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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2305134

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2305134

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2305134
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantDIALEKTIK AVOCATS AARPI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 août 2023, Mme A D épouse C, représentée par Me Brel, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2023 par lequel le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn, à titre principal, de lui délivrer la carte de séjour temporaire sollicitée dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation administrative ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, et dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le versement de cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;

- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- les décisions de refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français sont entachées d'un vice de procédure en ce que le préfet ne s'est pas assuré de la régularité de l'avis transmis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ni ne lui a communiqué cet avis ;

- la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet s'est estimé lié par l'avis du collège de médecins de l'OFII ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision de refus de titre de séjour ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 octobre 2023, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 novembre 2023.

Par une ordonnance du 30 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Dans cette affaire, la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Poupineau a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante russe, déclare être entrée en France en compagnie de son époux le 15 novembre 2015 et a déposé une demande d'asile, qui a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 29 mai 2017. A la suite de cette décision, le préfet du Tarn a prononcé à son encontre une mesure d'éloignement le 25 septembre 2017, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Toulouse en date du 29 août 2018. Elle a fait l'objet d'une nouvelle obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 30 décembre 2021. Le 13 janvier 2023, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 19 juillet 2023, le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé son pays de destination. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Par une décision du 29 novembre 2023, Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle est devenue sans objet. Dès lors, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

3. En premier lieu, par un arrêté du 30 juin 2023 publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Tarn n° 81-2023-265, le préfet du département a donné délégation à M. Sébastien Simoes, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer, notamment, les décisions défavorables au séjour, les mesures d'éloignement et les décisions les assortissant. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit par suite être écarté.

4. En deuxième lieu, le préfet du Tarn a visé les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation de Mme D, ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il a également précisé l'identité, la date et le lieu de naissance de Mme D, ainsi que les conditions de son entrée en France, et exposé les raisons pour lesquelles il a considéré qu'elle ne remplissait pas les conditions pour obtenir le titre de séjour qu'elle sollicitait après avoir cité l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 25 mai 2023, dont il s'est approprié les termes. Il a également rappelé des éléments suffisants sur la situation personnelle et familiale de Mme D. L'exigence de motivation n'implique pas que la décision mentionne l'ensemble des éléments particuliers de la situation de l'intéressée. Le préfet a ainsi suffisamment exposé les considérations de droit et de fait fondant sa décision de refus de titre de séjour. En application de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du même code, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle du refus de titre de séjour. Enfin, la décision fixant le pays de renvoi, qui rappelle la nationalité de la requérante, mentionne que celle-ci n'est pas exposée à des traitements prohibés par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces conditions, les décisions en litige sont suffisamment motivées.

5. En troisième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Tarn n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de la requérante avant de prendre son arrêté.

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français :

6. La requérante se borne à soutenir que le préfet ne s'est pas assuré de la régularité de l'avis émis le 25 mai 2023 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) sans assortir ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par ailleurs, si l'intéressée fait également valoir que les décisions contestées sont illégales faute pour le préfet de lui avoir communiqué préalablement cet avis, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'autorité préfectorale de joindre l'avis du collège de médecins à la décision par laquelle il rejette une demande de titre de séjour sollicité en qualité d'étranger malade. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que les décisions en litige ont été prises au terme d'une procédure irrégulière.

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

7. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision en litige, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Tarn se serait cru lié par l'avis rendu le 25 mai 2023 par le collège de médecins de l'OFII. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () "

9. Pour refuser à Mme D la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées, le préfet du Tarn s'est notamment approprié les termes de l'avis du collège de médecins de l'OFII du 25 mai 2023, selon lesquels si l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays dont elle est originaire. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des certificats médicaux des 4 et 27 janvier 2023, que Mme D est atteinte d'une hypertension artérielle traitée par anti-hypertenseurs et nécessitant un suivi en cardiologie. Elle souffre également d'une pathologie psychiatrique grave pour laquelle un traitement médicamenteux lui a été prescrit ainsi qu'un suivi psychiatrique spécialisé. Toutefois, et alors qu'aucun des certificats produits à l'instance ne se prononce sur la disponibilité dans son pays d'origine des traitements et suivis requis par son état de santé, la production de plusieurs articles et rapports d'organisations internationales relatifs au système de santé en Russie, ne suffisent pas, eu égard à leur caractère général et pour certains d'entre eux, ancien, à remettre en cause l'avis émis sur ce point par le collège de médecins de l'OFII. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision refusant un titre de séjour méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

10. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. Mme D, qui déclare être entrée en France le 15 novembre 2015, se prévaut de la durée de son séjour et de ses attaches familiales en France. Toutefois, ainsi que le relève le préfet du Tarn dans son arrêté, elle s'y est maintenue en dépit de deux mesures d'éloignement prononcées les 25 septembre 2017 et 30 décembre 2021. Si deux de ses fils résident sur le territoire français sous couvert de titres de séjour en cours de validité, elle n'allègue pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, qu'elle a quitté à l'âge de 51 ans, et où il n'est pas sérieusement contesté que son troisième fils réside. Son conjoint, qui est également en situation irrégulière en France, a d'ailleurs vocation à retourner avec elle en Russie en exécution des mesures d'éloignement édictées à son encontre le 25 septembre 2017 et le 30 décembre 2021. En outre, elle ne justifie pas d'une intégration particulière. Enfin, et ainsi qu'il a été dit précédemment, il n'est pas établi qu'elle ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé et d'un accompagnement familial dans son pays d'origine. Dans ces circonstances, le préfet du Tarn, en rejetant la demande de titre de séjour de Mme D, n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, la décision de refus de titre de séjour n'étant pas illégale, Mme D n'est pas fondée à exciper de son illégalité pour contester la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".

14. Ainsi qu'il a été dit au point 9 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D serait dans l'impossibilité de bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé en Russie. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

15. En troisième et dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet du Tarn dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de Mme D doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 du présent jugement.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

16. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, Mme D n'est pas fondée à exciper de son illégalité pour contester la décision fixant le pays de destination.

17. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

18. Ainsi qu'il a été dit au point 9 du présent jugement, Mme D pourra bénéficier en Russie des traitements et du suivi requis par son état de santé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées en l'absence de soins et de prise en charge adaptés à la pathologie de Mme D dans son pays d'origine, doit être écarté comme non fondé.

19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Tarn en date du 19 juillet 2023. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire de Mme D.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D épouse C, à Me Brel et au préfet du Tarn.

Délibéré après l'audience du 3 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme Rousseau, conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.

La présidente-rapporteure,

V. POUPINEAU

L'assesseure la plus ancienne,

M. ROUSSEAULa greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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