lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2305223 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GEOFFRET |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 29 août 2023, le préfet de la Haute-Garonne demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 mars 2023 par lequel le maire de la commune de Grenade-sur-Garonne a accordé à Mme F et M. D un permis de construire pour la réalisation d'une maison individuelle sur un terrain situé 7 rue René Vignaux.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige méconnaît le règlement du plan de prévention des risques d'inondation couvrant le territoire de la commune de Grenade-sur-Garonne dès lors que le projet de construction en litige est situé en grande partie en zone Ji de ce plan, caractérisée par un aléa faible à moyen hors zone urbanisée, et dans laquelle les constructions nouvelles qui ne sont pas nécessaires à l'exploitation agricole sont interdites.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2023, M. C D et Mme B F, représentés par Me Geoffret, concluent au rejet du déféré du préfet de la Haute-Garonne et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, la commune de Grenade-sur-Garonne, représentée par Me Sire, conclut au rejet du déféré du préfet de la Haute-Garonne et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive dès lors que la lettre d'observations du 9 mai 2023 a été signée par Mme E, dont la compétence n'est pas établie, de telle sorte que ce courrier n'a pas eu pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été signée par M. Jacob, secrétaire général de la préfecture, dont la compétence pour signer les requêtes au nom de l'Etat n'est pas établie ;
- en tout état de cause, les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lucas, rapporteure,
- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,
- les observations de Me Lecarpentier, substituant Me Sire, représentant la commune de Grenade-sur-Garonne,
- et les observations de Me Geoffret, représentant Mme F et M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 13 mars 2023, le maire de la commune de Grenade-sur-Garonne (Haute-Garonne) a accordé à Mme F et M. D un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé 7 rue René Vignaux, dans le lotissement " Les balcons de Garonne ". Par une lettre d'observations du 9 mai 2023, le préfet de la Haute-Garonne a demandé au maire de la commune de Grenade-sur-Garonne de retirer cet arrêté. Une décision implicite de rejet de cette demande est née le 11 juillet 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions du règlement du plan de prévention des risques d'inondation en vigueur sur le territoire de la commune de Grenade-sur-Garonne relatives à la zone jaune de ce plan : " La zone (Ji) porte sur les zones non urbanisées, à urbanisation éparse ou très faiblement urbanisées, exposées à des aléas d'inondation moyens ou faibles et qu'il convient de préserver car leur suppression ou leur urbanisation reviendrait par effet cumulatif à aggraver les risques à l'amont ou à l'aval, notamment dans les zones déjà fortement exposées ". Sont interdites dans cette zone toutes constructions nouvelles à usage d'habitation, à l'exception de celles liées à une exploitation agricole.
3. Le préfet de la Haute-Garonne soutient que la construction en litige, qui constitue une construction nouvelle à usage d'habitation sans lien avec une exploitation agricole, est située en grande partie en zone jaune de ce plan de prévention des risques d'inondation, de telle sorte qu'elle aurait dû être interdite. Il ressort effectivement des pièces du dossier que les parcelles d'implantation du projet, cadastrées sous les numéros C 2882 et C 2910, et qui ont fait l'objet d'une nouvelle numérotation sous les numéros AA 112 et AA 113, sont situées en partie en zone blanche de ce plan, laquelle n'est soumise à aucune réglementation particulière, et en partie en zone jaune de ce plan. Toutefois, il ressort de la superposition du règlement graphique du plan de prévention des risques d'inondation et de celui du plan local d'urbanisme de la commune de Grenade-sur-Garonne, tous deux établis à une échelle 1/5000ème, ainsi que de la prise en compte des caractéristiques d'implantation de la construction en litige, telles qu'exposées sur le plan de masse joint au dossier de demande de permis de construire, que celle-ci est entièrement située en zone blanche du plan de prévention des risques d'inondation. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du règlement de ce plan doit être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Grenade-sur-Garonne, que le préfet de la Haute-Garonne n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 mars 2023.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de sept cent cinquante euros à verser à la commune de Grenade-sur-Garonne et la somme de mille cinq cents euros à verser à Mme F et M. D sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : Le déféré du préfet de la Haute-Garonne est rejeté.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 750 (sept cent cinquante) euros à la commune de Grenade-sur-Garonne et la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à Mme F et M. D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Haute-Garonne, à la commune de Grenade-sur-Garonne et à Mme B F et M. C D.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Lequeux, conseillère,
Mme Lucas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2024.
La rapporteure,
E. LUCAS
Le président,
P. GRIMAUD
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026