LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2304510

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2304510

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2304510
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantDIALEKTIK AVOCATS AARPI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 juillet 2023, Mme D E, représentée par Me Soulas, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à défaut, de réexaminer se situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil.

Elle soutient que :

S'agissant de la légalité externe :

- les décisions contestées ont été prises par une autorité incompétente ;

- le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire sont insuffisamment motivés en fait ;

- la procédure est irrégulière, l'avis du collège des médecins de l'OFII étant irrégulier ;

- la décision fixant le pays de renvoi est insuffisamment motivée ;

S'agissant de la légalité interne :

- le préfet s'est cru lié par l'avis de l'OFII pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour ;

- le refus de titre de séjour est contraire à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ses conséquences sur sa situation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'obligation de quitter le territoire est privée de base légale par suite de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- cette décision est contraire à l'article L. 611-3 (9°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de renvoi est privée de base légale.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 octobre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués sont infondés.

Par une décision du 14 juin 2023, Mme E a été admise à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D E, ressortissante congolaise née le 13 novembre 1966, est entrée en France selon ses déclarations le 26 novembre 2016. Sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 21 mai 2019. Elle a sollicité le 8 septembre 2022 un titre de séjour en tant qu'étranger malade. Par arrêté du 5 décembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme E demande l'annulation de ces décisions et la délivrance d'un titre de séjour.

Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Par une décision du 14 juin 2023, antérieure à l'enregistrement de sa requête, Mme E a été admise à l'aide juridictionnelle totale. Les conclusions tendant à son admission à titre provisoire à ce dispositif, qui étaient, dès l'introduction de requête, dépourvues d'objet, sont par suite irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun :

3. Par un arrêté du 18 octobre 2022, publié le lendemain au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 31-2022-355, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme B, directrice des migrations et de l'intégration, en matière de police des étrangers et notamment pour signer les mesures d'éloignement et les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :/ 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En application des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

5. L'arrêté contesté rappelle le parcours migratoire de la requérante, reprend la teneur de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, selon lequel son état de santé nécessite une prise en charge médicale mais que le défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et ajoute que la requérante ne justifie pas être dans l'impossibilité d'accéder aux soins dans son pays d'origine. Ainsi, et alors que l'autorité préfectorale n'est pas tenue de décrire le détail de la situation personnelle de la requérante ni l'offre de soins en république démocratique du Congo, le refus de titre de séjour opposé à Mme E énonce les considérations de fait et de droit qui constituent son fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". L'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 précise que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. () ".

7. Il ressort de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) produit par le préfet que le collège des médecins réuni le 9 novembre 2022 a estimé que l'état de santé de Mme E nécessite une prise en charge médicale mais que le défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'enfin, à la date de l'avis, l'état de santé de l'intéressée lui permet de voyager sans risque vers le pays d'origine. L'avis, signé des trois médecins du collège de l'Office, a été rendu, selon les mentions qu'il comporte, au vu du rapport établi par le Dr A, qui ne siégeait pas au sein dudit collège. Alors qu'après communication de l'avis dans le cadre de la présente instance, la requérante ne précise pas quelles irrégularités l'affecteraient, le moyen tiré de ce que la procédure de consultation de l'OFII serait irrégulière doit être écarté.

8. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet a examiné la possibilité d'admettre la requérante au séjour au titre de son état de santé au vu des éléments produits par celle-ci et a relevé à cet égard que Mme E ne démontre pas l'impossibilité de bénéficier de soins dans son pays. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet se serait cru lié par l'avis de l'OFII doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an ". Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 5 janvier 2017 susvisé : " Les conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge médicale () sont appréciées sur la base des trois critères suivants : degré de gravité (mise en cause du pronostic vital de l'intéressé ou détérioration d'une de ses fonctions importantes), probabilité et délai présumé de survenance de ces conséquences. Cette condition des conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge doit être regardée comme remplie chaque fois que l'état de santé de l'étranger concerné présente, en l'absence de la prise en charge médicale que son état de santé requiert, une probabilité élevée à un horizon temporel qui ne saurait être trop éloigné de mise en jeu du pronostic vital, d'une atteinte à son intégrité physique ou d'une altération significative d'une fonction importante. Lorsque les conséquences d'une exceptionnelle gravité ne sont susceptibles de ne survenir qu'à moyen terme avec une probabilité élevée (pathologies chroniques évolutives), l'exceptionnelle gravité est appréciée en examinant les conséquences sur l'état de santé de l'intéressé de l'interruption du traitement dont il bénéficie actuellement en France (rupture de la continuité des soins). Cette appréciation est effectuée en tenant compte des soins dont la personne peut bénéficier dans son pays d'origine ".

