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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2304332

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2304332

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2304332
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCOHEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2023, M. E A B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Aveyron a prononcé une obligation de quitter le territoire français sans délai à son encontre, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ainsi que des dépens.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble de l'arrêté

- il est entaché d'incompétence ;

- il méconnaît le droit d'être entendu ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle porte atteinte à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité qui affecte la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle porte atteinte à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle porte atteinte à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire

- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité qui affecte la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît " l'impératif de proportionnalité " ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an

- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité qui affecte la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La clôture d'instruction a été fixée au 7 novembre 2023 à midi.

Le préfet de l'Aveyron a produit, le 24 janvier 2023, un mémoire en défense après clôture d'instruction, qui n'a pas été communiqué.

M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 15 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de la justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pétri,

- et les observations de Me Cohen, représentant M. A B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant somalien né le 27 février 1993, déclare être entré en France au cours de l'année 2018. La Cour nationale du droit d'asile l'a admis au bénéfice de la protection subsidiaire par une décision du 29 avril 2021. Cette mesure a pris fin par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 18 avril 2023. Par un arrêté du 20 juillet 2023, le préfet de l'Aveyron l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. A B demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 novembre 2023. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire, qui sont devenues sans objet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble de l'arrêté :

3. En premier lieu, par un arrêté du 24 octobre 2022 publié le lendemain au recueil des actes administratifs (n° 12-2022-175) de la préfecture de l'Aveyron, le préfet de ce département a donné délégation à M. D C, directeur de la citoyenneté et de la légalité, à l'effet de signer, notamment, les mesures d'éloignement. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit par suite être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ".

5. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse non aux Etats membres mais aux institutions, organes et organismes de l'Union. Le moyen tiré de sa méconnaissance par l'arrêté contesté, pris par une autorité d'un Etat membre, est ainsi inopérant. En revanche, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Il résulte enfin de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.

6. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier, en l'absence de production d'écritures en défense avant la clôture d'instruction, que le requérant aurait été mis à même de faire connaître de manière utile et effective son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de la décision en litige. L'intéressé n'établit toutefois pas, en se bornant soutenir qu'il n'a pas été informé de ce que le préfet de l'Aveyron avait pour intention d'édicter une obligation de quitter le territoire français à son encontre et qu'il n'a donc pas été mis à même de présenter des observations relatives à sa situation personnelle, qu'il aurait pu présenter à l'administration des éléments de nature à influer sur le sens de cette décision. Aussi et dès lors qu'il ne démontre pas que la méconnaissance de son droit d'être entendu l'a effectivement privé de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que la procédure administrative en litige aurait pu aboutir à un résultat différent le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ".

8. La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que des éléments relatifs à la situation personnelle de M. A B. Dès lors qu'elle comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, la décision attaquée doit être regardée comme suffisamment motivée.

9. En deuxième lieu, ainsi que cela a été dit au point précédent, la décision litigieuse mentionne des éléments relatifs à la situation personnelle de M. A B, en particulier les condamnations pénales dont il a fait l'objet et la circonstance que l'intéressé a déclaré n'avoir aucune famille sur le territoire français. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation doit être écarté.

10. En troisième lieu, en se bornant à soutenir qu'il " dispose d'attaches en France ", le requérant ne démontre pas que le préfet de l'Aveyron aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences d'une exceptionnelle gravité que la décision portant obligation de quitter le territoire français emporterait sur sa situation. Plus particulièrement, il n'apporte aucune pièce au soutien de cette allégation, qui serait de nature à infirmer les motifs opposés dans la décision attaquée tirés de ce qu'il a déclaré n'avoir aucune famille en France et n'avoir démontré aucune intégration stable et significative dans la société française. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.

11. En dernier lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prévoit : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. M. A B n'apporte aucune précision relative à l'examen de ce moyen, qui doit en tout état de cause être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 9.

En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". Selon l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () ". Enfin, selon l'article L. 613-2 de ce code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

14. La décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire mentionne notamment l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le motif tiré de la menace à l'ordre public constituée par le comportement du requérant. Dans ces conditions, elle doit être regardée comme étant suffisamment motivée en droit et en fait.

