :
- l'obligation de quitter le territoire est contraire à l'article L. 611-1 (1°) et (6°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- le refus de délai de départ volontaire est privé de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit dans l'application des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est disproportionnée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi qu'à l'intérêt supérieur de son enfant ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est privée de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 septembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par une décision du 15 novembre 2023, M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-947 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Tercero, substituant Me Cohen, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant marocain né le 29 septembre 1984, est entré en France, selon ses déclarations en février 2014 muni d'un visa court séjour. Sa demande de délivrance d'un titre de séjour a été rejetée le 18 décembre 2019 par le préfet de l'Hérault qui lui a également fait obligation de quitter le territoire. M. C a été entendu dans le cadre d'une enquête de police le 19 juillet 2023, placé en garde à vue puis placé en centre de rétention administrative et libéré à la suite d'une ordonnance du juge des libertés et de la détention le 21 juillet 2023. Par arrêté du 19 juillet 2023, le préfet de l'Hérault a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire sans délai, fixant le pays de renvoi et assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans. M. C demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions relatives à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ".
3. M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par décision du 15 novembre 2023. Les conclusions tendant à son admission provisoire à ce dispositif ont ainsi perdu leur objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme B, chef de la section éloignement de la préfecture de l'Hérault, qui disposait d'une délégation accordée par le préfet de ce département par un arrêté du 28 février 2023, régulièrement publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture n° 25, à l'effet de signer les mesures d'éloignement des étrangers en situation irrégulière. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ".
6. L'arrêté contesté mentionne les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application ainsi que l'accord franco-marocain, la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la convention internationale des droits de l'enfant. Il retrace les circonstances du placement en garde à vue du requérant ainsi que les principaux éléments de sa situation familiale et professionnelle et expose les raisons pour lesquelles le préfet a considéré qu'il devait être éloigné du territoire. L'obligation de quitter le territoire est ainsi suffisamment motivée. La décision fixant le délai de départ volontaire, qui indique que le requérant est dépourvu de document d'identité, ne présente pas de garantie de représentation effectives et a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement non exécutée est également suffisamment motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation de ces décisions doit ainsi être écarté.
7. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment pas des termes de l'arrêté contesté, que le préfet de l'Hérault aurait omis de procéder à un examen réel et sérieux de la situation de M. C avant de l'obliger à quitter le territoire sans délai.
8. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que si ces stipulations ne s'adressent pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union européenne et que le moyen tiré de leur méconnaissance par une autorité d'un Etat membre est ainsi inopérant, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit doit être assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait toutefois être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente serait tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
9. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été entendu par les services de police le 19 juillet 2023 dans le cadre de son placement en garde à vue et qu'il a pu exposer son parcours migratoire, sa situation administrative et familiale. Il ressort notamment du procès verbal établi le 19 juillet 2023 à 15h05 que le requérant a été informé qu'une mesure d'éloignement pouvait être prise à son encontre et a indiqué vouloir rester auprès de son fils né une semaine auparavant. Le droit de M. C à être entendu avant l'édiction de l'obligation de quitter le territoire et des décisions refusant le délai de départ volontaire et interdisant le retour sur le territoire français, qui en constituent le corollaire, n'a pas été méconnu. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
10. En premier lieu, aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ;() 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail ".
11. Si le préfet a visé le 1° et le 6° de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte du deuxième considérant de l'arrêté contesté que l'obligation de quitter le territoire est fondée sur le 3° de cet article. Il ressort des pièces du dossier que M. C s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour par un arrêté du 18 décembre 2019. Le préfet n'a donc pas commis d'erreur de droit en édictant à son encontre une obligation de quitter le territoire.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
13. M. C fait valoir qu'il réside en France depuis plus de dix ans, qu'il vit en couple avec une ressortissante algérienne reconnue réfugiée et a eu avec elle un enfant né le 11 juillet 2023 et âgé de 8 jours à la date de l'arrêté contesté, enfin, qu'il est également père d'un enfant né le 25 juillet 2016 d'une précédente union et dont il s'occupe. Toutefois, ni le bail et les factures d'électricité jointes au dossier, qui sont au nom de la compagne de M. C, ni l'attestation circonstanciée que celle-ci a rédigée ne permettent d'établir l'ancienneté et la stabilité de leur relation. Par ailleurs aucune pièce n'est versée au dossier pour étayer l'affirmation selon laquelle M. C contribue à l'entretien et à l'éducation de son premier fils. Enfin, M. C ne fait pas état d'autres liens personnels anciens qu'il aurait noués en France. Ainsi, en l'état de l'instruction, la décision attaquée n'a pas porté au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.
14. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C, qui par ailleurs ne maîtrise pas le français, se serait particulièrement intégré en France sur le plan relationnel ou professionnel. Eu égard à sa situation familiale telle que rappelée au point précédent, et en l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit ainsi être écartée.
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C ne peut exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire à l'appui de sa contestation de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.
16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L.612-3 de ce code : Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement() 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
17. Si M. C établit détenir un passeport en cours de validité, il n'établit pas, ainsi qu'il a été dit, résider de manière stable à l'adresse de sa compagne, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il s'est maintenu sur le territoire français après le rejet de sa demande de titre de séjour du 18 octobre 2019 et n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement. Le préfet pouvait ainsi, sans erreur de droit, considérer qu'il existait un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire et refuser pour ce motif de lui octroyer un délai de trente jours pour quitter le territoire français. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait de la sorte procédé à une application automatique de cette faculté de ne pas octroyer de délai de départ volontaire.
18. En troisième lieu, pour les mêmes motifs qu'exposé aux points 11 et 12 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
19. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
20. Ainsi qu'il a été dit précédemment, M. C n'établit pas la réalité et l'ancienneté de sa vie de couple, ni qu'il subviendrait aux besoins du ménage et notamment de l'enfant né le 11 juillet 2023, ni enfin que sa présence serait indispensable à sa compagne et à leur jeune fils. Dès lors, la décision contestée n'a pas méconnu l'intérêt supérieur du jeune E. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit par suite être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
21. M. C fait valoir que la cellule familiale ne peut se reconstituer au Maroc alors que sa compagne est de nationalité algérienne. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, la réalité et la stabilité de la relation de M. C et de sa compagne ne sont pas établies par les pièces du dossier. Ainsi, pour les mêmes motifs qu'exposé au point 13 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour d'une durée de deux ans :
22. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction prévue à l'article L. 612-11 ".
23. La décision contestée vise les articles L.612-6 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise également que le requérant a déclaré résider en France depuis 2014, qu'il n'établit pas avoir fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux en France et que sa présence représente une menace pour l'ordre public. L'interdiction de retour en litige est ainsi suffisamment motivée dans son principe et sa durée au regard des critères fixés par la loi. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.
24. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que si M. C soutient vivre en France depuis dix ans et y avoir fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux, il ne l'établit pas, alors qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée. Dans ces conditions, et alors même qu'en l'absence de poursuite judiciaire, le comportement de M. C ne peut être regardé comme constituant une menace pour l'ordre public, la décision contestée n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation.
25. En troisième lieu, pour les mêmes raisons qu'exposé au point 13 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
26. En dernier lieu, aucun des moyens invoqués à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire n'étant retenu par le présent jugement, M. C ne peut soutenir que l'interdiction de retourner sur le territoire français serait illégale par suite de l'illégalité de cette décision.
Sur les autres conclusions :
27. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 19 juillet 2023 doivent être rejetées. Par suite, les conclusions présentées à fin d'injonction comme celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au préfet de l'Hérault et à Me Cohen.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coutier, président,
Mme D, magistrate honoraire,
Mme Michel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.
La rapporteure,
C. D
Le président,
B. COUTIER
Le greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026