vendredi 12 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2305069 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 août 2023, M. C B, représenté par Me Laspalles, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 juin 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", à défaut de réexaminer sa situation, dans un délai de trente jours sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de lui octroyer l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la légalité externe :
- les décisions contestées sont insuffisamment motivées ;
- la procédure contradictoire et son droit à être entendu ont été méconnus ;
En ce qui concerne la légalité interne :
- le refus de titre de séjour est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit dans l'application de l'article L.423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ses conséquences sur sa situation ;
- elle est contraire à l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L.421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'obligation de quitter le territoire est privée de base légale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire est privée de base légale ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 novembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par décision du 31 octobre 2023, M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-947 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant comorien né le 11 décembre 1992, est entré en France, à Mayotte, selon ses déclarations, en 2013. Il est entré en France métropolitaine le 25 novembre 2021 sous couvert d'un visa long séjour portant la mention " formation " valable jusqu'au 6 novembre 2022 et a obtenu une carte de séjour " vie privée et familiale " valable jusqu'au 18 avril 2022, puis une carte de séjour temporaire pour études, valable jusqu'au 13 décembre 2022. Le 16 décembre 2022, il a sollicité un titre de séjour en qualité de parent d'enfants français et en tant que salarié. Par arrêté du 23 juin 2023, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français à l'exception de Mayotte dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B demande à titre principal l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions relatives à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ".
3. M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par décision du 31 octobre 2023. Les conclusions tendant à son admission provisoire à ce dispositif ont ainsi perdu leur objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ".
5. L'arrêté contesté mentionne les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la convention internationale des droits de l'enfant. Il retrace les principaux éléments de la situation administrative, familiale et professionnelle de M. B en indiquant notamment qu'il ne justifie pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de ses cinq enfants mineurs français ni disposer d'une autorisation de travail, enfin que rien dans sa situation ne justifie une admission exceptionnelle au séjour. Le refus de titre de séjour comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde et est par suite suffisamment motivé. L'obligation de quitter le territoire, qui en l'espèce, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour, est également suffisamment motivée. Par ailleurs, l'arrêté vise l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que le requérant n'a fait état d'aucune circonstance justifiant l'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Enfin, l'arrêté contesté précise que M. B, pour exécuter l'obligation de quitter le territoire, peut rejoindre Mayotte, ou le pays dont M. B a la nationalité, soit les Comores, ou tout autre pays dans lequel il serait légalement admissible et est donc suffisamment motivé sur ce point. Le moyen tiré du défaut de motivation de ces décisions doit ainsi être écarté.
6. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
7. La décision portant refus de titre de séjour a été prise à la suite de la demande formulée par le requérant. Par suite, il ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions. Le moyen ne peut qu'être écarté.
8. D'autre part, M. B ne saurait utilement invoquer les dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000, lesquelles ont été abrogées depuis le 1er janvier 2016 et étaient, au demeurant, inopérantes à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire, dès lors que les dispositions du livre VI code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile déterminent l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français ainsi que des décisions les assortissant.
9. Enfin, si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement invoquer le principe général du droit de l'Union, relatif au respect des droits de la défense, et qui implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.
10. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de destination qui sont prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour. Le moyen tiré de ce que le droit de M. B à être entendu avant l'édiction des décisions contestées doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
11. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes de la décision contestée que le préfet aurait omis de procéder à un examen réel et particulier de la situation de M. B.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1". Selon les dispositions de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. () ".
