LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2304763

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2304763

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2304763
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCAMBON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et trois nouveaux mémoires, enregistrés les 3 août et 22 décembre 2023 et les 8 mai et 24 juin 2024, M. C B, représenté par Me Cambon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 juin 2023 du préfet du Tarn portant refus de séjour ;

2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer un titre de séjour d'une durée d'un an, mention vie privée et familiale, l'autorisant à travailler, dans le délai de sept jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Tarn de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer un titre de séjour temporaire, portant mention vie privée et familiale, l'autorisant à travailler, dans le délai de sept jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au même préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de sept jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

5°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et la somme de 2 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

-l'arrêté contesté est entaché d'insuffisance de motivation ;

-il est entaché de défaut d'examen sérieux de sa situation eu égard à sa motivation insuffisante et dès lors que la préfecture ne l'a pas sollicité pour recueillir les éléments pertinents et nécessaires pour instruire sa demande ;

-il est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;

-il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect à sa vie privée et familiale, tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, eu égard à ses liens familiaux en France, à son état de santé, à la durée de son séjour sur le territoire français et à l'ensemble des conséquences que l'exécution de cet arrêté aurait sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2023, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête en toutes ses conclusions. Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 19 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 5 juillet 2024 à 12 heures.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 6 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la Constitution ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lejeune,

- et les observations de Me Cambon, représentante de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, né le 8 décembre 1973 et de nationalité tunisienne, déclare être entré sur le territoire français en février 1985, à l'âge de 11 ans. Il a séjourné en France de façon régulière jusqu'au 22 juillet 2022, date d'expiration de son dernier document de séjour. Il en a sollicité le renouvellement le 9 août 2023. Par arrêté du 12 juin 2023, le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour. M. B conteste cette décision.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 septembre 2023. Par suite, il n'y a pas lieu de se prononcer sur son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les moyens de la requête :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui () restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière plus générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "

5. En l'espèce, l'arrêté contesté liste les quinze condamnations pénales subies par M. B et le placement en détention provisoire dont il a fait l'objet en 2021. Il cite ensuite l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour en faire application. Par suite, l'arrêté comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée. Aussi, il satisfait aux exigences de motivation précitées du code des relations entre le public et l'administration.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " La délivrance ou le renouvellement du titre de séjour à un étranger est subordonné à la collecte, lors de la présentation de sa demande, des informations le concernant qui doivent être mentionnées sur le titre de séjour selon le modèle prévu à l'article R. 431-1, ainsi qu'au relevé d'images numérisées de sa photographie et, sauf impossibilité physique, les empreintes digitales de ses dix doigts aux fins d'enregistrement dans le traitement automatisé mentionné à l'article R. 142-11. " Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. / Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l'article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents. " Enfin, aux termes de l'article R. 431-11 de ce code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. "

7. Il résulte de ces dispositions que l'administration qui instruit une demande de titre de séjour fonde sa décision au vu des pièces fournies par l'intéressé lors du dépôt de sa demande de titre de séjour. Or, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet du Tarn n'aurait pas procédé à l'examen suffisant de la situation personnelle du requérant avant d'édicter la décision en litige. Par suite, le moyen soulevé sur ce point doit être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "

9. En l'espèce, il ressort de l'arrêté attaqué et sans que cela soit contesté par l'intéressé, qu'il a été condamné à de nombreuses reprises depuis son arrivée en France. Ainsi, par jugement du 24 août 1993 du tribunal correctionnel de Perpignan, il a été condamné à quatre mois d'emprisonnement pour des faits de vol et recel d'objet provenant d'un vol. Le 28 octobre 1993, le tribunal correctionnel de Toulouse l'a condamné à six mois d'emprisonnement pour tentative de vol avec effraction. Ce même tribunal l'a condamné le 14 décembre 1995 à six mois d'emprisonnement pour vol avec effraction. Par jugement du 14 avril 2004, le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains a prononcé à son encontre une peine de 1 000 euros d'amende pour transport, sans motif légitime, d'arme de catégorie 6, transport et détention non autorisés de stupéfiants. Le 17 juillet 2007, le tribunal correctionnel de Toulouse l'a condamné à 500 euros d'amende et a prononcé une suspension de permis de conduire pendant trois mois après que M. B a été interpellé pour conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique. Par un jugement du 18 juin 2010, le tribunal correctionnel de Foix l'a condamné à deux ans d'emprisonnement pour vol et conduite de véhicule sous l'emprise de l'alcool. Le 5 août 2013, M. B a été condamné par le tribunal correctionnel de Toulouse à deux mois d'emprisonnement pour cession ou offre de stupéfiants à une personne en vue de sa consommation personnelle. Par un arrêt du 3 décembre 2013, la cour d'appel de Toulouse l'a condamné à six mois d'emprisonnement pour vol avec destruction ou dégradation en récidive. Par jugement du 17 juin 2014, le tribunal correctionnel de Narbonne l'a condamné pour des faits de vol en récidive à deux mois d'emprisonnement. Le 16 septembre 2014, le tribunal correctionnel de Toulouse a prononcé une amende de 200 euros à son encontre pour port prohibé d'arme de catégorie 6. Par jugement du 20 octobre 2015, ce même tribunal l'a condamné à trois mois d'emprisonnement pour vol avec destruction ou dégradation en récidive. Ce tribunal l'a condamné le 28 octobre 2016 à une peine d'une année d'emprisonnement pour vol par effraction en récidive. Le 16 octobre 2019, ce tribunal l'a condamné à six mois de prison et confiscation des biens ou instruments destinés à commettre un crime ou un délit et vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt. S'agissant de l'année 2023, M. B a fait l'objet de deux condamnations par le tribunal correctionnel de Toulouse, l'une le 6 janvier à six mois de prison pour vol, récidive et escroquerie, l'autre le 23 janvier à six mois de prison pour vol et vol avec effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt.

10. Il résulte ce qui précède, que M. B, présent en France depuis 1985, a été condamné à quinze reprises entre 1993 et 2023 pour des infractions d'une certaine gravité, et en particulier de nombreux vols avec effraction. Ainsi, et nonobstant la présomption d'innocence dont M. B bénéficie s'agissant des faits n'ayant pas encore été jugés, le préfet du Tarn a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, retenir que la présence de l'intéressé sur le territoire français constituait une menace à l'ordre public.

11. En dernier lieu, M. B soutient que l'exécution de l'arrêté du 12 juin 2023 porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, il n'est pas contesté que l'intéressé est célibataire et sans enfant à charge. En outre, les seuls documents d'état civil qu'il produit ne permettent pas d'établir l'existence de liens intimes et intenses avec les membres de sa famille basés en France. Par ailleurs, si M. B démontre avoir exercé de nombreux emplois de courtes durées, en particulier dans la restauration, entre 1997 et 2010, il ne justifie pas, au moyen des fiches de paie, attestations, contrats et documents relatifs aux allocations perçues et à ses cotisations de retraite, d'une insertion professionnelle stable et continue sur le territoire. Enfin, s'il est avéré que M. B a souffert d'addictions à diverses drogues et au tabac qui auraient altéré sa santé, il n'affirme, ni ne démontre que le refus de titre de séjour empêcherait la poursuite de son rétablissement. Ainsi, et eu égard au but qu'elle poursuit, la décision attaquée ne saurait être regardée comme portant une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B.

12. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 juin 2023. Par suite, les conclusions de la requête doivent être rejetées, y compris celles présentées au titre des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Tarn.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Clen, président,

Mme Cuny, conseillère,

Mme Lejeune, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024

La rapporteure,

A. LEJEUNE

Le président,

H. CLENLa greffière,

F. SOLANA

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions