LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2305091

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2305091

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2305091
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP CGCB & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi d'un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du maire de Lagrave délivrant un permis d'aménager pour un lotissement de 37 lots. Les requérants contestaient la légalité du permis pour divers motifs, notamment l'incomplétude du dossier, la méconnaissance du plan local d'urbanisme (PLU) et des risques pour la sécurité publique. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés, et a appliqué les dispositions du code de l'urbanisme, notamment les articles R. 441-2, R. 442-5, R. 111-2, ainsi que les règles du PLU de Lagrave. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation du permis d'aménager.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 août et 8 novembre 2023, et les 14 mars et 17 mai 2024, MM. I D et J G, représentés par Me Magrini, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2023 par lequel le maire de Lagrave a délivré à MM. E K et A B un permis d'aménager portant sur la réalisation d'un lotissement de trente-sept lots sur un terrain situé rue des Muriers et route de Treilles, ensemble la décision du 22 juin 2023 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Lagrave et de MM. K et B une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête est recevable ;

- le dossier joint à la demande de permis d'aménager est incomplet au regard des articles R. 441-2 et R. 442-5 du code de l'urbanisme, dès lors que le plan de situation ne permet pas de localiser précisément le terrain d'assiette du projet à l'intérieur de la commune et que les points et les angles des prises de vue n'y sont pas reportés ;

- le dossier est incomplet au regard de l'article AU1.4 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Lagrave, faute de précision quant à l'alimentation électrique des lampadaires publics ;

- le projet contesté est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) de " La Maroule ", dès lors que la voie créée donnant sur la route de Treilles n'est pas à double sens de circulation et qu'aucune trame végétale n'est prévue ;

- il méconnaît l'article AU1.3 du règlement du PLU de Lagrave relatif aux accès, en l'absence de trottoir le long du tronçon 1 coté est, et dès lors que l'accès au projet présente des risques pour la circulation publique et pour les piétons ;

- il méconnaît l'article 4.5 des dispositions applicables à la zone UA1, faute de prévoir une aire de présentation et une aire de stockage des ordures ménagères en dehors du domaine public ;

- il méconnaît l'article AU1.6 du règlement du PLU de Lagrave, dès lors que le lot n° 28 ne respecte pas le recul de 5 mètres imposé par ces dispositions par rapport à la portion de voirie présente le long de la route de Treilles ;

- il méconnaît l'article AU1.7 du règlement du PLU de Lagrave, dès lors que le lot n° 1 est situé à moins de trois mètres de l'espace vert n° 1 ;

- il méconnaît l'article AU1.12 du règlement du PLU de Lagrave, dès lors, d'une part, que les dix-huit places de stationnement réservées aux visiteurs prévues seront, à terme, rétrocédées à la commune, alors que ces dispositions imposent qu'elles soient situées en dehors des voies publiques, et d'autre part, qu'il ne prévoit aucun emplacement dédié aux véhicules de secours et de service ;

- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, en raison du manque de visibilité au niveau des accès et de l'absence d'aménagement destiné au ralentissement des véhicules.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 septembre et 22 décembre 2023, et les 22 mars et 6 mai 2024, MM. E K et A B, représentés par la SCP CGCB et Associés, concluent au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et en tout état de cause, à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise solidairement à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que les notifications de recours gracieux et contentieux prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'ont été effectuées qu'à l'égard de l'un des deux bénéficiaires du permis en litige, et le délai de recours contentieux étant expiré, elle n'est pas régularisable ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 novembre 2023 et les 7 mars, 10 avril et 27 juin 2024, la commune de Lagrave, représentée par Me Sire, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise solidairement à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que les notifications de recours gracieux et contentieux prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'ont été effectuées qu'à l'égard de l'un des deux bénéficiaires du permis en litige ;

- la requête est également irrecevable car tardive, l'absence de notification du recours gracieux à M. B dans les conditions prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'ayant pu avoir pour effet de proroger le délai de recours contentieux ;

- la requête est encore irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt pour agir suffisant ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par une ordonnance du 3 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 juillet suivant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frindel ;

- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public ;

- les observations de Me Got, représentant MM. D et G ;

- et les observations de Me Bonnel, représentant la commune de Lagrave, et celles de Me Hirtzlin-Pinçon, substituant la SCP CGCB et Associés, représentant MM. K et B.

Une note en délibéré, produite pour MM. K et B, a été enregistrée le 25 novembre 2024 et n'a pas été communiquée.

Une note en délibéré, produite pour la commune de Lagrave, a été enregistrée le 26 novembre 2024 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. M. K et M. B ont déposé, le 22 décembre 2022, une demande de permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement de trente-sept lots à usage d'habitation individuelle ou d'activité libérale liée à l'habitation, sur un terrain situé rue des Muriers et route de Treilles à Lagrave (Tarn), parcelles cadastrées sous les n°s section ZB, nos 487, 494, 496, 501, 503, 505 et 510. Par un arrêté du 9 mars 2023, le maire de la commune leur a délivré le permis sollicité. Le 4 mai 2023, M. D et M. G ont formé contre cet arrêté un recours gracieux, qui a été rejeté par une décision du 22 juin 2023. Par leur requête, MM. D et G demandent au tribunal l'annulation de ces deux décisions.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de justice administrative : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif ".

3. En application des dispositions précitées de l'article R.600-1, il appartient à l'auteur d'un recours tendant à l'annulation d'un permis de construire d'adresser au greffe de la juridiction copie du certificat de dépôt de la lettre recommandée par laquelle il a adressé copie de son recours à l'auteur de la décision contestée et au titulaire de l'autorisation. A l'égard de ce dernier, la formalité doit être regardée comme régulièrement accomplie lorsque la notification est faite au titulaire de l'autorisation tel que désigné par l'acte attaqué, à l'adresse qui y est mentionnée. Lorsqu'un permis de construire est délivré à plusieurs bénéficiaires, la notification doit être effectuée à l'égard de chacun des bénéficiaires du permis, tels que désignés, avec leur adresse, dans l'acte attaqué.

4. Il ressort des pièces du dossier que le permis d'aménager en litige, délivré à M. K et à M. B, ne mentionne que l'adresse du premier de ces bénéficiaires. Dès lors, compte tenu de l'absence de mention sur l'acte attaqué de l'adresse de l'un des co-titulaires, et quand bien même cette adresse figurait dans le dossier de demande de permis d'aménager, la notification des recours gracieux et contentieux formés par MM. D et G à la seule adresse mentionnée dans le permis litigieux doit être regardée comme régulièrement accomplie. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'accomplissement complet de la formalité prévue par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme doit être écartée.

5. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme qu'à défaut de l'accomplissement des formalités de notification qu'elles prévoient, un recours administratif dirigé contre un document d'urbanisme ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol ne proroge pas le délai du recours contentieux.

6. En l'espèce, il résulte de ce qui précède que la notification du recours gracieux aux deux co-titulaires du permis à la seule adresse mentionnée sur l'arrêté attaqué devant être regardée comme régulière, le recours gracieux exercé auprès du maire de Lagrave le 4 mai 2023, dans le délai de recours contentieux ouvert contre cet arrêté, a eu pour effet de proroger ce délai. Par suite, la requête, introduite le 22 août 2023, moins de deux mois francs après le rejet dudit recours le 22 juin 2023, n'est pas tardive.

7. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

8. Les requérants, propriétaires de maisons d'habitations situées sur des parcelles limitrophes du terrain d'assiette du projet, peuvent se prévaloir de la qualité de voisins immédiats. De plus, ainsi qu'ils le soutiennent, le projet de création, en face de leurs propriétés respectives, en lieu et place d'une étendue de terres vierge de toute construction, d'un lotissement de trente-sept lots destinés pour l'essentiel à la construction de maisons d'habitation, est de nature à induire des nuisances sonores et une perte d'intimité, et à intensifier le trafic routier dans la rue du Dr C F, qui dessert leurs domiciles respectifs, et sur laquelle le projet prévoit deux accès. Par suite, le projet contesté étant de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens, ils disposent d'un intérêt suffisant pour contester les décisions en litige.

9. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées par M. K, M. B et la commune de Lagrave doivent être écartées.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

10. En premier lieu, aux termes de l'article R. 441-2 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis d'aménager : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; () ".

11. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, le plan de situation à l'échelle 1/15 000e figurant sur la pièce PA 1 jointe à la demande de permis d'aménager permet de situer le terrain d'assiette du projet sur le territoire communal. Le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande au regard de l'article R. 441-2 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme : " Un projet architectural, paysager et environnemental est joint à la demande. () / Il comporte () : / () b) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ; () ".

13. La circonstance que le dossier de demande de permis d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

14. Si les requérants soutiennent que les points et angles des prises de vue ne sont pas reportés sur le plan de situation, il apparaît toutefois qu'ils sont indiqués sur la vue aérienne du site figurant sur la pièce PA 5-6-7, permettant ainsi au service instructeur d'apprécier la situation du terrain dans son environnement proche et lointain. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article AU1.4 du règlement du PLU de Lagrave relatif à la desserte par les réseaux : " 4.3- Electricité - Télécommunication : / Les réseaux électriques de distribution d'énergie et de télécommunication doivent être réalisés en souterrain pour les opérations d'ensemble () / 4.4- Eclairage public : / Dans les opérations d'ensemble, un réseau d'éclairage public des circulations publiques doit être prévu. Le réseau d'alimentation des luminaires doit être souterrain () ".

16. Il ressort notamment du programme des travaux et du plan des travaux d'aménagement, joints au dossier de demande de permis d'aménager, que celui-ci prévoit la pose de treize lampadaires, dont l'alimentation électrique sera assurée par un réseau situé sous la chaussée et le cheminement piétonnier. Par suite, le moyen tiré de ce que le service instructeur n'a pas pu vérifier le caractère souterrain du réseau d'alimentation électrique des luminaires publics ne peut en tout état de cause qu'être écarté.

17. En quatrième lieu, aux termes des principes d'aménagement de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) de " La Maroule ", dans le périmètre de laquelle se situe le projet de lotissement en litige : " Principe de points d'accroche et voirie / Prévoir une voie de desserte à double sens permettant de relier la route de Treilles et la rue du Dr C F. L'accès entrant et sortant se fera donc depuis ces deux voies ". Par ailleurs, l'article AU1.3 du règlement du PLU de Lagrave dispose : " Les accès et les voiries doivent respecter les orientations d'aménagement définies par le PLU ".

18. Il ressort des pièces du dossier que le projet d'aménagement en litige prévoit une voie de desserte interne, comportant un accès sur la route de Treilles et deux accès sur la rue du Dr F. Toutefois, seuls trois des quatre tronçons de cette voie interne seront à double sens, de telle sorte qu'il ne sera pas possible pour un véhicule d'entrer dans le lotissement par la route de Treilles, en méconnaissance des dispositions suffisamment précises de l'OAP. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le projet autorisé n'est pas conforme à l'OAP de " La Maroule ", dont les dispositions précitées du PLU de Lagrave imposent le respect. Le moyen soulevé à cet égard doit donc être accueilli.

19. En cinquième lieu, aux termes de l'OAP susmentionnée : " La proximité [] avec la plaine située au sud et à l'est du secteur offre un cadre de vie agréable. L'OAP devra prévoir une trame végétale afin de favoriser l'intégration paysagère des bâtis et ne pas impacter trop fortement sur le paysage ".

20. Les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.

21. En l'espèce, il ressort en particulier du plan de composition, de la notice descriptive et du règlement du futur lotissement que si une bande " non aedificandi " de trois mètres de large est prévue en limite sud, qui devra être arborée par les acquéreurs de manière à faciliter l'intégration paysagère, le projet ne prévoit en revanche aucune trame végétale à l'est du périmètre de l'OAP. Toutefois, les lots 20 à 28 et les lots 33, 34, 35 et 37 comprennent, le long de la limite est, une bande inconstructible d'environ cent mètres carrés par lot, susceptible de faire l'objet d'une végétalisation lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme ultérieures. En outre, il ressort notamment du règlement du lotissement que les clôtures sur limites séparatives seront constituées d'une haie vive d'essence régionale comprenant au moins 30 % de persistants, que les espaces libres aux abords des constructions devront être paysagés et plantés, et que les espaces non-construits de chaque parcelle seront plantés au minimum d'un arbre de haute tige par tranche de 120 mètres carrés de surface d'espace libre de pleine terre. Par suite, le projet de lotissement, compte tenu de la végétalisation prévue pour assurer son intégration paysagère, n'est pas incompatible sur ce point avec l'OAP de " La Maroule " et le moyen soulevé à cet égard doit donc être écarté.

22. En sixième lieu, aux termes des dispositions de l'article AU1.3 du règlement du PLU de Lagrave relatives aux accès : " () Les voies publiques ou privées doivent prévoir l'aménagement de trottoirs pour les piétons () / Les accès doivent être adaptés à la nature et à l'importance des usages qu'ils supportent et des opérations qu'ils desservent et aménagés de façon à apporter la moindre gêne et le moindre risque pour la circulation publique automobile, cycliste, piétonnière et des personnes à mobilité réduite ". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation ou leurs dimensions, sont de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique ".