13. Il ressort des pièces du dossier que M. B est le père de cinq enfants mineurs de nationalité française nés entre 2016 et 2021 à Mayotte. M. B soutient qu'il vit en union libre avec la mère de quatre de ces enfants et contribue à leur entretien et leur éducation depuis leur naissance. Pour étayer cette affirmation, M. B produit quelques factures dont certaines sont seulement au nom de la mère, des copies d'écran de ses échanges par téléphone portable avec sa fille aînée, difficilement lisibles et non datées, ainsi que des photographies qui à elles-seules ne revêtent pas de caractère probant. M. B a produit également des relevés de compte bancaire et des copies d'ordre de virement selon lesquelles il a réalisé au bénéfice de la mère de ses enfants 4 virements en 2021, des virements quasi mensuels en 2022 pour des montants de 200 euros en moyenne alors qu'à cette époque, M. B percevait 700 euros de revenus au titre de la formation professionnelle, et trois virements en avril et mai 2023 d'un montant total de 710 euros. Toutefois, les pièces produites pour l'année 2021 et les mois de janvier, août et septembre 2022 ne permettent pas d'identifier le requérant comme l'émetteur des virements effectués au bénéfice de la mère de ses enfants. Dans ces conditions, le requérant ne peut être regardé comme établissant contribuer à l'entretien et à l'éducation de ses enfants depuis au moins deux ans à la date de l'arrêté contesté, pris le 23 juin 2023. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L.423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
14. En troisième lieu, M. B ne peut utilement soutenir que la décision contestée est contraire à l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il n'a pas présenté sa demande de titre de séjour sur ce fondement et que le préfet de la Haute-Garonne ne l'a pas examinée non plus sur ce fondement.
15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
16. M. B fait valoir qu'il réside en France depuis 2013 et qu'il a noué une relation de couple avec une ressortissante malgache, dont il a eu quatre enfants de nationalité française. Toutefois, alors qu'il est constant que les parents résident séparément à Mayotte, M. B n'établit pas, par les pièces produites au dossier, l'ancienneté et la stabilité de sa relation avec sa compagne ni, ainsi qu'il a été dit, contribuer à l'entretien et à l'éducation de leurs enfants. De même, s'il fait valoir qu'il dispose d'attaches familiales en France métropolitaine où résident cinq demi-frères et sœurs de nationalité française ainsi que son père, il n'établit pas avoir conservé des liens avec ceux-ci. Dans ces conditions, la décision contestée ne porte pas au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit ainsi être écarté.
17. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
18. Pour les motifs exposés aux points 13 et 16 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaît l'intérêt supérieur des enfants de M. B doit être écarté.
19. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail () ".
20. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui n'établit pas avoir déposé une demande d'autorisation de travail, est titulaire d'un contrat de mission du 6 janvier au 20 janvier 2023, et non d'un contrat à durée indéterminée. Par suite, il ne remplit pas les conditions fixées par les dispositions précitées pour bénéficier d'un titre de séjour comme salarié.
21. En septième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a résidé pendant plus d'un an en situation régulière en France, qu'il y a obtenu, en septembre 2021, un titre professionnel de technicien Réseau et télécommunications en entreprise et a entamé des démarches pour trouver un emploi. Toutefois, compte tenu de ses conditions de séjour en France sur le plan personnel et familial telles que rappelées aux points 13 et 16 du présent jugement, il n'en ressort pas que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation de M. B ni des conséquences de sa décision sur sa situation en refusant de lui délivrer un titre de séjour dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire, au titre de sa vie privée et familiale ou au titre de son insertion professionnelle.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
22. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B ne peut exciper de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour à l'appui de sa contestation de l'obligation de quitter le territoire prise le même jour.
23. En deuxième lieu, l'obligation de quitter le territoire prise à la suite de la décision refusant de délivrer un titre de séjour à M. B exclut le département de Mayotte de son champ d'application. Dès lors que la compagne de M. B et leurs 4 enfants mineurs résident à Mayotte et que lui-même y a vécu, selon ses déclarations, de 2013 à 2021, la mesure d'éloignement contestée ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté.
24. En troisième lieu, pour les raisons exposées aux points 21 et 23 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de M. B et de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
25. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B ne peut exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire à l'appui de sa contestation de la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours.
26. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté contesté que le préfet aurait omis de procéder à un examen réel et particulier de la situation de M. B, ni qu'il se serait cru tenu de lui accorder le délai de départ volontaire normalement applicable.
27. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".
28. M. B ne fait état d'aucune circonstance particulière qui aurait justifié que le préfet de la Haute-Garonne lui accorde un délai de départ volontaire supérieur au délai de droit commun de 30 jours. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation doit être écarté.
Sur les autres conclusions :
29. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 juin 2023 doivent être rejetées. Par suite, les conclusions présentées à fin d'injonction comme celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Laspalles.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coutier, président,
Mme A, magistrate honoraire,
Mme Michel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.
La rapporteure,
C. A
Le président
B. COUTIER
Le greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026