15. En deuxième lieu, le requérant n'assortit le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation d'aucune précision. Dans ces conditions, il y a lieu d'écarter le moyen pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 8.

16. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 6 à 11 que M. A B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire.

17. En quatrième lieu, M. A B soutient que le préfet de l'Aveyron s'est fondé sur les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sans examiner les circonstances particulières propres à sa situation et invoque le caractère d'automaticité entre l'appréciation du préfet et l'application de ces dispositions. Or, il ressort des termes de la décision attaquée, d'une part, que le préfet n'a pas fondé sa décision sur les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif au risque qu'un étranger se soustraie à une mesure d'éloignement, mais sur celles de l'article L. 612-2 du même code, relatives à la menace pour l'ordre public et, d'autre part, que le préfet a mentionné les condamnations pénales dont le requérant a fait l'objet en précisant que l'intéressé ne faisait état d'aucune circonstance particulière quant à sa situation personnelle. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

18. En cinquième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que M. A B a fait l'objet de condamnations pénales à trois reprises, qu'il a été incarcéré à la maison d'arrêt de Druelle à compter du 7 janvier 2023, et qu'il est défavorablement connu de services de police pour plusieurs faits. Plus précisément, le requérant a été condamné par un jugement du tribunal de Rodez en date du 13 décembre 2021 à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis pour dégradation ou détérioration de bien destiné à l'utilité publique ou à la décoration publique, menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un chargé de mission de service public, dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui, par un jugement du même tribunal en date du 23 décembre 2022 à une peine de six mois d'emprisonnement pour violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité, menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique et outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et, par un autre jugement de ce tribunal en date du 7 janvier 2023, à une peine de deux ans d'emprisonnement pour usage illicite de stupéfiants et violation de l'interdiction de paraître dans les lieux où l'infraction a été commise. Au vu de ces éléments, qui démontrent que le comportement du requérant constitue une menace pour l'ordre public, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu " l'impératif de proportionnalité ". Par suite, le moyen doit être écarté.

19. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point précédent.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

20. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 6 à 11 que M. A B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.

21. En deuxième lieu, en se bornant à alléguer qu'il a fui la Somalie en raison des risques qu'il encourait dans son pays d'origine sans apporter ni précisions, ni pièces, et étant rappelé qu'il ressort des termes de la décision attaquée que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a mis fin à la mesure protection subsidiaire dont il bénéficiait par une décision du 18 avril 2023, le requérant ne démontre pas que la décision fixant le pays de destination serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation.

22. En troisième lieu, le moyen tiré de l'atteinte portée à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui n'est assorti d'aucune précision, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 9.

23. En dernier lieu, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prévoit que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

24. Outre la circonstance que le requérant n'assortit le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent d'aucune précision, il y a lieu d'écarter ce moyen pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 21.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :

25. En premier lieu, l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. ". Selon l'article L. 613-2 du même code : " () les décisions d'interdiction de retour () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

26. La décision portant interdiction de retour sur le territoire français vise notamment l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que le requérant n'a aucune famille en France, que son comportement constitue une menace pour l'ordre public, et qu'il ne justifie pas d'une intégration stable et significative en France. Elle doit ainsi être regardée comme suffisamment motivée.

27. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 6 à 11 que M. A B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

28. En dernier lieu, M. A B soutient que le juge doit tenir compte, pour apprécier la légalité d'une décision portant interdiction de retour sur le territoire français, notamment de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de sa vie privée et familiale, et de la menace que son comportement pourrait représenter pour l'ordre public. Or, l'intéressé ne produit aucune pièce relative à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France, aux attaches qu'il aurait pu nouer sur le territoire français, alors en outre qu'il ressort des pièces du dossier, ainsi que cela a été dit au point 18, que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit par suite être écarté.

29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A B, à Me Léa Cohen et au préfet de l'Aveyron.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Carotenuto, présidente,

M. Hecht, premier conseiller,

Mme Pétri, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.

La rapporteure,

M. PETRI

La présidente,

S. CAROTENUTOLa greffière,

F. LE GUIELLAN

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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