23. D'une part, alors que les dispositions précitées du règlement du PLU de Lagrave n'imposent pas la présence d'un trottoir de chaque côté des voies, il ressort du plan de composition que les différents tronçons de la voie interne desservant les lots comprennent tous au minimum un trottoir. D'autre part, eu égard à la largeur de l'accès donnant sur la route de Treilles, au retrait avec lequel les arbres de haute tige doivent être plantés le long de cet axe de circulation, au caractère rectiligne de ce dernier et à la circonstance que l'accès en cause se situe à plus de cinquante mètres d'un rond-point, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'accès au projet de lotissement présenterait un risque particulier pour la circulation publique et pour les usagers de la route, nonobstant l'absence de dispositif de ralentissement. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article AU1.3 du règlement du PLU de Lagrave doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le permis d'aménager en litige serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.

24. En septième lieu, aux termes des dispositions du point 4.5 de l'article AU1.4 du règlement du PLU de Lagrave relatives aux ordures ménagères : " Les constructions neuves à usage d'habitation collective ou d'activités et les opérations groupées auront obligation de disposer d'un local réservé au stockage d'une superficie suffisante pour recevoir les divers conteneurs liés à la collecte sélective des ordures ménagères. / Une aire de présentation pour le ramassage des ordures ménagères différenciée de l'aire de stockage doit être aménagée en limite du domaine public ".

25. Le projet en litige ne constitue en lui-même ni une construction neuve à usage d'habitation collective ou d'activités, ni une opération groupée. Par ailleurs, il ressort du règlement du lotissement joint à la demande de permis d'aménager que le stockage et la collecte des déchets ménagers seront organisés au niveau de chaque lot et, en particulier, que les conteneurs devront être positionnés en limite de parcelle la veille de la collecte et rangés le jour même dans un espace privatif. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées faute pour le projet d'aménager de prévoir une aire de stockage et de présentation des ordures ménagères en dehors du domaine public, doit être écarté comme inopérant.

26. En huitième lieu, aux termes de l'article AU1.6 du règlement du PLU de Lagrave relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " Par dérogation à l'article R. 123-10-1 du code de l'urbanisme, les règles suivantes s'appliquent aux nouvelles parcelles nées des divisions foncières suivantes : lotissement et construction, sur un même terrain de plusieurs bâtiments dont le terrain doit faire l'objet d'une vision en propriété ou en jouissance. / La façade principale des constructions doit être implantée à l'alignement des voies et emprises publiques existantes ou à créer ou à une distance maximale de 5 mètres () ".

27. D'une part, les dispositions précitées n'imposent pas, contrairement à ce que soutiennent les requérants, un recul de cinq mètres par rapport aux voies et emprises publiques. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la localisation et la configuration du lot n° 28 par rapport à la route de Treilles ne permettrait pas l'implantation ultérieure d'une construction respectant ces dispositions. Par suite, le moyen tiré du non-respect de la règle de prospect prévue à l'article AU1.6 du règlement du PLU de Lagrave concernant le lot n° 28 ne peut qu'être écarté.

28. En neuvième lieu, aux termes de l'article AU1.7 du règlement du PLU de Lagrave relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " Par dérogation à l'article R. 123-10-1 du code de l'urbanisme, les règles suivantes s'appliquent aux nouvelles parcelles nées des divisions foncières suivantes : lotissement et construction, sur un même terrain de plusieurs bâtiments dont le terrain doit faire l'objet d'une vision en propriété ou en jouissance. / Les constructions et installations doivent être implantées en limite ou à une distance des limites séparatives au moins égale à la moitié de la hauteur, sans toutefois être inférieure à 3 mètres () ".

29. Si les requérants soutiennent que l'angle nord-est du lot n° 1 se situe à moins de trois mètres de l'espace vert n° 1, en méconnaissance des dispositions précitées, le respect de la règle de prospect qu'elles prévoient ne trouve à s'appliquer qu'en ce qui concerne les constructions et installations, et non les limites des lots. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la localisation et la configuration du lot n° 1 ne permettrait pas l'implantation ultérieure d'une construction respectant ces dispositions. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article AU1.7 du règlement du PLU de Lagrave ne peut qu'être écarté.

30. En dixième et dernier lieu, aux termes de l'article AU1.12 du règlement du PLU de Lagrave relatif au stationnement : " Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors des voies publiques. Ces besoins doivent être déterminés en fonction du type de constructions et de leur fréquentation, et notamment, pour les constructions les plus courantes, par référence aux normes habituelles ci-après : / Constructions à usage d'habitation : / - il est exigé une place de stationnement par tranche de 100 m² de surface hors œuvre nette. / () / Constructions à usage d'activités : / il est exigé une place de stationnement par tranche de 40 m² de surface hors œuvre nette. / En outre, doivent être aménagés les espaces nécessaires à l'évolution et au stationnement des véhicules de livraison et de service ".

31. D'une part, les dispositions précitées ont seulement pour objet de définir les règles d'implantation et le nombre de places de stationnement requises pour répondre aux besoins propres des constructions et installations, sans faire obstacle à la création sur la voie publique de places supplémentaires pour les visiteurs. Par suite, et alors que le règlement du lotissement impose la création de deux places de parking sur l'emprise foncière de chacun des trente-sept lots pour les besoins des futures constructions, la création de dix-huit places de stationnement supplémentaires pour les visiteurs, situées le long de la voie interne projetée, dont il n'est pas contesté qu'elle doit à terme être rétrocédée à la commune, n'est pas contraire aux dispositions précitées. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la configuration des voies ne permettrait pas l'évolution dans de bonnes conditions des différents véhicules susceptibles d'intervenir sur le site, ni que les places de stationnement visiteurs susmentionnées ne pourraient être utilisées pour le stationnement desdits véhicules. En outre, alors que le projet de lotissement comprend uniquement des lots à usage d'habitation individuelle ou d'activité libérale liée à l'habitation, et non des activités commerciales, artisanales ou industrielles, il ne ressort pas des pièces du dossier que la création de places dédiées aux véhicules de livraison serait requise. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article AU1.12 du règlement du PLU de Lagrave doit être écarté.

32. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont seulement fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 9 mars 2023 en tant qu'il méconnaît les orientations de l'OAP de " La Maroule " relatives à la création d'une desserte à double sens permettant de relier la route de Treilles et la rue du Dr C F, dont l'article AU1.3 du règlement du PLU de Lagrave impose le respect, ainsi que, dans cette mesure, la décision du 22 juin 2023 rejetant leur recours gracieux.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :

33. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".

34. Il ressort des pièces du dossier que le vice constaté au point 18 du présent jugement, résultant de la méconnaissance par le permis délivré le 9 mars 2023 des orientations de l'OAP de " La Maroule " relatives à la création d'une desserte à double sens permettant de relier la route de Treilles et la rue du Dr C F, dont l'article AU1.3 du règlement du PLU de Lagrave impose le respect, affecte une partie identifiable du projet autorisé. Sa régularisation n'implique pas d'apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dès lors, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de prononcer la seule annulation partielle du permis d'aménager du 9 mars 2023, au sens de ce texte, et de fixer à quatre mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel MM. K et B pourront demander la régularisation de cet arrêté.

Sur les frais liés au litige :

35. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de MM. D et G, qui n'ont pas la qualité de parties perdantes dans la présente instance, les sommes demandées par MM. K et B et par la commune de Lagrave au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Lagrave une somme totale de 750 euros à verser à MM. D et G sur leur fondement. Par ailleurs, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de MM. K et B une somme totale de 750 euros à verser à MM. D et G sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : Le permis d'aménager délivré le 9 mars 2023 par le maire de Lagrave est annulé, au sens de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, en tant qu'il méconnaît les orientations de l'orientation d'aménagement et de programmation de " La Maroule " relatives à la création d'une desserte à double sens permettant de relier la route de Treilles et la rue du Dr C F, ainsi que, dans cette mesure, la décision du 22 juin 2023 rejetant le recours gracieux formé contre cet arrêté.

Article 2 : MM. K et B disposent d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement pour solliciter de l'autorité administrative compétente une régularisation rendant le projet en litige conforme aux orientations de l'orientation d'aménagement et de programmation de " La Maroule " relatives à la création d'une desserte à double sens permettant de relier la route de Treilles et la rue du Dr C F.

Article 3 : La commune de Lagrave versera à MM. D et G une somme totale de 750 euros (sept-cent-cinquante euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : MM. K et B verseront à MM. D et G une somme totale de 750 euros (sept-cent-cinquante euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. I D, à M. J G, à M. E K, à M. A B et à la commune de Lagrave.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

Mme Bouisset, première conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le rapporteur,

T. FRINDEL

Le président,

P. GRIMAUD

La greffière,

M. H

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745

01/07/2026

TA83Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258

01/07/2026

← Retour aux décisions