10. Pour refuser de délivrer un titre de séjour de Mme E en raison de son état de santé, le préfet de la Haute-Garonne s'est appuyé sur l'avis des médecins de l'OFII selon lequel l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale mais le défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il s'est également fondé sur le fait que la requérante n'établit pas l'indisponibilité des soins qui lui sont nécessaires en république démocratique du Congo.

11. D'une part, il ressort des certificats médicaux établis le 9 mars 2023 par son médecin généraliste et le 26 janvier 2023 par le chirurgien orthopédiste qui l'a opérée, que Mme E souffre d'une pathologie rachidienne qui a nécessité des interventions chirurgicales en février et mars 2021, compliquées par une infection, mais que l'évolution a été favorable, Mme E présentant désormais des douleurs séquellaires. Si les deux médecins qualifient la pathologie de l'intéressée comme complexe, aucun des certificats médicaux n'explicite le traitement actuellement suivi, la gravité de ses atteintes rachidiennes ni les conséquences qu'aurait une interruption des soins. Mme E ne peut ainsi être regardée comme établissant que le défaut de prise en charge médicale de sa pathologie aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé.

12. D'autre part, alors que les pièces du dossier ne permettent pas de savoir quel traitement est indispensable à Mme E, les certificats médicaux des 26 janvier et 9 mars 2023, selon lesquels, sans autre précision, l'accès à des spécialistes de haut niveau et à des médicaments puissants serait difficile dans son pays d'origine, ne suffisent pas à établir que l'intéressée ne pourrait y bénéficier des soins appropriés. Si le chirurgien orthopédiste indique que l'intervention chirurgicale dont elle a bénéficié en France ne pouvait être pratiquée dans son pays et qu'une nouvelle opération pourrait être nécessaire dans le temps, en cas de décompensation, il n'en ressort pas qu'une telle intervention soit envisagée à brève échéance. Dès lors, la requérante ne peut être regardée comme justifiant l'indisponibilité des soins requis pas son état de santé en république démocratique du Congo.

13. Il résulte de ce qui précède que la décision contestée n'est entachée ni d'une erreur de droit dans l'application des dispositions précitées, ni d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de Mme E et de ses conséquences sur sa situation. Ces moyens doivent donc être écarté.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

15. Mme E fait valoir qu'elle réside en France depuis 2016 et qu'elle y est suivie pour ses problèmes de santé. Toutefois, elle ne fait état d'aucun lien personnel ou familial en France, alors qu'elle dispose d'attaches significatives en république démocratique du Congo où résident ses quatre enfants dont trois sont mineurs à la date de l'arrêté contesté, ainsi que ses sept frères et sœurs, et où elle-même a vécu jusqu'à l'âge de 50 ans. Dans ces conditions, la décision contestée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la violation des stipulations précitées doit ainsi, et en tout état de cause, être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :/ () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour () ". L'article L. 613-1 du même code dispose : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ". Lorsqu'une obligation de quitter le territoire français assortit un refus de séjour, la motivation de cette mesure se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé, de mention spécifique pour respecter les exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

17. Ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, le refus de titre de séjour opposé à la requérante est suffisamment motivé. Par suite, l'obligation de quitter le territoire, qui en l'espèce, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour, est également suffisamment motivée.

18. En deuxième lieu, aucun des moyens invoqués à l'encontre du refus de titre de séjour n'étant retenu par le présent jugement, le moyen tiré par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté.

19. En troisième lieu, aux termes de l'article aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".

20. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 11 et 12 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

21. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 15 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

22. En cinquième lieu, si Mme E soutient qu'elle s'est insérée en France où elle a établi ses intérêts personnels, elle ne l'établit pas. Si elle fait valoir qu'elle bénéficie d'un suivi médical rapproché en France, ainsi qu'il a été dit, elle n'établit pas qu'elle ne pourrait poursuivre ses soins dans son pays d'origine. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences d'une mesure d'éloignement sur sa situation personnelle doit par suite être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

23. En premier lieu, la décision fixant le pays, qui mentionne la nationalité de la requérante et précise qu'elle n'établit pas être exposée à des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme est suffisamment motivée en fait. Alors que le préfet n'était pas tenu de détailler les risques encourus par Mme E, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

24. En second lieu, aucun des moyens invoqués à l'encontre du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire n'étant retenu par le présent jugement, le moyen tiré par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces décisions ne peut qu'être écarté.

Sur les autres conclusions :

25. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 5 décembre 2022 doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence que les conclusions à fin d'injonction et celles présentées en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Soulas.

Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Coutier, président,

Mme C, magistrate honoraire,

Mme Michel, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

La rapporteure,

C. C

Le président,

B. COUTIER

Le greffier,

B. ROETS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions